L’Hiver, la neige qui couvre le paysage de son blanc manteau ouaté de givre et de froidure, voilà qui fait toujours de belles images. Ne penses-tu pas ? En tous cas moi j’aime. Bon c’est facile en dessin j’aime tout ; les arbres, les fleurs, les animaux, les enfants, les portraits, tout me plait à peindre et dessiner.

Alors laisse moi t’expliquer comment j’ai fais ce dessin. J’ai commencé par esquisser le ciel et la ligne brisée des sommets montagneux. Pour le ciel tout est expliqué dans mon article sur « comment dessiner un ciel nuageux ». Si tu suis de la pointe du crayon la ligne des sommets tu remarqueras qu’elle n’est pas régulière. Non seulement elle change de directions, tantôt elle monte et tantôt elle descend, mais en plus j’exerce des variations dans la pression de la pointe de mon crayon sur le papier afin que le trait se fasse plus léger ou plus accentué en épaississant le trait. A certains endroits le trait peut même disparaître. Si tu es montagnard tu sais que parfois la ligne de crête s’estompe et disparaît dans la brume des sommets. Si tu ne l’es pas il existe suffisamment de photographies de montagnes sur le net pour te montrer ce que je t’explique.

Cette ligne discontinue créé une idée de perspective. La ligne plus marquée, plus présente sera perçue comme plus proche de nous tandis qu’une ligne plus légère, estompée sera comprise comme étant plus éloignée de l’observateur.

Après avoir dessiné la lige de crêtes, j’applique une feuille de papier contre cette ligne juste en recouvrement puis j’étale (j’estompe) le ciel du bout du doigt. Là encore il faut varier les valeurs du ciel pour lui donner de la profondeur. J’insiste à certains endroits pour « charger » mon ciel alors qu’à d’autres endroits je laisse apparaître le blanc du papier pour le blanc des nuages. C’est un travail en négatif, les nuages blancs apparaissent par les valeurs du ciel qui les entourent. Au besoin n’hésites pas à rouvrir des blancs avec la gomme mie de pain.

Les reliefs de la montagne sont donnés par des variations dans les valeurs. C’est le contraste entre le blanc du papier et les valeurs de gris qui créé l’illusion d’un relief tourmenté. Les valeurs plus sombres « creusent » ou « reculent » alors que les valeurs plus claires semblent « avancer ». C’est une autre façon de créer la perspective. Pour le travail sur les valeurs je te renvoie vers mon article « exercices sur les valeurs » qui t’expliquera comment t’exercer. Les frottis du bout des doigts s’utilisent aussi pour la montagne. Je rappelle que ce vocable « frottis » a d’abord été un terme professionnel de peinture avant d’être utilisé en médecine. En peinture décorative « faire des frottis », c’est étendre partiellement une couleur transparente pour imiter les nuances de matière comme dans la réalisation des faux marbres. Cette idée de « frottis » doit être différenciée du « rechampi » que l’on obtient en venant essuyer une couleur déposée en recouvrement d’une autre couleur de fond que l’on fait partiellement réapparaître en la frottant avec une brosse douce ou un chiffon.

Le dessin des sapins. Ce sont eux qui risquent de te donner le plus de difficultés pour leur réalisation.

A cela plusieurs raisons. Un effet de perspective (oui je sais j’en parle beaucoup) donnée par la taille qui va dé-crescendo et par les valeurs plus accentuées au premier plan et plus estompées sur les plans éloignés. Ce type de perspective est appelé “perspective atmosphérique“. Lorsque l’on observe un paysage dans la nature, on constate que les lointains sont d’une tonalité plus claire que les avant plans. Ceci est dû au fait qu’avant de pouvoir imprégner notre rétine, les rayons lumineux issus du paysage doivent traverser plusieurs couches atmosphériques avant de nous parvenir. Ces couches (pollution, particules en suspension) sont autant de filtres qui absorbent une partie du rayonnement lumineux en diminuant ainsi la luminosité qui frappe le fond de notre œil.

Enfin le plus difficile – du moins au début pour moi ce le fut – c’est de penser à laisser du blanc qui circule sur tout le dessin du sapin pour faire penser aux paquets de neige posés sur les branches. L’usage de la gomme est à proscrire pour ne pas salir ton dessin.En second lieu le dessin des sapins doit sembler NATUREL. Les branches ne sont pas raides, elles présentent toutes des directions différentes, des variations dans la taille, plus large à la base et plus affinée au fur et à mesure que les branches se situent en hauteur.

Sans doute va-t’il falloir t’entraîner un peu avant de parvenir à ce que ton geste soit libre et spontané. C’est de cette « spontanéité » que dépend la réussite de ton dessin. Maintenant observe que mon premier plan Le sapin à droite plus haut que les autres à une fonction importante. Il sert de lien entre le plan rapproché et les plans lointains de la montagne. Comment ? La pointe vient s’insérer avec le flanc de la montagne. Il est important que cette pointe vienne « en recouvrement ». Il ne faut pas l’arrêter avant en la faisant plus courte car alors nous aurions un premier plan avec le chalet et les sapins qui seraient détaché, isolé de l’arrière plan montagneux. Dans un tableau ou un dessin tout élément doit être composé, c’est-à-dire lié à l’élément suivant et non pas juxtaposé. C’est important pour l’harmonie générale. Trop de peintres amateurs fon l’erreur de peindre chaque élément comme indépendant et isolé de l’élément suivant. Le lien peut se faire par la couleur, la taille, la forme, la position dans l’espace. Un dessin ou un tableau est un tout structuré, organisé et harmonieux offert en partage aux spectateurs.

Les ombres sur la neige: C’est toujours avec la même technique du frotti que j’utilise encore ici. Lorsque la ligne est fine, je pose deux feuilles de papier brouillon afin de masquer mon dessin, sauf que je laisse une fine bande de papier dessin apparente pour faire comme une fenêtre sur laquelle je viens faire glisser le bout de mes doigts noircis afin de “salir ” le papier dessin resté visible. C’est en fait un peu la technique du pochoir que je détourne ainsi.

Alors dessiner un paysage de neige ça te dis ? Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver… et bonne année Grand-Mère… Voilà qui ferait une jolie carte de vœux pour cette fin d’année que je te souhaite très heureuse. A très vite pour un nouveau dessin.

Matériel : crayons 2B – 6B

Niveau de difficulté : MOYEN

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