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Bonjour,

Dans cet article nous allons opposer deux techniques de dessin différentes. En fait elles peuvent très bien cohabiter et se compléter harmonieusement si on sait composer entre elles, c’est à dire mixer les deux techniques intelligemment. La première nous est familière depuis notre tendre enfance, c’est le dessin au trait. Tout enfant lorsqu’il commence à dessiner utilise une seule ligne. Un cercle pour la tête puis, soit un trait, soit une « patate » soit un rectangle pour le corps, et quatre traits pour figurer les membres. Le jeune enfant est conforté en cela, dans ses cahiers de classe, par des images à colorier (« sans dépasser attention !« ).  Puis lorsqu’il est un peu plus grand il découvre l’univers des bandes dessinées avec pour héros de la ligne claire Tintin, personnage qui vit le jour en 1929 sous le crayon fertile d’Hergé (Rémi Georges). Publié d’abord en noir et blanc la couleur fera son apparition (par aplats) dans les années quarante. D’autres héros comme Blanche Neige de Walt Disney ou le loup et la pin-up de Tex Avery répondent aux mêmes codes graphiques. Bien évidemment le dessin au trait, imprimé sur papier, existe depuis l’invention de Gutemberg. A la Renaissance, Albrecht Dûrer popularisera cette technique avec ses gravures sur bois colportées dans toute l’Europe, enfin au 19ème siècle Daumier avec sa caricature féroce des bourgeois ou des gens de Justice préfigure un peu déjà la BD.

Le dessin (ci-dessus) de la main tenant un crayon est basé presqu’exclusivement sur le trait du contour. Il y a en effet peu de valeurs pour le modelé. Ainsi un trait peut être, continu et régulier comme dans un dessin technique d’architecture ou de mécanique, ou de façon plus sensible il peut être discontinu et raconter une histoire. La vie ne se déroule pas de façon linéaire et régulière, il y a des joies ou des peines qui viennent en modifier sensiblement (ou radicalement) le cours. Un dessin pour être beau n’a pas besoin d’être juste, il doit être sensible et chargé d’émotions comme la vie elle même. CHAGALL n’est pas – à mes yeux – un bon dessinateur car son dessin est souvent disproportionné et enfantin mais c’est aussi ce qui en fait le charme ! Un peintre hyperréaliste est bien meilleur dessinateur (à condition de ne pas utiliser de projecteur ou de calque qui sont des « béquilles » pour palier les lacunes en dessin de l’artiste…) mais coté émotions je n’en ai guère plus que devant la photographie dont il s’inspire. C’est là toute la limite de cet Art…

Un dessin est composé de lignes, et de masses organisées en taches ou en points. Si l’on retire le trait il nous reste la tache. C’est donc la seconde façon de dessiner. Peut être plus facile que le dessin au trait, le dessin sur les valeurs et la tache se structure et s’organise dans un rapport de proportions entre chaque élément., c’est à dire entre une tache et une autre tache. C’est un jeu de « saute moutons » de tache en tache. Après avoir observé la forme, la proportion et la disposition de la tache de l’œil j’ai enchaîné avec la tache au dessus de l’œil et puis celle qui se trouve juste en dessous et j’ai progressé ainsi de tache en tache, de masse en masse, de valeurs foncées en valeurs moyennes puis en valeurs claires. Bien évidemment à « techniques différentes # outils différents ». En fait j’utilise bien toujours mon crayon mais je le tiens différemment. Pour tracer un ligne de contour je saisi mon crayon comme pour écrire tandis que pour dessiner sur la masse et les valeurs la tenue du crayon s’apparente plus à l’illustration de la main ci-dessus.

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Le portrait ci-contre (ou celui de l’article « mettez un peu de couleur dans vos dessins« ) a été réalisé de cette façon sans dessin préalable du contour. Les quelques lignes sont tracées ensuite pour marquer l’arrête du nez, l’implantation des cheveux ou la forme de la barbe et de la moustache. Certes ce dessin est moins précis mais plus vivant – et quand même ressemblant – ce qui est essentiel dans l’art du portrait. Il reste une troisième voie qui est celle que je préfère et qui mélange les deux techniques. Là encore j’élabore mon dessin au fur et à mesure de sa progression alternant tantôt le trait tantôt les valeurs qu’au besoin j’estompe avec le bout du doigt (« index » le plus souvent). C’est comme cela que j’ai fait le portrait de ma vieille maman avec lequel je termine cet article. Alors vous comment dessinez-vous ? Avec une ligne de contour ? Sans ? Les deux ? C’est à votre tour de vous exprimer…

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web comment dessiner un portrait

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