Pourquoi faut-il signer ses œuvres ? Comment signer une oeuvre ? Et quand doit on le faire ? Voilà bien des interrogations légitimes que peuvent se poser tous les artistes débutants. Apposer son nom au bas d’une œuvre c’est une façon de dire “Ami visiteur de mon exposition, voilà mon travail, je le soumets à ton jugement parce que je pense y avoir mis le meilleur de moi même, qu’en pense-tu ?”. Pendant quelques siècles les artistes, les architectes ne signaient pas leurs œuvres. Certains noms ont franchi la barrière du temps comme Villard de Honnecourt. Maître d’œuvre du début du XIIIème siècle qui nous a légué un petit carnet avec de nombreux croquis d’Architecture.

Carnet de Villard de Honnecourt

Curieux paradoxe que ce soit à un document hautement périssable (parchemins) que son nom soit attaché plutôt qu’aux vaisseaux de pierres que sont les cathédrales… Qui connait les noms des bâtisseurs à qui nous devons Notre-Dame de Paris, la Sainte Chapelle, la Cathédrale de Chartres, celle des Strasbourg, ou le Mont Saint Michel pour ne citer que les plus célèbres ? Pratiquement personne à commencer par moi qui pourtant ai passé quelques années de ma vie à étudier l’Architecture et son Histoire… Toutefois les bâtisseurs de cette époque ont laissé dans la pierre des signes cabalistiques que seuls d’autres compagnons bâtisseurs savaient reconnaître. Ils se nommaient Jean Roussel, Renaud de Montgeron, Pierre de Montreuil ou Raymond du Temple (Maître d’œuvre de la Cathédrale de Paris de 1363 à 1404). De toute façon les architectes ont toujours été méconnus du grand public… Qui aujourd’hui sait qui sont Jean Nouvel, Christian de Portzamparc, Paul Chemetov ou Claude Parent sinon les étudiants en Architecture ?

Avant l’invention de la peinture à l’huile les artistes peignaient essentiellement à la « fresca » – ou à la détrempe – c’est à dire en mêlant des pigments colorés dans le frais des enduits muraux. Une fresque n’était jamais signée par son auteur, pas plus que les parchemins enluminés des manuscrits du Moyen-Âge ou des incunables du XIVème siècle. Avec Van Eyck au XVème siècle apparaissent les premières peintures à l’huile sur des panneaux de bois ou des plaques de cuivre. Là encore très souvent les œuvres ne sont pas signées c’est d’ailleurs ce qui explique les erreurs des « experts » dans les attributions d’œuvre à tels ou tels artistes pour revoir, quelques années plus tard, cette attribution vers l’un de ses suiveurs (généralement un élève du Maître).

  • Savais-tu que les œuvres de Léonard de Vinci ne sont pas signées ?

Comment signer ? As-tu un nom d’artiste ou utilises-tu ton patronyme pour le faire ? C’est bien évidemment avec le nom sous lequel tu expose que tu dois signer.

Parce que cela donne plus de crédit à ton travail. Depuis ton enfance tu es connu sous ton nom de famille, d’abord comme élève à l’école puis dans tes études supérieures, dans ta vie de famille, dans ta citoyenneté comme habitant de la ville, dans ta vie professionnelle aussi comme travaillant chez X ou Y… Bien cela fait déjà beaucoup de rôles différents pour une même identité, veux-tu donc ajouter de la confusion à la confusion ou préfères-tu avoir une nouvelle identité en tant qu’artiste ?

  • Crois-tu qu’Yves Montant, Bourvil, Sophie Marceau, ou Jean Gabin sont les véritables noms de famille de ces artistes ? Evidemment NON !

Quand tu vas au travail, sitôt la porte du bureau ou de l’entreprise franchie tu sais quel est ton boulot. Mais lorsque tu prends tes crayons ou tes pinceaux chez toi, tu as besoin d’un rituel de passage pour quitter ton rôle d’épouse ou d’époux, de mère ou de père de famille, pour être l’artiste peintre, le dessinateur, l’aquarelliste ou le pastelliste. Ton nom d’artiste te permet de te glisser dans la peau de l’autre – dans celle de l’artiste qui cohabite en Toi.

UN NOM D’ARTISTE T’AIDE A ENDOSSER CETTE NOUVELLE IDENTITÉ !

Lorsque je vais au supermarché faire les courses pour la maison, ou lorsque je vais voter je suis Jean-Claude BRAULT. Lorsque je suis en famille ou avec des amis je suis « JC » mais lorsque le dessine ou que je fais de l’Aquarelle ou du Pastel, ou que j’écris sur ce blog je deviens JisséBro – Artiste peintre inscrit à la Maison des Artistes. La transformation n’est pas physique mais mentale et psychologique afin de laisser libre cours à ma créativité.

Comment signer ? Lorsque je pense l’oeuvre achevée, c’est à dire que je pense qu’il n’y a plus rien à ajouter ou retrancher, je signe avec l’outil que j’ai utilisé pour réaliser mon œuvre. Ainsi je signe au crayon un dessin, avec un crayon pastel un dessin ou une peinture au pastel, et avec un petit pinceau fin chargé de couleur une aquarelle. Il est aussi possible de signer au calame, au feutre, au stylo. Un conseil, entraîne toi à signer sur une chute de papier avant d’apposer ton paraphe car ce serait dommage de louper sa signature sur une chouette aquarelle. Non ?

Faut-il signer en couleur ? Cela dépend si tu veux que ta signature soit vue ou qu’elle se fonde dans l’ensemble sans trop attirer le regard. Si tu veux quelle soit bien visible regarde quelle est la couleur dominante de ton œuvre et utilise la couleur complémentaire pour signer… Je te renvois à mon article sur la palette (http://apprenez-a-dessiner.com/la-palette/). Pour les débutants une couleur complémentaire est la couleur qui se trouve diamétralement opposée sur le cercle chromatique (ex : le rouge est la couleur complémentaire du vert et réciproquement). Toutefois, à mon sens, cela doit rester assez discret. Souviens toi n’est pas Picasso qui veut… Ce n’est pas pour ta signature – du moins tant que tu es inconnu – que l’on achète tes œuvres…

IL NE FAUT PAS QUE TA SIGNATURE
DEVIENNE LE POINT FOCAL DE TON TABLEAU !

Une façon d’intégrer ta signature dans ton tableau est donc de signer « ton sur ton » mais en modifiant la valeur, ainsi sur un fond sombre signe avec la même couleur plus claire et sur un fond clair avec la même couleur plus foncée. Un ami artiste peintre a fait réaliser un sceau avec son nom écrit en Chinois Mandarin et appose ce tampon en guise de signature. Pourquoi aussi ne pas appliquer une empreinte digitale (pouce, index ou majeur) pour authentifier ton travail ? Tout est possible car il n’y a pas de règle établie à ce sujet.

  • Quelles sont les mentions à inscrire au dos de son travail ?

Je te conseille vivement d’inscrire au dos de chaque œuvre les mentions suivantes :

  1. Le nom de l’œuvre
  2. Les dimensions de celle-ci
  3. La technique utilisée

En revanche je te déconseille d’inscrire la date de création. Pourquoi ? En fait tout dépend de la régularité de ta production. Si tu produits beaucoup tu ne seras jamais à cours d’œuvres à exposer mais si tu n’es pas très productif il peut arriver que pour répondre aux besoins d’une exposition tu sois obligé de puiser dans les œuvres de l’année précédente ou celle d’avant… Personne n’aime voir que l’œuvre que tu expose n’est pas une nouveauté et a déjà fait l’objet de plusieurs expositions avant cela…

  • Un certificat d’authenticité est il obligatoire ?

Il faut que tu saches que ce certificat n’a aucune valeur légale car ne répond pas à une loi à ce sujet. C’est très bien de le faire car cela établit une relation de confiance avec l’acheteur mais si tu ne le fais pas personne ne peut venir te le reprocher (si ce n’est toi-même).  Alors mon conseil, comme cela ne coûte rien de le faire : Fais-le !

Voilà je pense avoir fait le tour de la question. Je termine et signe cet article en attendant le plaisir de te retrouver ici.

 

 

 


 

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