Voici pour le dessin 5 règles en or, lis les, comprends les, intègre les…

1. Tant qu’il n’est pas achevé UN DESSIN N’EST JAMAIS RATÉ: Ceci semble presque une évidence. Si tu peux encore ajouter ou retrancher quelque chose sur ton dessin alors rien ne doit être considéré comme perdu. D’abord prends du recul par rapport à ton travail… Laisse ton cerveau reposer pendant une heure ou deux, va faire une promenade pour t’oxygéner ou écouter de la musique…. Bref décompresse.

  • Ensuite considère ton dessin d’un œil nouveau… Tiens le à l’envers, ou regarde le dans un miroir, cligne des yeux… discerne tu plusieurs valeurs (au moins 4 ou 5) ? OUI c’est bien alors le problème ne vient pas de là. NON ? alors il faut travailler les valeurs en partant de la valeur la plus claire (le blanc du papier) jusqu’à la valeur la plus foncée (presque noir). Ces deux valeurs posées marquent les « limites » de ton dessin. Circulent-elles ou sont-elles isolées (une tache blanche et une tache noire) ? Tu dois penser à faire circuler tes valeurs.

  • Le blanc est souvent employé pour la lumière, celle-ci peut être franche ou coupée. En raisonnant par l’absurde, une lumière coupée n’est pas une lumière franche… Quand je coupe mon vin avec de l’eau, l’intensité de sa couleur diminue. Quand je coupe une couleur, je la « rabat » – j’atténue sa valeur – avec une autre couleur (une complémentaire par exemple). Une lumière coupée est donc une lumière adoucie par rapport à son intensité optimum. En aquarelle on obtient une lumière franche en peignant à sec autour d’une « réserve » (une zone laissée vierge). Si l’on pose la même touche de couleur sur une zone humide, la couleur va se diffuser en progressant lentement. La lumière coupée sera donc la zone intermédiaire où le blanc du papier n’est plus vraiment blanc du fait de la diffusion de la valeur plus sombre mais n’est pas encore la valeur sombre elle-même. En dessin on obtient cet effet en salissant le blanc du papier du bout du doigt ou avec une estompe pour entrainer la valeur grisée adjacente. La zone est ainsi « floûtée », c’est-à-dire qu’il n’y a plus de délimitation nette entre la zone de lumière et le reste du dessin.
  • L’œil doit pouvoir se promener librement dans ta composition (ton dessin), s’il reste bloqué quelque part, est-ce voulu ? OUI bravo tu as là le point focal de ton œuvre mais est-ce bien là l’endroit sur lequel tu souhaite que l’œil s’attarde ? NON ?… Alors tu dois faire circuler cette valeur (blanche ou noire) sur ton dessin pour guider l’œil tel le petit Poucet avec ses petits cailloux.

Dans le pire des cas retaille ta feuille pour resserrer le cadrage sur le point intéressant de ton dessin. Tu n’as sans doute pas tout raté… Recadre ton dessin au plus près de ce qui te semble bon en t’aidant de deux équerres en papier. Fais que ton œil soit ton meilleur juge.

2. Cherche des formats originaux (panoramique ou en tout en hauteur) pour donner de l’intérêt à ton travail. Toutefois sois conscient qu’un format original signifie que tu ne trouveras pas d’encadrement « standard » et que cela risque de te coûter un peu plus cher…

3. Fuis les « à peu près »: Souviens toi de cette analogie, ta boite d’aquarelle est ouverte OU fermée, mais ne peut pas être ouverte ET fermée ! Dans le dessin de ton bouquet si une fleur est proche du bord n’hésite pas à la couper par le milieu. Le cerveau et l’œil la comprendront complète mais tu éviteras ainsi l’erreur de faire « presque »… La fleur est presqu’au bord du cadre mais pas vraiment. Si tu ne sais pas prendre une ferme résolution pendant le dessin, tranche dans le vif à l’encadrement !

Dans la composition finale, j’ai cadré plus serré en tranchant dans le vif de ma grappe de raisin…  et donné plus de présence au citron pour équilibrer le dessin par rapport à la coupe de fruits.

4. A fortiori ce qui est valable en dessin l’est aussi en peinture. Il est toujours plus facile de faire 10 essais en dessin plutôt qu’une seule peinture surtout si c’est de l’aquarelle qui n’autorise pas les erreurs (ou si peu)… Tu as raté ton aquarelle ? Peut être ton fondu peut-il encore servir de support pour un pastel ? Quel mal y a-t-il à mélanger les techniques ? Aucun sinon que ton aquarelle deviendra une « technique mixte » et n’aura plus sa place aux cimaises du Salon d’Aquarelle où tu pensais l’exposer ? C’est grave ? Toi seul est juge…

  • Apprends de tes échecs et ils cesseront d’être des échecs pour devenir des leçons. Se tromper n’est pas grave, c’est formateur. Ce qui est « grave » c’est de se laisser démoraliser par un échec et d’abandonner.

Lorsque j’étais adolescent mon père me citait souvent cette phrase de Boileau :

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez »

  • Je ne peux pas dire mieux en ce qui concerne le dessin ! D’abord prend le temps de bien observer ce que tu veux dessiner. La composition est-elle verticale ou horizontale ? Auquel cas adopte un format « Portrait » ou « Paysage ». Est-elle linéaire (en ligne), circulaire, pyramidale, dispersée ou ramassée ? Quel est l’élément le plus haut, le plus bas, le plus gros ou le plus petit ?
  • Ne te décourage pas devant la difficulté, ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il ne faut pas oser, c’est parce que tu n’oses pas que c’est difficile.
  • Dessine, dessine encore et dessine toujours sont les trois meilleurs conseils que je puisse te donner !
  • « Ajoutez quelquefois, et souvent effacez »… Évite de gommer est le bon réflexe à adopter sinon tu risques au début de passer plus de temps à gommer qu’à dessiner tout en recommençant à répéter les mêmes erreurs. Une correction s’effectue d’abord par-dessus ton dessin puis ensuite tu effaces ce qui n’a pas été corrigé par « recouvrement ».

5. Ecoute ton cœur plus que les critiques: S’il est important de prendre conseils de quelqu’un de plus expérimenté que toi il est essentiel de suivre ton intuition, tes envies, tes passions. Une technique peut s’acquérir assez rapidement (un stage de quelques heures peut parfois suffire à apprendre quelque chose de nouveau) mais un style vient avec le temps au fur et à mesure que l’on acquiert de l’expérience. Fais toi confiance : Ton cœur saura te guider sur la bonne voie si tu l’écoutes !

J’espère que tu feras tiennes tout ou partie de ces règles en « or » qui sont plutôt de « précieux » conseils… Adopte les, adapte les selon ta nature car en toute chose comme en dessin tu dois toujours rester toi-même.

 

 

JisséBro

 


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