Cet article participe au carnaval sur la créativité lancé à l’initiative de Céline Dulac musicienne, professeur de musique, directrice d’une école de musique et blogueuse sur le site www.la-musique-et-vous.com: “conseils concrets pour apprendre la musique à tout âge !”. Un carnaval d’articles est une forme de jeu participatif entre blogueurs sur un thème choisi par l’un d’entre eux, chacun « bloguant » selon son champ d’expertise et de compétence.

Le mot “créativité” provient du latin: “creare” qui signifie littéralement « faire pousser, faire naître ».

Le créatif est donc celui qui donne naissance à quelque chose soit à partir de rien (création ex-nihilo) soit en détournant une situation ou un objet existant pour lui trouver une nouvelle fonction et lui donner une nouvelle vie (récupération), ce qui est de plus en plus à la mode dans une démarche plus respectueuse de l’environnement en réduisant les déchets et le gaspillage. Dans le monde artistique, ce peut être tout aussi bien la réalisation d’un dessin ou d’un tableau pour le peintre, d’une symphonie pour le musicien compositeur, d’un roman pour l’écrivain, d’un palais Vénitien pour l’architecte, d’une robe pour le couturier, mais cela peut aussi prendre la forme d’un dessert comme la « pêche Melba » créé par le Maître Escoffier qui dira un jour à ma grand-mère paternelle : « Madame vous êtes un fin cordon bleu », ce qui dans la bouche de ma grand-mère valait tous les diplômes de la Terre, elle qui n’en avait aucun. C’est encore la création d’une nouvelle variété de rose pour le jardinier Alphonse Brault mon arrière grand-père !

De quels « ingrédients » faut-il disposer pour être créatif ? Autrement dit « comment faire pour stimuler la créativité et l’imagination ? ». Chacun développe ses propres outils selon la discipline qu’il exerce et selon sa nature, ses envies, ses aptitudes et son savoir faire. Lorsque je veux écrire il me suffit parfois d’un mot ou d’une phrase pour ouvrir les vannes de la créativité et les mots s’enchaînent les uns à la suite des autres assez naturellement. De cette « logorrhée scripturale » je pourrais en faire un roman. Pour le dessin ou la peinture, chez moi, le processus de création est un peu plus compliqué car il nécessite la mise en place d’un « rituel ». Je t’explique. Si je veux faire une aquarelle, il me faut le bon papier, les bonnes couleurs, les bons pinceaux, de l’eau que je puisse changer régulièrement, la bonne luminosité – ni trop de lumière qui sur le papier blanc ébloui et fatigue les yeux, ni trop peu – et quand toutes ces conditions sont enfin réunies il ne reste plus qu’à trouver le « bon » sujet… ou l’envie est passée parce que cela fait trop de contraintes à satisfaire ! C’est sensiblement la même chose pour un pastel ou une peinture à l’huile ou à l’acrylique. Au moins pour écrire, il suffit d’un ordinateur ou d’un simple cahier et d’un stylo.

EVITER LA ROUTINE: Ainsi donc pour peindre ou dessiner – suivant mon humeur – j’essaye plusieurs techniques différentes pour stimuler mon imagination. Ce peut être de décrire avec des mots, les plus précis possible, une scène ou un sujet qui m’intéressent comme par exemple un chat observant un oiseau derrière la vitre du salon, ou une tasse de thé fumante posée sur un plateau d’argent à coté d’une paire de lunette et d’un journal ouvert sur la page des « faits divers », ou encore un paysage de neige avec une petite chapelle et un vieux cimetière abandonné… Un autre jour je me lancerai le défi de créer une œuvre en utilisant seulement deux couleurs comme terre de sienne et vert émeraude ou jaune indien et magenta. Casser la routine du quotidien peut tout aussi bien se traduire par ne jamais prendre deux fois le même chemin lors d’une promenade dominicale, en fait qu’importe l’élément propice à développer mon imaginaire, du moment que c’est ludique: POUR ÊTRE CRÉATIF, IL EST ESSENTIEL DE SE FAIRE PLAISIR !

Lire quelques pages d’un roman, écouter de la musique, observer la course des nuages dans le ciel en essayant d’y deviner des formes animalières ou des visages familiers, fixer de façon quasi hypnotique le gravier dans la cour, ou le scintillement des reflets à la surface de l’eau sont autant de facteurs qui peuvent me plonger dans une sorte de rêve éveillé. Les collages, si chers aux surréalistes, sont un excellent exutoire pour canaliser et stimuler la création picturale. Pour cela il suffit de quelques magazines, d’une paire de ciseaux, d’un bâton de colle et éventuellement d’un petit flacon de trichloréthylène pour fondre l’encre d’imprimerie avec un pinceau. Une façon plus moderne de faire consiste à scanner les images que l’on veut assembler, détourer les sujets non pas avec des ciseaux mais au « lasso » dans un logiciel de retouche d’images numériques. A partir de là il est possible d’aller plus loin qu’avec la version papier puisque l’on peut retourner les images, les dupliquer, les déformer, et leur appliquer toutes sortes d’effets prédéfinis. Après il sera possible d’imprimer l’image pour réaliser une peinture d’après ce modèle ou de confier son fichier numérique – sauvegardé sur une clef USB – à un imprimeur qui pourra faire une impression sur toile au format désiré ou réaliser une digigraphie – sur papier estampé – numérotée et signée par l’artiste, accompagnée d’un certificat d’authenticité.

L’oniromancie tu connais ? C’est la divination par les rêves. Dans cet article il n’est pas question de tirer les cartes ou de lire l’avenir dans une boule de cristal mais de trouver comment développer son pouvoir créatif… Les rêves – pour peu que l’on s’en souvienne constituent un réservoir inépuisable d’images. Si l’on ne se rappelle pas de ses rêves au réveil c’est normal car au cours de notre nuit nous alternons phases d’endormissement profond avec des phases de sommeil léger. C’est un peu comme après avoir plongé en eaux profondes, pour remonter à la surface il faut respecter des paliers afin d’éviter les accidents de décompression. Lorsque nous dormons, nous passons du sommeil paradoxal propice aux rêves au sommeil plus léger prélude à la prise de conscience du « moi » et à l’éveil. Pour se souvenir de ses rêves il faut s’y préparer mentalement avant de s’endormir. Ainsi je dois me persuader que je serai parfaitement capable de décrire les images perçues pendant la nuit, avec la plus grande acuité possible dès mon réveil. Des fois cela marche et des fois non… Pourquoi ? Parce que je n’ai pas suffisamment ancré en moi la certitude de m’en souvenir.

Puisque je parle des rêves il y a un point essentiel pour développer sa créativité : IL FAUT SAVOIR SE REPOSER POUR SE RESSOURCER… Lorsque je suis très fatigué, l’énergie que requiert ma créativité n’est pas là. Lorsque mes « batteries » sont à plat alors mon esprit tourne à vide: Je n’arrive plus à structurer mes idées, ni même à réfléchir ! Il m’est donc indispensable de bien dormir pour récupérer de la fatigue de la journée. La mélatonine – ou hormone du sommeil – est présente en abondance dans les noix. Mangez des noix permet d’augmenter son taux de mélatonine afin de stimuler son cerveau. N’est-il pas curieux de constater l’analogie des mots cerneau et cerveau et de voir qu’un cerneau de noix dans sa forme fait étrangement penser aux deux hémisphères cérébraux… Clin d’œil de « Dame Nature » déjà noté au 16ème siècle par le médecin alchimiste Suisse Paracelse.

As-tu remarqué que le mot “créativité” est l’anagramme du mot “réactivité”? Être réactif c’est savoir transformer un échec en succès ! Toi l’aquarelliste lorsque tu fais une tache d’eau sur ton beau ciel immaculé vois ceci comme une chance, et change cette “vilaine” tache en un “beau” nuage qui viendra donner du caractère à ta peinture. Fais en sorte que chaque “accident” devienne l’opportunité de libérer ton pouvoir créatif. Que les taches d’eau ou de peinture deviennent volutes, arabesques, fleurs, animaux fantastiques c’est à dire autant de prétextes pour celui qui regarde ton œuvre à rêver et transformer la grisaille du quotidien en milliers de soleils et d’univers colorés que le cœur et l’imagination peuvent en contenir. Sois le poète et l’artiste de ta vie !

Etre créatif c’est donner libre cours à son imagination. Pour « débrider son mental » il faut LÂCHER PRISE, tourner le dos aux idées reçues pour être enfin soi-même. Le lâcher prise s’accompagne d’un état de relaxation, de paix intérieure… C’est donc cet état de détente qu’il faut absolument rechercher pour favoriser le processus de création. Ici mes techniques de relaxations peuvent différer selon les jours et mes envies. Cela peut être d’écouter une musique électronique du genre « Oxygène » de Jean-Michel Jarre dans une semi obscurité confortablement calé au fond d’un fauteuil moelleux, en ayant auparavant pratiqué quelques respirations profondes. D’autres fois encore ce sera l’écoute d’une musique classique qui me plongera dans un état proche de la méditation. Je m’efforce alors de calmer mon mental pour laisser librement apparaître de nouvelles idées.

Bien souvent l’éducation reçue est cause d’inhibitions et de manque de confiance en soi… Je n’ai pas reçu une éducation stricte et sévère pourtant je me juge plutôt sévèrement. Je ne suis jamais satisfait de ce que je fais car je me compare toujours aux meilleurs – et devinez quoi ? Je n’en fais pas partie…

SE FAIRE CONFIANCE est une clé de la créativité. En effet comment être créatif si l’on manque cruellement de confiance en soi ? La créativité permet de repousser sans cesse les limites du possible pour explorer des terres vierges et inconnues; celles de son esprit en croyant fermement qu’à cœur vaillant rien d’impossible ! Mais la confiance doit reposer sur de solides fondations bâties avec le temps, forgées par l’expérience indispensable à la maîtrise de son sujet. En effet comment puis-je créer un riff de rock à la guitare électrique si je ne sais pas jouer de cet instrument. Il faut donc une solide base de connaissances sur lesquelles m’appuyer pour créer ! Ce n’est que lorsque l’on maîtrise parfaitement un sujet que l’on peut donner libre cours à sa créativité. Si je ne sais pas parler parfaitement l’Anglais avec toutes ses subtilités linguistiques comment pourrais-je écrire Harry Potter ? Impossible sauf si je me mets en tête de lire et écrire l’Anglais aussi bien que J.K. Rowling… après il faut du talent mais celui là naît d’une pratique régulière de l’écriture, de la musique, de la peinture, de la sculpture, de la cuisine, ou de tout autre expression corporelle. Sans pratique régulière, peu d’espoir de maîtriser la technique, et sans maîtrise de son art peu de confiance en soi, et sans confiance pas de lâcher prise et sans le « lâcher prise » l’imagination reste prisonnière de ses doutes, de ses peurs et du train-train quotidien…

BRISE TES CHAÎNES, ENVOLE TOI, LIBÈRE TOI DES CONTRAINTES et tu découvriras la beauté de ta richesse intérieure en révélant ta créativité, c’est tout le bien que je te souhaite !


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