Il en faut peu pour être heureux” nous dit la chanson de Baloo dans “Le livre de la Jungle”. Devinez quoi ? En dessin c’est pareil ! Il faut juste une touche de couleur pour donner vie à un dessin. Je sais que pour certaines personnes passionnées par l’aquarelle, le dessin est source de stress. Elles ont tellement envie de prendre le pinceau pour voir s’opérer la magie de la fusion des couleurs entre elles sur la feuille humide, qu’elles “zappent” l’essentiel de l’aquarelle à savoir la mise en place du dessin.

A leur décharge, trop de “profs” leur répètent à satiété qu’il n’est pas nécessaire de savoir dessiner pour peindre. Rien n’est plus faux ! Bien évidemment, même un âne – comme Aliboron à la queue duquel Roland Dorgelès en 1910 attacha un pinceau pour se moquer des impressionnistes – peut peindre un tableau… Cela n’a jamais fait du pauvre animal un artiste et malheureusement j’ai peur que cela fasse un âne de tout ceux qui pensent le dessin inutile pour faire de la peinture. Même l’abstraction oblige à connaitre la composition, les valeurs, l’harmonie des couleurs, l’équilibre des formes bref les bases du dessin.

Si vous aimez peindre mais n’aimez pas dessiner – ce que je peux quand même comprendre – pensez comme ceci: Le dessin c’est de la peinture en noir et blanc !  Tout artiste dispose de 3 outils essentiels toujours à sa disposition. Le premier outil c’est… Les yeux ou plutôt l’œil directeur. C’est avec cet outil précieux qu’il observe, scrute et prend des mesures pour les restituer sur sa feuille de dessin ou son châssis.

Le deuxième outil est sa main avec laquelle il trace et reproduit le sujet exposé à son regard. Plus la main est exercée et plus l’habileté de l’artiste sera grande.

Enfin le troisième et dernier outil c’est son cerveau – dommage pour ceux qui n’en ont pas… Tout le monde possède un cerveau mais certains ne l’utilisent pas beaucoup. Réfléchir avant d’agir est la maxime tirée des “Malices de Plick et Plock”, deux lutins facétieux échappés du crayon talentueux du dessinateur Christophe à qui l’on doit aussi “La famille Fenouillard” ou “Le sapeur Camembert”. Si vous ne connaissez pas ces trésors historiques de la BD je vous invite à les découvrir au plus tôt. Ils ont enchantés mes jeunes années. Avec un si beau dessin, Christophe fut, un précurseur de la ligne claire chère à Hergé le créateur de Tintin. Je referme la parenthèse.

Le cerveau de l’artiste lui sert à analyser, trier, disséquer, choisir, segmenter, rassembler, composer, bref en un mot… à créer ! Ces 3 outils sont indissociables (ou presque) les uns des autres pour peindre et dessiner. Maintenant souvenez vous de ce que j’ai affirmé en début d’article, savoir dessiner est essentiel pour progresser en peinture. En réfléchissant on comprend aisément que les 3 outils du dessinateur (œil, main, cerveau) sont aussi les 3 outils du peintre, de sorte que tous les progrès réalisés en dessin se retrouveront en peinture. Le dessinateur en exerçant son œil à voir, son cerveau à réfléchir et sa main à tracer devient un meilleur peintre avant même d’avoir touché un pinceau. Au fil du temps, sa main étant devenue plus habile, en remplaçant le crayon par un pinceau, l’habileté demeure et la maîtrise du pinceau sera plus grande.

Pour progresser en peinture il faut dessiner d’abord, dessiner encore et dessiner toujours !

A présent comme un dessin vaut mieux qu’un long discours je veux vous faire voir par vous-même qu’une touche de couleur suffit pour enrichir un dessin. Il est inutile de vouloir tout mettre en couleur, ou alors on fait du coloriage. Il existe, pour cela, des revues spécialisées chez votre marchand de journaux. Ici, ce n’est pas le sujet…

Où placer la bonne touche de couleur ? C’est là que le cerveau de l’artiste intervient. Que voulez-vous dire ? Que souhaitez vous mettre en valeur ? Sur un portrait cela peut être une légère touche de couleur dans les cheveux pour encadrer un visage, mais éviter le rouge à lèvres qui focaliserait l’attention sur la bouche au détriment du reste du portrait. Dans un paysage ce peut être une légère touche d’un vert bleuté qui circulera dans la végétation avec un très léger rappel du même bleu (qui vous a servi à fabriquer votre vert) dans le ciel. Mais, là encore, ne colorisez pas tout le ciel pour ne pas alourdir et écraser le dessin. Agissez avec retenue et modération, ne vous laissez pas emporter pas votre envie de tout peindre. Rappelez-vous, dans cet article il est question de dessin. La mise en couleur doit soutenir et accompagner le dessin mais pas se substituer à lui. Peindre fera l’objet d’autres articles plus spécialisés sur la question.

Alors pour mettre un peu de couleur dans votre vie commencez par vos dessins !

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