Je sais… Vous vous dites “c’est n’importe quoi”… Erreur. Cette invitation à dessiner “petit” je l’ai déjà formulé à plusieurs reprises lors de stages d’Aquarelle en voyant certains travaux d’élèves. Avant de se lancer dans une œuvre majestueuse comme “le sacre de Napoléon” ou “le radeau de la Méduse”, nos grands anciens réalisaient de nombreuses esquisses de petits formats. Alors si des artistes comme David ou Géricault ont cru utile et nécessaire de faire de la sorte, pourquoi serions-nous plus doués qu’eux et croire que l’on peut se passer de faire un “brouillon”.

Lorsqu’un romancier écrit un livre croyez-vous qu’il rédige tout d’un seul jet ? A la lecture de son manuscrit on y distinguera des ratures et des hésitations. Lorsque l’on radiographie les œuvres de nos musées, on peut trouver dissimulés sous la croute picturale, des repentirs. Lors de la phase ultime de la création d’un tableau, l’artiste a la totale liberté de réinterpréter son esquisse première pour lui donner plus de force, plus d’impact en modifiant tout ou partie de son œuvre. L’Aquarelle, à la différence de la peinture à l’huile ou à l’acrylique, n’autorise pas les erreurs: Aucun repentir possible!

Alors comment faire pour ne pas se tromper? On ne peut jamais dire jamais: L’erreur est toujours possible ! Par contre, nous devons faire en sorte de réduire les risques d’erreurs. Ce n’est pas lorsque l’on est entrain de peindre une aquarelle de 30 x 40 cm. que l’on peut rectifier les erreurs, c’est en amont qu’il faut agir. D’abord, en réfléchissant à ce que l’on veut peindre, ensuite, en réfléchissant à quelles couleurs employer, enfin en réfléchissant aux déroulement des gestes à accomplir.

Beaucoup trop d’amateurs se font prendre au piège de la précipitation. Il faut apprendre à se “hâter lentement”… Il sera toujours temps, ensuite, de nous presser lorsque le papier sèchera plus vite qu’escompté: C’est à ce moment là qu’il faut agir pour prendre rapidement les bonnes décisions. Avant de placer le premier coup de pinceau sur le papier, ou donner le premier coup de ciseau pour le sculpteur, il y a tout le temps nécessaire pour réfléchir au meilleur chemin à emprunter. C’est lorsque la toile est vierge qu’elle renferme en son secret tous les chefs-d’œuvres possibles. C’est dans le cœur du bloc de marbre brut que se cache peut-être la Pieta d’un nouveau Michel-Ange. La pierre brute est riche de toutes les potentialités dont beaucoup seront perdues à jamais lorsque la pierre sera taillée. Donc pas de précipitation mais beaucoup de réflexion et de la préparation.

petits-formats

Mon conseil du jour? Faire plusieurs esquisses de petit format (par exemple pour une aquarelle de 30 x 40 cm faites plusieurs esquisses de 7,5 x 10 cm.). Un petit format de cette taille ne demande que peu de temps à dessiner et pourtant cela permet de tester de nombreuses hypothèses. A quoi ressemblera l’œuvre finie si la lumière vient de la droite ? ou si elle vient de la gauche ? ou du centre ? Et si les valeurs les plus sombres sont en premier plan et les valeurs claires en arrière plan ? Et si c’était le contraire, valeurs claires en avant et valeurs plus foncées pour les lointains ? Il est aussi possible de travailler la composition. L’important c’est que le petit format soit à une échelle proportionnelle par rapport aux dimensions de l’Aquarelle finale.

C’est en croyant perdre son temps que l’on en gagne. Alors Dessinez petit pour voit GRAND !

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