Peindre sans dessiner

Bien le bonjour à toi qui lit cet article. J’espère que tu passes une bonne journée ? Si tu peux lire ceci c’est déjà que tu disposes d’un accès internet avec un téléphone, une tablette ou un ordinateur ce qui signifie que tu as – à cet instant – un toit au-dessus de la tête ce qui est un luxe dont nous ne sommes pas toujours conscient. L’hiver est une période redoutable pour tous les sans abris, les animaux abandonnés, les plus fragiles et les plus pauvres de la société humaine. Parler d’Art, peindre ou dessiner représentent donc un luxe et un privilège dont je suis redevable à mes parents d’abord, ainsi qu’à ma destinée. GRATITUDE pour tout cela, GRATITUDE pour ta visite sur mon blog, MERCI A TOI !

La question que je veux traiter aujourd’hui est simple mais sa réponse un peu plus subtile que de répondre par l’affirmative ou la négative. “Est-il possible de peindre sans dessiner” ? La réponse est évidente et je dis OUI… Maintenant son corollaire est “peut-on peindre sans SAVOIR dessiner” ? Et cette fois-ci, sans faux-fuyants ni détours ma réponse est NON… Car même l’abstraction doit faire appel aux lois de l’équilibre des formes et des couleurs – le déséquilibre qui engendre un dynamisme de la toile est en soi une recherche d’équilibre.

Lorsque je marche, je passe d’un état d’équilibre statique avec mes deux pieds reposant au sol, vers un état dynamique avec une perte d’équilibre sur un seul pied, perte d’équilibre aussitôt compensée par une recherche d’équilibre en avançant l’autre pied et ainsi de suite. En peinture c’est la même chose. L’artiste est à la recherche constante d’un équilibre, d’une harmonie des couleurs dans ses compositions sauf à faire absolument n’importe quoi (ce qui est parfois le cas…).

Je l’ai déjà écris à maintes reprises. Le dessinateur et le peintre utilisent les mêmes outils qui sont :

  1. Les yeux et en particulier son œil directeur
  2. La main droite ou gauche (voire les deux) qui tient le crayon ou le pinceau
  3. Le cerveau – lorsqu’il y en a un – pour analyser, composer, structurer, organiser les formes et les couleurs, les valeurs, les ombres et les lumières sur la toile ou le dessin.

Rien ne devrait être laisser au simple “jeu du hasard” sinon autant confier pinceaux et crayons à un âne ou un singe qui fera aussi “bien”…

Je ne serais pas du tout fâché que tu trouves mes propos excessifs et que tu aies un avis radicalement opposé au mien. C’est d’ailleurs à cela que sert la rubrique commentaires en fin d’article. Tout ce préambule pour dire que PABLO PICASSO a jouer au pyromane avec l’Art de notre époque… Je veux bien entendre qu’il a voulu sortir des schémas classiques. Je veux bien admettre qu’il a libérer le geste créateur des artistes en leur donnant le droit d’OSER quelque chose de nouveau ou de différent des règles académiques… Tout cela je peux le comprendre mais en faisant cela il a ouvert la “boite de Pandore” et permis aux idiots de faire et dire n’importe quoi au nom de l’ART…

Vaste foutaise, si je puis me permettre, que le dripping de Jackson Pollock… On peut m’opposer que c’est lui qui imprimait la torsion initiale de la corde ou son balancement dont dépendait les gouttelettes projetées sur la toile… La belle affaire. Tout comme les fameux “noirs de Pierre Soulages” qui accrochent si bien la lumière, sans oublier de retenir la poussière !

Bref notre époque justifie n’importe quoi par des discours abscons ( ici “abs” est de trop) avec une rhétorique sur la place de l’Art et de l’artiste dans notre société de l’hyper consommation. Sa place est devant un chevalet pour créer des émotions et de la beauté et nulle part ailleurs. Qu’il laisse au philosophe la dénonciation du mercantilisme échevelé de notre époque gloutonne et brouillonne. Qu’il laisse au politique le soin de reconstruire le monde en traçant d’autres routes que celles du profit immédiat ! Le rôle de l’artiste est de dire le beau et pas de repenser le monde.

Il faut beaucoup d’imagination – et une bonne dose de whisky – pour s’émerveiller et s’émouvoir devant 25 m2 de toile barbouillée d’une “purée noire épaisse façon bitume”. Oui je suis féroce dans ma critique mais j’en ai marre d’entendre crier au génie devant une “toile” de Pierre Soulages alors que dans le même temps le Louvre rend un vibrant hommage à Léonard dont nous célébrons le cinq centième anniversaire de sa mort en 1519… En voilà un qui avait vraiment du génie et devant lequel nos modernes barbouilleurs font pâle figure.

Tu l’auras compris, ma critique acerbe du monde moderne et de la participation de l’artiste au chaos général, est la raison pour laquelle je ne peux me résigner à ce que l’on ne sache pas dessiner pour peindre. LE DESSIN REPRÉSENTE LA BASE, LES FONDATIONS, LE SOCLE SUR LESQUELS REPOSENT PLUS DE 5000 ANS D’HISTOIRE DE L’ART ET DE L’HUMANITÉ ! Alors soyons humble avec notre ignorance et notre médiocrité face aux glorieux Maîtres du passé ! Et la prochaine fois qu’un idiot te diras “du passé faisons table rase” répond lui “de retourner à l’école” c’est encore ce qu’il aura de mieux à faire.

J’aime l’éloquence muette de la “Belle Ferronnière”, celle de la “Dame à l’Hermine” ou encore celle de la “Vierge au rocher”. Ces œuvres parlent pour elles mêmes et pour leur magnifique auteur par opposition aux “œuvres des artistes contemporains” où moins il y a à voir et plus des critiques d’art prosélytes sont intarissables pour nous expliquer la genèse de cette toile vierge lacérée à coups de cutter, ou la profondeur insondable de ce point rouge sur un fond gris. Affligeant qu’une telle vacuité puisse donner lieu à autant de logorrhée verbale. Ainsi va notre monde décadent !

Tu ne seras donc pas surpris que je te dise qu’avant de savoir peindre il faut apprendre à dessiner ! C’est le pourquoi de ce blog. C’est le modeste “combat” que je mène ici pour réconcilier le passé avec le modernisme d’une Tamara de Lempicka ou d’un Vincent Van Gogh qui ont su trouver un juste équilibre entre innovation et tradition, entre hier et demain, car dans 300 ans nous continuerons d’admirer leurs œuvres tandis que les “imposteurs contemporains” seront retombés dans l’oubli.

Sur ces entrefaites, je te souhaite de passer une belle et bonne fin de journée, blotti bien au chaud au creux d’un divan moelleux avec une tasse fumante de café ou de thé. Et si tu en as l’occasion je t’incite à découvrir l’exposition du Louvre dédiée au vieux Maître du Clos-Lucé, l’ami de François 1er, Léonard de Vinci. Il y a toujours quelque chose à apprendre des plus grands… Bien amicalement.

Dessiner comme un architecte

architect design photo

Cela te dirait de “crobarder comme un archi” ? En Français correcte “dessiner comme un architecte” ? Si tu me lis régulièrement tu sais déjà que j’ai un diplôme d’architecte D.P.L.G. (diplômé par le gouvernement). Cette dénomination “flatteuse” ne signifie pas que j’ai été nommé par le gouvernement comme un Ministre ou un Secrétaire d’Etat, non cela veut tout simplement dire que j’ai suivi le cursus scolaire de l’ENSBA (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts) de Paris qui est une école “publique” contrairement à l’école spéciale d’Architecture du Boulevard Raspail qui est une école privée “inventée par Viollet-Le-Duc“. Après Mai 68 l’Ecole des Beaux-Arts éclate en une multitude d’Unités Pédagogiques (14) qui sont autant de “satellites” mis en orbite autour de la capitale (Versailles, Charenton le Pont, La Défense, La Villette, Marne la Vallée, Nanterre entre autres) et en province (Rouen, Rennes, Toulouse, Strasbourg, Lyon, Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Clermont-Ferrand, etc...).

  • Mon UP était l’Unité Pédagogique n°4 avec les ateliers LEMARESQUIER (élève à l’ESTB avant mon entrée aux Beaux-Arts j’avais effectué mon stage de fin d’année dans l’agence de Noël (et Nicolas) LEMARESQUIER, beau-frère de Michel DEBRÉ ancien premier ministre du Général DE GAULLE), BRASILIER, ZAVARONI, l’Atelier A (mon atelier), MAROT et j’en oublie certainement… J’étais rentré dans l’Atelier A parce que j’y avais des ami(e)s de l’ESTB qui y était entré l’année précédente donc je me sentais moins “perdu” et puis il n’y avait pas de bizutage comme chez les “Zavas” ou les “Brasiliers” où filles et garçons se retrouvaient à poil pour leur premier jour d’intégration à l’Atelier avec des épreuves du style “un garçon est peint en jaune, la fille en bleu, on les enferme dans une armoire et ils doivent ressortir en vert” car le jaune et le bleu mélangés ensemble donnent du vert… Sans doute était-ce là une légende urbaine mais je n’avais aucune envie de vérifier si c’était vrai ou pas… à fuir car si cela en amuse quelques uns, cela en traumatise beaucoup d’autres !


J’aimais d’amour cette école des Beaux-Arts et je l’aime encore et je fus malheureux du déménagement à Charenton-Le-Pont déjà nettement moins pratique d’accès pour moi qui prenait le train SNCF de la ligne C pour descendre à Orsay ou Saint Michel et longeais les quais de la Seine jusqu’à l’école placée à mi-chemin entre ces deux stations de train. J’ai ainsi connu la Gare d’Orsay avant, pendant et après sa transformation en Musée. Et puis dans cette école cohabitaient les Arts majeurs que sont la peinture, la gravure, la sculpture et l’architecture. Je croisais parfois dans les couloirs un petit barbu “jovial et rondouillard” du nom de César… C’était cela les Beaux-Arts et c’est une stupidité sans nom que d’avoir séparé les artistes en les éloignant les uns des autres.

L’architecture se nourrit de la sculpture pour les volumes, de la peinture pour la couleur et de la gravure pour la lumière… et réciproquement. “Couper, séparer, segmenter” c’est l’idée des politiques qui craignaient que l’agitation de Mai 68 ne vienne à renaître de ce “bouillon de culture” alors nos hommes politiques “avisés” ont fait leur ce vieil adage “diviser pour régner” et six mois après les barricades André MALRAUX Ministre de la Culture promulgue par décret l’éclatement des Beaux-Arts en éloignant les architectes ! Diviser c’est amputer…

Nos chefs d’ateliers, nos “patrons” sont tombés dans le piège de l’égo… MAROT a créé l’UP9 – son UP – en scissionnant d’avec UP4… Tous ces architectes en charge d’un atelier ont vu l’opportunité de transmettre leur savoir mais aussi de partager leurs convictions et leurs croyances qu’ils allaient faire un monde nouveau en construisant les villes nouvelles… L’utopie a été de croire qu’en tournant le dos au vieux Monde nous allions faire un Monde meilleur. Un arbre privé de ses racines meurt !

J’ai vécu cette effervescence de la naissance d’une école. Tout nouveau tout beau chacun y projette ses rêves et les “archis” rêvent toujours d’un Monde meilleur à construire. Mais ce faisant, en quittant le giron de la vieille Dame du quai Malaquais et de la rue Bonaparte, les architectes se sont privés du contact avec les peintres, les graveurs et les sculpteurs, ce qui peut expliquer la grande indigence de l’architecture des très nombreux grands ensembles urbains ! Cet appauvrissement intellectuel de “nos élites” a donné une architecture triste qui – associée au chômage – a généré le “mal être” des banlieues !

Encre de Chine sur calque – Ecole des Beaux-Arts de Paris – arcades de la Cour Bonaparte.

Jissé tu n’es pas le mieux placé pour critiquer puisque tu as renoncé à exercer le métier de tes rêves en cessant de rêver”… Pendant quelques années, je rêvais la nuit à des architectures fantastiques, mais peu à peu les difficultés du métier ont pris le pas sur les rêves, et le charme a cessé d’opérer ! Mes ailes se sont brisées avec la mort de mon père qui était ma figure tutélaire et mon modèle. Parti trop tôt alors que nous avions encore tant à partager et échanger. Il n’était pas architecte, ni dessinateur, mais chef des huissiers à l’Assemblée Nationale et c’est lui qui m’a transmis l’amour du dessin et des livres, et ma mère (qui n’était pas architecte mais secrétaire des architectes de l’Assemblée Nationale) m’a transmis l’amour de l’architecture. Et l’amour des livres (et du dessin) continue avec la jeune génération au travers de ma nièce Sophie qui a fait ses études à l’Ecole Estienne (École Supérieure des Arts et des Industries Graphiques ou ESAIG).

LE DESSIN D’ARCHITECTE:

Après cette longue digression ou ce long préambule (c’est selon...) “revenons en à nos moutons” ou plus précisément à l’illustration qui chapeaute cet article. Cette image n’est pas de moi mais trouvée sur le site d’images gratuites Pixabay. Je suis donc parfaitement à l’aise pour critiquer ou complimenter son auteur (inconnu). Un mot des outils d’abord. Les markers sont de bons outils pour une esquisse. Attention toutefois à l’effet “papier buvard” qui peut générer des taches sur ton dessin. Préfère un papier “Bristol” (reporte toi à mon article https://apprenez-a-dessiner.com/blocs-de-dessin-a3/) sur lequel les markers vont glisser plutôt qu’un papier avec du grain qui va “accrocher”. Bien évidemment tu peux aussi utiliser – comme le font les archis – le bon vieux calque d’étude. Pourquoi choisir le calque pour tes croquis ? L’avantage c’est, lorsque ton premier croquis te semble bon mais que tu veux modifier une petite partie, qu’il suffit de poser un nouveau calque par dessus le précédent et de ne retravailler que la partie que tu veux modifier.

Observe maintenant la petite séquence de minis croquis en haut du dessin, ils synthétisent le processus de création de son auteur. Le premier croquis à gauche montre l’idée première de l’architecte qui est de ponctuer son architecture horizontale (le bâtiment en premier plan rythmé par des piliers ou des arcades en rez-de-chaussée) par un second bâtiment vertical. Un peu comme le clocher d’une église ou le point d’exclamation dans une phrase. Puis très vite a dû s’imposer à lui l’idée d’un second bâtiment venant s’accrocher en symétrie autour de ce point haut. Le “beffroi” devient alors un élément d’articulation, de transition et de circulation verticale.

Ensuite l’architecte a poussé un peu plus loin sa réflexion et pensé aux matériaux. La structure des bâtiments horizontaux étant très “minérale” (béton, pierres pelliculaires, panneaux de bois ou d’acier) donc opaque par nature, il a voulu introduire une rupture dans la forme mais aussi dans le fond. Puisque les bâtiments horizontaux sont fermés et opaques, le bâtiment vertical sera lui ouvert et laissera passer la lumière avec une structure largement vitrée. Ce bâtiment vertical pourrait ainsi très bien abriter les escaliers et les ascenseurs, avec les bureaux et l’administration tandis que les bâtiments horizontaux abriteraient la logistique (fabrication dans l’un et stockage et expédition dans l’autre). Et puisque son système semble fonctionner de façon autonome il a pu envisager alors de continuer le développement de ses bâtiments sur le même principe. Enfin pour concrétiser son idée sur les matériaux et la transparence il a réfléchi à l’aspect de son bâtiment de verre avec quelques esquisses à plus grande échelle.

Les designers, architectes, ou décorateurs réfléchissent beaucoup en utilisant le dessin comme support à leurs idées. Cela peut commencer par un très petit croquis griffonné sur une nappe en papier au cours d’un repas avec le client pour donner vie à l’idée qui vient de naître dans leur esprit pendant la discussion. “Un petit dessin en dit plus que mille mots” dit-on. La raison pourrait être que la mémoire auditive et la mémoire visuelle stimulent des zones différentes de notre cerveau et que les informations visuelles imprégneraient des couches plus profondes de la mémoire pour mieux s’enraciner en notre cerveau. Il ne s’agit là que de mon interprétation personnelle qui n’a pas valeur scientifique. Le sujet de la création architecturale et du dessin d’architecture étant un sujet qui me passionne et me touche de près j’y reviendrai dans d’autres articles futurs. En attendant, je te souhaite une excellente journée, à faire ce qui te plait, en la compagnie des personnes que tu aimes. A très vite.


Si cet article te plait, Merci de le partager autour de toi…

 

Dans l’antre de Rosa

Que diable allaient-il faire dans cette galère ? C’est ce que beaucoup pensent lorsque nous voyons des « fous » se lancer dans la restauration d’un monument en péril. Loués soient-ils car ils sont des gardiens et des passeurs. Sans eux nombre de demeures remarquables par leur architecture ou leur histoire auraient disparues à jamais, c’est-à-dire pour toujours.

C’est sur Instagram, que j’ai fait la « découverte » du château de Rosa Bonheur (ou à la TV je ne sais plus) à Thomery mais les quelques images de la demeure restée « dans son jus » m’ont immédiatement séduites par le charme suranné qui s’en dégagent. Mon regret est bien évidemment de n’avoir pu visiter le capharnaüm du grenier et l’atelier du 2ème étage. Un jour peut-être ?

Ami lecteur, imagine que tout est resté figé par le temps et que l’on s’attend à voir surgir, d’une seconde à l’autre, Rosa dans sa blouse de peintre qu’elle ne quittait pratiquement jamais, le pinceau dans une main et sa palette dans l’autre. Rosa est la sorte d’artiste que j’aime, elle a du caractère et sait ce qu’elle veut et surtout ce qu’elle ne veut pas !

Celle qui semble aussi avoir un caractère bien trempé, est l’actuelle propriétaire du château – Katherine BRAULT – qui redonne vie à ce lieu habité par la présence de l’Artiste. Le fait que cette demeure appartienne à quelqu’un dont le patronyme est identique au mien a piqué au vif ma curiosité ce qui est bien naturel. Cependant en l’état actuel des choses rien ne laisse supposer un lien de parenté sauf à remonter à une origine commune à tous les BRAULT (ou tout au moins sur plusieurs générations en développant les branches latérales de ma généalogie ce que je n’ai pas fait jusqu’à présent).

De son vivant, Rosa BONHEUR est aimée de certains et détestée de beaucoup. Ne voilà-t’il pas qu’elle s’habille comme un homme *, qu’elle peint comme un homme et qu’elle a du succès plus que nombre de ses coreligionnaires masculins. Elle pousse en plus la fantaisie jusqu’à se réfugier avec son incroyable ménagerie (des chats, des chiens, des chevaux Mustangs, des singes et même deux lions vivent en liberté à la campagne) pour fuir les mondanités Parisiennes.

J’ai déjà dû te dire que lorsque j’étais plus jeune nous avons eu des singes à la maison, ainsi que des chats, une souris blanche, des poissons, des oiseaux (canaris, perruches), et plus d’une dizaine de chiens, pas tous en même temps. De sorte que je me sens un lien d’affinité (très modeste) avec Rosa (la rose en Latin).

Songe encore qu’en tant qu’artiste peintre animalier elle est devenue très riche et célèbre jusqu’aux Etats Unis où un certain William Cody – plus connu sous le nom de Buffalo Bill – est devenu son ami. Rend toi compte qu’elle a été décorée de la Légion d’Honneur des mains même de l’Impératrice Eugénie. C’est plus qu’il n’en faut pour s’attirer la jalousie des médiocres.

Sa biographe et amie, l’artiste peintre Américaine, Anna KLUMPKE écrit en 1908 « … son souvenir n’est-il pas près de s’éteindre : Les belles œuvres qu’elle a laissées et qu’une admiration unanime a répandue un peu sur tous les continents, lui sont un sûr garant de vivre dans la mémoire de la postérité ».

Malheureusement la postérité se montre bien ingrate avec notre amie artiste dont le nom seul suffirait à la rendre célèbre. Quelle belle idée que de s’appeler « Bonheur » et que son prénom soit celui d’une si jolie fleur ! Hélas hormis un tableau au Musée d’Orsay on ne trouve guère de traces dans nos écoles d’Art, de cette célébrité mondiale de l’Histoire de la peinture du 19ème siècle. Autres temps autres mœurs, aujourd’hui notre siècle préfère célébrer les Youtubeurs et les rappeurs…

Mais remontons le temps, nous sommes en l’année 1822 quand, le 16 mars, naît à Bordeaux en la rue Sainte Catherine, une petite Rosalie, fruit de l’union d’un jeune professeur de dessin – Raymond Bonheur – avec Christine Dorothée Sophie Marchisio. En bon “Poisson”, Rosa a su mener sa barque sur le long fleuve pas toujours tranquille de la vie.

Enfant, la petite Rosalie aime battre la campagne, elle adore dessiner mais n’apprécie pas beaucoup les leçons de Français. C’est à l’âge de sept ans que Rosa, ses deux jeunes frères et sa mère quittent Bordeaux pour rejoindre Raymond à Paris.

Hélas, les cours de dessin ne paient guère et c’est une vie bien miséreuse qui attend la petite famille, d’autant que rapidement Raymond délaisse femme et enfants pour rejoindre ce qu’aujourd’hui nous désignerions comme une secte : Les Saint-Simoniens.

La pauvre mère demeurée seule s’épuise et meurt. Indigente elle sera enterrée à la fosse commune du cimetière de Montmartre, ce qui causera un vif chagrin à Rosa qui devenue riche ne pourra même pas offrir une digne sépulture à sa chère maman.

Bien que peu encline aux études Rosa est envoyée à l’école mais sa distraction première est de faire la caricature de ses professeurs qu’elle fixe à une petite ficelle dont elle attache l’autre extrémité à une boulette de papier mâché qu’elle colle au plafond… Et tu sais quoi ? En sixième ou en cinquième au lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny-sur-Orge, je faisais la même chose avec des petits pantins en papier découpé (sans connaître l’existence de Rosa Bonheur) et mon cours préféré était le cours de dessin de Monsieur Durisy. Plus je découvre cette artiste et plus je l’aime !

Peu de temps après la mort de son épouse, Raymond entre dans une société secrète Templière ou il initie sa fille la jeune Rosa (Rosa = la Rose). Décidément l’histoire des pauvres chevaliers de l’Ordre du Temple m’a toujours passionné et fait écho à mes années estudiantines aux Beaux-Arts et mes initiations dans l’Ordre de la Rose+Croix suivies par onze années passées chez les Francs-Maçons du Droit Humain un peu plus tard. Rosa Bonheur je pense que nous nous serions bien entendus comme deux vieux copains.

Rosa excelle aussi en sculpture et donne à Isidore, son frère sculpteur, ses premières leçons. Elle a 26 ans lorsque le jury au nombre desquels on dénombre les illustres figures d’Horace Vernet, Meissonnier, Corot, Isabey, et Delacroix lui décerne la médaille d’or assortie d’une commande de l’Etat avec une somme de 3000 francs. Cette commande c’est celle du « Labourage Nivernais » exposé au Musée d’Orsay.

Cette œuvre marque sa consécration – désormais sa réputation et sa fortune seront assurées. Elle sera reconnue et saluée dans le monde entier et ses œuvres se vendront fort chères. Mais Rosa se trouve privée de l’affection de ses parents aimés et aimants puisque son père décède peu de temps après la réalisation de son tableau qu’elle expose au Salon de 1849 et dont la vente sert à payer les funérailles de Raymond.

A la suite de son cher papa, Rosa enseignera le dessin dans une école réservée aux jeunes filles. Rosa excelle aussi à peindre les chevaux comme avant elle le fit Géricault – celui du « radeau de la Méduse ». C’est avec son « marché aux chevaux » que Rosa connait un succès fou au Salon de 1853. Sa toile va faire le tour du Monde (Gand, Bordeaux, Londres, Birmingham et New-York où elle réside désormais.)

Rosa va acquérir son château de By grâce à la vente de son tableau pour la modique somme de 50.000 francs alors que chacune de ses œuvres se vend plusieurs dizaines de milliers de francs, faisant sienne la recommandation de Raimond « suit les traces de Madame Vigée Le Brun ».

C’est à l’architecte Jules Saulnier (celui de la chocolaterie Menier à Noisiel) qu’elle confie la réalisation de son grand atelier. On y reconnait le style de l’architecte avec ses poutrelles métalliques en forme de colombages et l’emploi de la brique.

Rosa a rejoint le Panthéon des figures tutélaires de l’Art mais notre époque futile l’a un peu vite oubliée. Qu’importe il y aura toujours des passionnés, des amoureux de la peinture et de l’Art qui au fil du temps feront revivre le nom de tous ces grands artistes, tous mes chers Maîtres du passé, mes « poussiéreux » comme les appellent affectueusement Maryse De May.

Bien que la journée de visite du château de By fut pluvieuse, ce fut une journée heureuse puisque pleine de Bonheur ! Rosa je vous embrasse affectueusement.

Le Château de Rosa Bonheur se trouve au 12 rue Rosa Bonheur à THOMERY 77810. Visites sur réservations. Pour plus de renseignements consulter le site www.chateau-rosa-bonheur.fr

Remerciements à Katherine BRAULT et sa famille pour son accueil et son dévouement à maintenir vivante la mémoire de Rosa BONHEUR. Et merci à ma nièce Sophie BRAULT pour m’avoir accompagné dans cette visite et pour ses photos.

(*) Pour avoir le droit de se rendre aux Halles ou dans les foires aux bestiaux « privilège » uniquement réservé aux hommes elle obtient un titre officiel de la Préfecture de Police de « travestissement pour cause de santé » qui l’autorise à porter le pantalon !

Lettre ouverte à Facebook

Avec cette “lettre ouverte à Facebook” je veux ici dénoncer l’aveuglement stupide des quelques milliers de censeurs officiels (7.500) qui s’érigent en juges arbitres de ce qui est licite (ou non) en matière de nudité artistique sur le réseau social de l’Américain Mark Zuckerberg.

L’Amérique a ceci de très particulier qu’elle s’étrangle à la vue du téton de “La Liberté guidant le Peuple” d’Eugène Delacroix – oeuvre qui fut censurée par Facebook – mais autorise le libre achat d’armes automatiques qui permet ainsi à n’importe quel déséquilibré de commettre un massacre dans une école. Ceci en toute légalité grâce au deuxième amendement de la Constitution qui reconnait à tout Américain le droit de s’armer et de se constituer en milice pour la défense de tout état libre des Etats Unis d’Amérique !

Va comprendre Charles ? Apparemment Mark et moi ne défendons pas les mêmes valeurs ! Bon je pousse le bouchon aussi loin que les censeurs de Facebook car le réseau social interdit aussi les propos haineux et la violence. Ce qui toutefois n’empêche pas certains idiots de se photographier en chasseurs fiers d’avoir abattu un animal sauvage (comme une inoffensive girafe) pour en faire un trophée de chasse qu’ils accrocheront au dessus de la tête de leur lit. Apparemment le massacre des animaux ne fait pas partie de la définition de la “violence” pour “Face de bouc”…

Pourquoi est-ce que j’écris cet article aujourd’hui ? Tout simplement parce qu’il y a quelques jours une petite vidéo rigolote sur mon bonus “l’Art du Nu” a été censurée sur Facebook (particulièrement peu “réactif” puisque cela faisait quand même environ deux ans que ma vidéo avait été publiée). Comme elle est toujours visible sur ma chaîne YouTube je te la partage ici pour que tu juge par toi même de sa terrible indécence: Âme sensible et jeunes de moins de 18 ans s’abstenir !

Terrible isn’t it ? “Mea maxima culpa” je ne le ferais plus jusqu’à la prochaine mauvaise foi des censeurs de tous poils (pubiens of course). Heureusement que le ridicule ne tue plus sinon il y aurait quelques victimes qui s’ajouteraient à la longue liste des tueries “made in America” dont je parlais plus haut.

Maintenant après avoir présenté l’objet du délit je voudrais plaider pour la défense du nu dans l’Histoire de l’Art. La représentation du corps humain, et plus spécifiquement du corps féminin, remonte à la plus lointaine Antiquité et même avant puisque l’on a retrouvé dans les cavernes du paléolithique.(40.000 ans avant JC… Je suis vieux mais c’est pas moi ! ) des figurines de “vénus”.

Lors de mon voyage en Egypte, en 1977, j’ai le souvenir de bas reliefs, dans les Temples et sur le mur de certaines tombes de la Vallée des Rois, sur lesquels figuraient des danseuses et des musiciennes nues ou à peine couvertes d’un léger voile transparent. Quant à la statuaire Gréco-Romaine, elle nous offre la vision de beautés callipyges immortalisées dans la pierre et le marbre.

C’est avec le développement de la puissance et de l’autorité de l’Eglise de Rome que sont apparus les interdits touchants au corps et à la sexualité. Le Moyen-Âge semble avoir freiné la sensualité artistique des peintres et sculpteurs de cette époque puis vint la Renaissance, et enfin la “Naissance de Vénus” de l’Italien Sandro Botticelli brisa le tabou.

Mesures-tu un instant le courage qu’il a fallut à cet artiste Italien (et ses suiveurs) pour braver les interdits de l’Eglise Catholique – toute puissante – et du redoutable tribunal de la “sainte inquisition” ? Aujourd’hui les grands inquisiteurs sont incarnés par les censeurs “pudibonds” de Facebook mais personne ne risque la peine de mort… pour l’instant.

Messieurs et Mesdames les censeurs à vous en croire il faudrait faire un véritable autodafé des œuvres d’Albrecht Dürer, de Rubens (censuré par FB pour un Christ dénudé), de Fragonard, de Boucher, de Watteau, de Jean-Auguste-Dominique Ingres, d’Elisabeth Vigée Le Brun, d’Eugène Delacroix et sa “Liberté guidant le Peuple” (déjà censurée par Facebook), de Tamara de Lempicka, de Michel-Ange (le peintre du plafond de la chapelle Sixtine), de Jacques-Louis David, et du sulfureux Gustave Courbet et son “origine du Monde” (évidemment censurée par Facebook), de Modigliani (également censurée par FB). Comme disait Michel Audiard “si on mettait les cons sur orbite vous n’auriez pas fini de tourner...”.

Faut-il s’étonner de ce retour en arrière ? S’en étonner non, mais plus certainement s’en affliger et s’en indigner ! Il est bien triste de constater qu’au vingt-et-unième siècle on en soit encore à mettre des “feuilles de vignes” ou des “post-it” pour cacher le sexe et les tétons des œuvres d’art sous le prétexte que quelques-uns n’ont toujours pas réglé leur problème d’œdipe et leur complexe sur la taille de leur “zizis”.

HST de Jean-Baptiste REGNAULT – 1794 – Musée du Louvre – Paris

Je viens de te de montrer que la représentation du corps humain remonte “à la nuit des temps” (40.000 ans) alors que la création de Facebook ne date que de février 2004. Voilà comment un “nouveau né” prétend enseigner les “bonnes manières” aux dinosaures en oubliant qu’il leur doit le respect ! L’internet vient de fêter ses 30 ans en 2019 – comme la pyramide du Louvre – et cela fait bien une bonne vingtaine d’années que je me promène sur le net… J’ai donc connu internet avant Facebook et j’ai très bien vécu sans.

Que tout censeur ne perde pas ceci de vue: Un réseau social ne doit sa force qu’aux internautes qui le fréquentent – et pas l’inverse ! En web marketing, il peut se développer des addictions mais il n’existe pas de public “captif”… Le public qui aujourd’hui se presse sur un réseau social, demain peut l’abandonner aussi rapidement qu’il est venu pour faire le succès d’un concurrent: L’humain est versatile !

Je ferme cette parenthèse. Si la représentation du corps humain est aussi vivace dans l’Art c’est aussi parce qu’elle est enseignée dans les académies et écoles artistiques depuis longtemps à tel point que le mot “académie” ou “dessin de nu académique” désigne une discipline propre aux techniques comme le dessin, la peinture et la sculpture. On désigne ainsi par le mot “académie” un dessin de nu.

Pourquoi la nudité est-elle importante lorsque l’on dessine un corps ? D’abord le port d’un vêtement induit une relation différente en établissant une “hiérarchie” sociale entre les individus. Un vêtement est un signe distinctif d’appartenance. La personne qui porte un costume de marque, ou coupé sur mesure, montre sa “prévalence” sur celui qui porte un vêtement de confection fabriqué en série pour le plus grand nombre.

En second lieu, le port d’un vêtement va détourner l’attention du dessinateur de ce qui est important, à savoir l’anatomie. Plus le vêtement est ample et plus il sera difficile de percevoir la forme des muscles et des tendons chez la personne qui pose et sert de modèle. Une couleur vive attirera l’attention plus qu’une couleur neutre, un gris, un blanc ou un noir.

Que le modèle soit nu avec des chaussures “vert pomme” ou “jaune orangé” et finalement rapidement toute notre attention se portera sur cet accessoire vestimentaire. Le vêtement parce qu’il répond à des critères de mode ou des choix personnels (j’aime telle couleur plutôt qu’une autre) est un motif de distraction ! C’est la raison pour laquelle on fait poser les modèles nus et pas pour d’obscures autres raisons liées à la libido de l’artiste.

L’étude du corps humain – au travers des séances de dessin de modèles vivants – est donc formatrice car elle oblige à développer le sens de l’observation juste. Dans un dessin ou une peinture de paysage qui va savoir si l’arbre représenté avait très exactement cette forme et ces proportions ? Personne !

Maintenant dans le dessin d’un personnage, qui va se rendre compte des erreurs de dessins si les proportions des bras ou des jambes sont fausses par rapport aux proportions du reste du corps ? Tout le monde va remarquer que les jambes ou les bras sont trop courts,… sauf si c’est un autoportrait réalisé par le cher Toulouse Lautrec que j’aime et que j’admire.

Pour tout ce qui est relatif aux activités artistiques je conseillerais vivement à Mark Zuckerberg de faire appel à un arbitrage par des personnes formées à l’Art, au dessin, à la peinture ou à la sculpture afin d’éviter les nombreuses bévues comme celles de censurer Rubens, Delacroix ou Modigliani ce qui a été fait par les censeurs de Facebook qui manifestement sont dénués de toute culture en matière d’Art !

Certes il reste le cas délicat de “l’origine du Monde” de mon jumeau astrologique (à quelques décennies près…) Gustave Courbet. Les Gémeaux du 10 juin sont parfois un brin provocateurs… et je conviens de l’embarras de celui (ou celle) qui doit juger cette oeuvre artistique “inclassable”.

La “polémique” qu’elle peut déclencher est telle que cette peinture est restée cachée du grand public pendant plus de 120 ans jusqu’à son entrée au Musée d’Orsay en 1995 ! Sur ce point je ne tranche pas et laisse chacune et chacun libre de son choix. Tout au plus l’assortirais-je d’une mise en garde pour les plus jeunes afin que l’image n’apparaisse qu’après avoir cliqué sur un lien pour donner son assentiment.

Maintenant quand on en arrive à censurer un Christ en croix par un des plus grand Maître de la peinture Flamande – je veux dire Peter Paul Ruben – alors le grotesque et le ridicule de la censure de Facebook concernant la “nudité” touche à son comble ! Trop c’est trop et cela montre à quel point certains sont dénués de tout bon sens critique et d’un tant soi peu de culture au pays de Donald (Duck le canard cela va de soi toute autre ressemblance serait fortuite).

En vérité “il ne faut pas casser trois pattes à un canard” pour ne pas être capable de différencier une peinture religieuse du 17ème siècle avec une image licencieuse ou pornographique: “Messieurs les censeurs de Facebook un peu de culture ne fait de mal à personne, bien au contraire” !

Que peuvent faire les artistes contre ce genre de censure inepte ? Dans un premier temps interpeller Facebook dans des articles depuis leurs propres sites internet (comme je le fais aujourd’hui) et relayer les articles des uns et des autres en les partageant sur les réseaux sociaux. Plus tard la riposte pourra consister à quitter Facebook au profit d’un réseau concurrent… A tout problème il existe une solution, la migration en est une… On peut en imaginer d’autres. Je fais confiance au créatifs qui ne manque pas d’imagination.

En attendant de nous revoir très vite pour un autre sujet, je te laisse en bonne compagnie 😉

Maryse De May l’autre Grande Dame de l’Aquarelle

Encore une fois je te remercie et te salue de venir si régulièrement lire mes articles sur mon blog. Il y a quelques temps j’avais écris – avec beaucoup de joie et d’émotions – un texte sur Blanche ODIN, l’aquarelliste de Bagnères-de-Bigorre. Aujourd’hui je vais te parler, avec encore plus d’émotions, d’une aquarelliste qui possède un immense talent, celle qui, pour moi, incarne la digne héritière de Blanche, celle que j’admire pour son oeuvre et son charisme, Maryse DE MAY l’autre Grande Dame de l’Aquarelle !

Alors pourquoi est-ce que je te parle d’elle aujourd’hui, et pas demain ou après demain ? Parce que personne n’est Maître du temps… Je viens de découvrir son nouveau site internet (https://marysedemay.com) sur lequel j’apprends qu’elle fera une dernière exposition personnelle à son atelier – que je connais bien pour y avoir de nombreux souvenirs (comme par exemple l’enseigne à son effigie qui marque l’entrée de sa demeure) – avant de partir s’installer au Morbihan.

UN RENDEZ-VOUS IMPORTANT !

Alors si tu habites la Région Parisienne ne rate surtout pas cette occasion unique de rencontrer celle qui est (en grande partie) à l’origine de l’engouement pour l’Aquarelle en technique humide. Pendant ces 3 jours – du 28 juin au 1er juillet 2019 – sera présentée une rétrospective de ses œuvres de 1982 à 2018, ainsi que des aquarelles et dessins de son mari (décédé en 2006) l’artiste Claude Benezech. Vas-y pour elle (mais pas pour m’y voir car ce n’est pas ma place et je n’y serais donc pas…).

Très jolie femme cette grande “fille toute simple” aurait pu faire du mannequinat ou du sport de compétition. Svelte, élégante, élancée avec de longues jambes, au départ rien ne la destinait plus particulièrement à devenir artiste… Ou plutôt si car les fées se sont penchées sur son berceau.

L’ENFANCE

Montparnasse, le quartier de son enfance est – avec Montmartre – le quartier des artistes comme le sculpteur ZADKINE, ou les peintres CHAGALL, Georgio de CHIRICO, Paul GAUGUIN, mais aussi PICASSO descendu de sa butte Montmartre, ou Fernand LEGER et pour les femmes Marie LAURENCIN. Evidemment elle est beaucoup trop jeune pour avoir approché ces gens là mais la légende de ces illustres artistes berce les rêves de certaine petite fille.

Elle voyait parfois son père imprimeur rapporter à la maison quelques “macules” c’est à dire des “loupés d’impression”. Lorsque les feuilles sortent à grande vitesse de l’imprimante, il peut arriver que l’une d’elle macule d’encre fraîche la feuille qui vient se poser par-dessus. La feuille de papier ainsi tachée est impropre à son utilisation et est destinée à être détruite.

L’enfant est captivée par ces feuilles de papiers d’imprimerie aux couleurs vives, chatoyantes ou pastel qui font la “réclame” (la publicité) de produits de beauté “pour vous faire Mesdames la peau douce et un teint de pèche” ou “avoir des cheveux souples et soyeux comme Grâce KELLY ou Maryline MONROE“. La publicité s’affiche partout dans le métro, sur la plateforme des autobus parisiens, sur les “colonnes Morris”. Adolescente, elle aime l’Art avec passion et son quartier de PARIS aussi.

Ses profs décèlent très vite son jeune talent et elle est orientée vers une année préparatoire à l’Ecole Supérieure des Arts Modernes: Elle est douée mais des problèmes familiaux font qu’elle n’y restera qu’un an. Elle doit renoncer à son rêve pour entrer dans le monde du travail. Elle ne sait pas taper à la machine, qu’importe elle sera secrétaire.

Elle a même pendant un temps travaillé à la MAF (Mutuelle des Architectes Français) et je trouverais “cocasse” qu’à l’époque elle ait tapé un des courriers qu’en tant que jeune architecte il m’arrivait de recevoir de cet organisme professionnel. Aujourd’hui elle en sourit mais je pense qu’à l’époque, le cœur brisé sur ses rêves envolés, elle a dû pleurer parfois.

LES DÉBUTS

Mais quand on s’appelle Maryse DE MAY et que l’on veut quelque chose, on est déterminée à l’obtenir et on ne renonce pas aussi facilement ! Dans les années 1982-1983 elle ressort ses pinceaux et ses couleurs. Elle fréquente régulièrement l’atelier des artistes du vieux Chatres à ARPAJON où elle retrouve une autre aquarelliste débutante: Lélie ABADIE. Plus tard ensemble elles seront les marraines du Salon de Saint Yrieix La Perche, mais ne brûlons pas trop vite les étapes.

Emmanuel BLOT un jeune artiste de l’école d’ARPAJON, disciple du peintre Philippe LE JEUNE, lui enseigne l’art de la composition: L’analyse d’oeuvre des Maîtres anciens l’y aide. Je ne connais personne d’autre que Maryse pour analyser avec autant de finesse, de sensibilité et d’intelligence une oeuvre. C’est ce qui explique avec son charisme, sa gentillesse, et sa disponibilité le succès de ses stages et de ses cours.

Sa première exposition rencontre un franc succès local qui la conforte dans son désir de progresser et d’en faire son métier. Elle décide de suivre les cours pour adultes à l’école des Beaux-Arts de PARIS – mon école – mais à cette date je n’y suis déjà plus, en outre je ne fréquentais pas ces cours qui étaient hors de mon cursus d’étudiant en Architecture. Dans les années “quatre vingt quinze” Claude Bénézech, son mari, fut invité d’Honneur au Salon de Villemoisson-sur-Orge où je réside. J’admirais ces paysages de neige et j’ai alors conseillé à ma mère d’en acheter deux avec quelques autres œuvres.

Encre de Chine sur calque – Cour Bonaparte école des Beaux-Arts de Paris

De nature timide, je m’enhardissais à faire la connaissance du couple. C’était la première fois que j’osais montrer mes dessins à des personnes autres que ma propre famille ! L’exposition terminée, je restais en contact et c’est ainsi que je reçu un peu plus tard un courrier pour m’annoncer l’ouverture de l’atelier d’aquarelle de Maryse. Aussitôt je m’y inscrivis mais à ma grande honte aujourd’hui je dois confesser que je n’étais pas un “bon élève”. C’est-à-dire que comme les bons produits sont chers je me trimbalais avec de mauvaises couleurs bon marchés qui donnaient de piètres résultats. En plus je reconnais être plus doué avec un crayon qu’avec la difficile technique humide pour laquelle il y a tant de paramètres à gérer.

LA CONSÉCRATION

J’ai appris beaucoup avec Maryse – pas pendant mes deux années (1999-2000)  comme mauvais élève – mais en tant qu’accompagnateur à partir de 2007 et co-animateur de la partie dessin sur les stages d’aquarelle qu’elle prodiguait au sein de son atelier et un peu partout en France. Nous avons parcourus les autoroutes et les chemins de traverses de la France entière et même par trois fois nous sommes allés au-delà des frontières de l’hexagone en Belgique) et en Suisse où Maryse exposait dans une galerie d’Art à Montreux au bord Léman. La superbe promenade fleurie au bord du lac lui donne des airs de rivages méditerranéens.

Chaque stage commençait par une courte analyse des travaux apportés par les élèves. Quand il y a 18 élèves a raison de 10 minutes par personne cela fait trois heures de “leçon magistrale” sur la composition, les harmonies de couleurs, le point focal, les intentions de l’artiste, etc… Ce n’est pas pour rien que la presse spécialisée l’a consacrée “Maître Aquarelliste” !

76928_110454495687871_487265_n

Tiens parlons-en de la Presse: Artiste Magazine, L’Art de l’Aquarelle ou Pratique des Arts lui ont consacré des pages entières, et même des couvertures ! C’est ainsi que tu peux trouver actuellement en librairie le dernier numéro 145 de Pratique des Arts de mars-mai 2019 dans lequel un reportage avec de nombreuses photographies lui est entièrement dédié (pages 28 à 33 incluses).

Ami(e)s qui me lisez vous ne pouvez pas imaginer la ferveur de ses admirateurs ou de ses “followers” comme on dit sur les réseaux sociaux. Chaque démonstration attirait des dizaines – voire quelques centaines – de passionné(e)s.

J’ai vu un amphithéâtre bondé à Reims où il a fallut installé des moniteurs vidéos à l’extérieur de la salle. J’ai vu des salles combles à Toulouse avec retransmission sur grand écran pour celles et ceux qui étaient au fond, et la même chose à Flers, à Saint-Florent-sur-Cher. Grandes métropoles ou petites villes de Province, toutes étaient conquises et sous le charme comme je le suis toujours aujourd’hui.

Je te l’ai dis, avec son amie et collègue Lélie Abadie, elle fut au démarrage du Salon Internationale de Saint-Yrieix-La-Perche qui prenait son envol alors que Saint-Laurent-sur-Gorre cessait d’exister. Pourtant le “tôlier” de Saint Laurent avait vu les choses en grand en aménageant les dépendances de son château pour accueillir des groupes d’artistes et de stagiaires. A t’il vu trop grand ? Et à Provins, ou à Saint-Yrieix, au contact communicatif de Maryse germait l’idée, chez les élus locaux, d’un Musée de l’Aquarelle comme celui de Llançà en Espagne.

J’espère qu’un tel musée verra le jour et qu’une salle entière sera consacrée à “ma” Grande Dame de l’Aquarelle. Je pourrais même donner quelques œuvres majeures comme “se ressourcer” ou une superbe grande composition avec des “Iris et des Magnolias”, et même un beau portrait de sa fille Charline ou encore le portrait d’un barbu que je connais bien… Le mien, et d’autres encore la plus part acquis avant de faire “équipe” avec elle.

Elle fut l’invitée d’Honneur de nombreux grands Salons (Saint Yrieix, Rochemaure, Toulouse, Reims, Saint Florent sur Cher, et tant d’autres) qui se mélangent dans mes émotions et dans ma mémoire. Nous avons donné – deux fois – une conférence sur l’Histoire de l’Aquarelle. A cette époque nous étions encore les seuls à le faire et sauf erreur de ma part peu l’on fait après nous. Elle a exposé en galerie à Brioude (avec Xavier Swolf second invité d’Honneur – galerie fermée), à la galerie du Vert Galand à Paris (exposition collective sur les chats), et à la galerie Entre Sable et Bruyères (Sully-sur-Loire – galerie fermée).

Chez Ulysse Editions sont parus deux Best Sellers “Mon aventure avec les fleurs” en 2003 et “Peindre avec ses sentiments” en 2005 – sans cesse réédités depuis leurs parutions. En auto édition elle a publié aussi “Secrets à partager” et “Précieux Portraits” et sa “Méthode MDM” qui explique pas à pas son processus de création autour des “fondus”. Enfin un DVD vient compléter le tout. Tu peux trouver tous ces précieux documents sur son site “https://marysedemay.com

EPILOGUE

Un jour de novembre 2006, quelqu’un à écrit ces mots sur la page de garde d’un très beau livre (Peindre avec ses sentiments) ” A Jean-Claude pour te conduire sur les chemins de la poésie aquarellés… Avec toute mon amitié…”.

Les chemins de la poésie – qu’ils soient aux couleurs de l’aquarelle ou pas – je les parcours sans cesse en tous sens dans mes rêves les plus fous avec le secret espoir d’y retrouver cette personne… Je ne sais pas le temps qu’il me reste à vivre et peu m’importe car pour moi le temps a cessé d’exister le 6 juin 2016. La vie est comme le ressac de la vague qui emporte au large ce que l’instant d’avant la vague avait déposé sur le sable mouillé… “la vie c’est comme ça !“.

Mes pas ne me conduiront pas en Bretagne où désormais personne ne m’attend. Cependant mes pensées, mon esprit, mon cœur et mon âme ne cesseront jamais – jusqu’à mon dernier souffle, et après – d’accompagner celle qui fut, celle qui est et celle qui restera pour l’éternité “Ma” Grande Dame de l’Aquarelle à l’égale de Blanche Odin ! Aimer c’est comme ça !

DERNIER RAPPEL !

  • Note précieusement sur ton agenda ton Rendez-Vous avec Maryse pour sa rétrospective du 28 juin au 1er Juillet 2019 au :