A l’occasion des journées du patrimoine, nous avons pris l’habitude, ma nièce Sophie et moi, de visiter des lieux remarquables de la région Parisienne. C’est ainsi que nous avons vu le château de Rosa Bonheur à Thomery, l’observatoire Astronomique de Flammarion à Juvisy-sur-Orge, le musée Gustave Moreau à Paris, et cette fois-ci la maison atelier de Foujita à Villiers-le-Bâcle dans l’Essonne.

LA JEUNESSE

Terre de traditions séculaires et de contrastes, le Japon est dans mon imaginaire le pays des cerisiers roses en fleurs, du sommet enneigé du Fuji-Yama et de la haute technologie électronique. C’est ainsi le berceau de la marque Yamaha de mon synthétiseur qui m’attend sagement à coté de ma guitare électrique et mon ampli (instruments dont je ne joue pas mais dont je n’arrive pas à me séparer dans l’expectative qu’un jour l’envie me prenne d’apprendre à en jouer…).

Bref le Japon c’est tout cela mais plus encore et c’est surtout la patrie de naissance d’un grand artiste au parcours singulier : TSUGUHARU FOUJITA l’infatigable voyageur.

Tsuguharu FOUJITA

De noble lignée, son père est général de l’armée impériale. Avec une telle ascendance on aurait pu supposer que l’enfant qui venait de voir le jour à Tokio – en cette froide journée du 27 novembre 1886 – serait appelé à une destinée plus martiale. Mais le destin en décide autrement avec la mort de son père. L’enfant qui n’a que cinq ans est l’objet de toutes les attentions de son frère aîné et ses deux sœurs qui veillent sur lui.

La demeure familiale est grande et dotée d’un jardin dans lequel Tsuguharu s’ébat joyeusement dès les premiers rayons de soleil. Il est fasciné par la Nature, les fleurs et les insectes qu’il commence à dessiner. La calligraphie est un art raffiné en Asie, et tout particulièrement au Japon où tout est codifié. Parallèlement au dessin, il s’initie à la peinture à l’aquarelle.

Il est doué et pour ses 14 ans il envoie une de ses aquarelles au jury chargé de sélectionner les meilleurs travaux qui seront montrés à l’Exposition Universelle de 1900 à Paris – la ville lumière ainsi nommée car la fée électricité y a fait son apparition dès la fin du XIXème siècle lors de la précédente exposition Universelle de 1878 avec l’éclairage de l’avenue de l’Opéra et du Palais Garnier.

Mais il faudra encore attendre plus d’une bonne dizaine d’année avant que l’électricité éclaire les Grands Boulevards de la Capitale !

Tsuguharu est passionné par la nouveauté que représente pour lui l’Art occidental et les peintres Européens. Il apprend le Français dès l’école primaire ce qui lui permettra plus tard de se familiariser avec les artistes qu’il admire et copie à l’école des Beaux-Arts de Tokio.

L’ECOLE DE PARIS

Son diplôme en poche à 24 ans il n’a plus qu’une idée : Venir à Paris et c’est ainsi qu’il débarque à Montparnasse le beau matin du 6 août 1913 où dès le lendemain il rencontre un certain Pablo Picasso comme lui exilé de sa terre natale. C’est un bouleversement culturel pour lui et dès lors il n’aura de cesse de se jeter à corps perdu dans la bataille de l’avant-garde picturale Parisienne.

Très vite « Foufou » avec ses lunettes rondes et sa « coupe au bol » devient la coqueluche de Montparnasse et ses copains de bamboche s’appellent Modigliani, Soutine, Derain, de Vlaminck, Fernand Léger, Matisse, Juan Gris et Picasso… Sacrée équipage que tous ces artistes qui chaque soir refont le monde en vidant quelques bouteilles.

Après un séjour à Londres Foujita installe son atelier à la cité Falguière. Comme il n’a pas toujours les sous pour acheter des toiles, il peint sur les murs de son atelier. Sa première exposition Parisienne « sponsorisée par le parfumeur François Coty » rencontre un vif succès ! Il y expose 110 aquarelles.

Foujita adore la période de la Renaissance Italienne et Allemande. Les Maîtres qu’il admire sont Albrecht Dürer ou Léonard de Vinci que l’on retrouvera portraiturés aux cotés de Raphael sur la fresque de son atelier dans le grenier de sa petite maison de Villiers-le-Bâcle.

L’AGE D’OR – LES VOYAGES

L’artiste connait rapidement la « gloire » et ses toiles se vendent à prix d’or. Tsuguharu Foujita, l’infatigable voyageur, expose à Bruxelles, Londres, Berlin, New-York, Tokio, sur la côte d’Azur fréquentée par les riches industriels et les stars du cinéma. « Foufou » fait la une des journaux du Monde entier.

Ses tableaux de femmes, d’enfants et de chats (il adore les chats) sont dans les collections des plus fortunés.

Les « années folles » – pour lui – portent bien leur nom, car c’est un temps d’insouciance et de frivolités. En 1925 il est décoré de la Légion d’Honneur mais le fisc veille et tout l’argent gagné, et largement dilapidé, fait l’objet d’un lourd redressement qui l’oblige à vendre sa maison, sa voiture. Sa femme le quitte. Il décide alors de fuir Paris pour un voyage de deux ans en Amérique du Sud avec Madeleine qui est son modèle et sa maîtresse.

Ils visitent alors le Brésil, l’Argentine, le Pérou, la Colombie, le Mexique et la Californie. C’est un vrai pigeon voyageur qui a la « bougeotte » et ne peut demeurer à la même place plus de quelques semaines. Au bout de ses deux années d’errance, l’envie lui prend de retourner au Japon où il est accueilli comme une star.

Madeleine meurt d’une overdose à Tokio. Elle est vite oubliée dans les bras de Kimio, une jeune et jolie Japonaise qui lui fait reprendre goût à la vie. Foujita vient de fêter ses cinquante ans. De nouveau il cède à l’appel du grand large et part pour la Chine.

Un peu à la veille de la seconde guerre mondiale le voilà de retour à Paris jusqu’à l’occupation Allemande. Il prend une part active en tant que peintre de guerre de l’armée impériale Japonaise, ce qui ne l’empêchera pas dès la fin des hostilités à collaborer avec les Américains en sa qualité d’expert artistique.

Il s’installe à New-York et profite de l’occasion pour placer certaines de ses œuvres dans les riches collections Outre-Atlantique, mettant ainsi en pratique l’adage selon lequel « on n’est jamais si bien servi que par soi-même » !

Mais une fois encore son goût du voyage se fait plus fort et au début de l’année 1950 il revient s’installer à Montparnasse où très vite il retrouve « ses marques » et le succès. Il enchaîne alors les expositions en Algérie, au Maroc et en Espagne.

LA CONVERSION

En 1955 – année de naissance de ma petite sœur Catherine, la maman de Sophie – il obtient la naturalisation Française. Quatre ans plus tard suite à une « illumination mystique » il se convertit au catholicisme en se faisant baptiser en la Cathédrale de Reims. Il a alors 73 ans et change son prénom Japonais pour celui de Léonard.

Si tu me lis régulièrement tu sais que j’aime bien de temps en temps “soulever le voile du temps” pour voir ce qui se cache derrière… Et voilà que la vie une fois de plus nous fait un petit clin d’œil avec la numérologie…

A l’origine le prénom de Foujita est Tsuguharu dont la valeur numérologique est égale à : 2 + 1 + 3 + 7 + 3 + 8 + 1 + 9 + 3 = 37 soit 3 + 7 = 10 = 1 qui nous explique l’aspect unique et singulier du personnage.

Son nom FOUJITA à une valeur numérologique de 28 qui correspond à la durée d’un mois lunaire (était-il dans la Lune ?) que l’on réduit à 2 + 8 = 10 soit encore 1 + 0 = 1.

Le nom de TSUGUHARU FOUJITA vibre donc sur la valeur du 2 ce qui expliquerait sa quête incessante de l’alter égo féminin, la recherche de sa “moitié” ou de son “âme-soeur” incarnée par ses maîtresses et épouses successives ?

Lors de sa conversion au catholicisme l’artiste à alors “francisé” son nom de baptême en adoptant le prénom de Léonard dont la valeur numérologique est 33 (nombre Christique) soit 3 + 3 = 6 qui est le chiffre de l’HARMONIE.

Faisons une dernière addition en ajoutant le nom de FOUJITA à celui de LEONARD et nous obtenons le chiffre 7 qui est celui de la spiritualité… Je n’en tire aucune conclusion, juste une petite incursion de l’autre coté du voile 😉

Maison Atelier de Foujita

En 1960, en visitant son éditeur d’Art, au Moulin de Bièvres, il tombe amoureux de la petite maison de Villiers-le-Bâcle dans la vallée de Chevreuse. Elle est en ruine et il ne l’occupera qu’après une année de travaux.

Sa dernière grande œuvre sera de bâtir une chapelle Notre-Dame de la Paix à Reims qu’il ornera de fresques dont on trouve une remarquable esquisse sur le pignon de son grenier dans son atelier.

A l’âge de 82 ans, le 29 janvier 1968 Foujita meurt d’un cancer à Zurich en Suisse… Le corps revient en France, toutefois ce ne sera pas son « dernier voyage » puisque d’abord inhumé à Reims sa dépouille mortelle est ensuite déplacée pour le cimetière de Villiers-le-Bâcle avant d’être une nouvelle fois exhumée pour être placée aux cotés de sa dernière épouse dans sa chapelle à Reims. Vraiment comment ne pas le qualifier d’infatigable voyageur après toutes ses pérégrinations sur Terre ?

Repose en Paix Tsuguharu-Léonard tu l’as bien mérité, toi qui a parcouru notre planète en tous sens… Tu as enfin trouvé ta maison !

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