Bonjour, heureux de nos retrouvailles en dépit de la situation. Souvent faire une pause est nécessaire mais parfois elle nous est imposée par les circonstances de la vie. Dans ce second cas, il ne faut pas que la vie nous dirige comme c’est malheureusement trop fréquemment encore le cas, mais il nous faut diriger notre vie.

Voilà donc l’occasion propice pour entreprendre de nouvelles activités comme de peindre, jouer de la musique ou apprendre une langue étrangère. C’est aussi le moment des introspections et du questionnement sur nos modes de vie et nos gestes quotidiens. Est-ce que je dessine ou je peins par plaisir ou par habitude ? Est-ce que je fais ceci ou cela par convention sociale, par nécessité, ou par envie ?

C’est maintenant le bon moment pour se poser les bonnes questions !

En attendant, dès à présent, je te propose de découvrir mes réponses à 5 nouvelles questions sur le dessin.

  1. Comment savoir si mon dessin est bon ?

Il n’est pas toujours simple de savoir si ce que nous faisons est bon – ou pas – tant que nous ne l’avons pas passé au crible de la critique. Par critique il faut comprendre une analyse réfléchie et structurée qui n’a rien à voir avec le « c’est beau » ou le « j’aime pas ». Il est bien d’aimer quelque chose, encore faut-il en comprendre la raison !

D’abord il nous faut faire abstraction de toute charge émotionnelle… C’est le plus difficile à faire lorsque l’on doit juger du travail d’un proche (ou de notre propre travail).

Une fois que l’on a laissé de côté nos sentiments personnels pour l’auteur de l’œuvre à juger, on peut alors se plonger dans le dessin ou la peinture sans risquer de culpabiliser pour la critique (positive) que l’on va émettre. Critiquer une œuvre c’est apporter une aide précieuse à l’artiste (à condition que celui-ci soit réceptif et ouvert).

Si celui qui présente son travail n’est pas en mesure d’accepter une critique alors il faut qu’il s’abstienne de vouloir recueillir un avis qui peut être différent du sien. Cela vaut aussi pour notre égo vis-à-vis de notre jugement.

Dans ce cas-là, le mieux est encore de pouvoir faire sa propre autocritique : Pour un artiste c’est l’idéal ! Pour cela il faut être capable de prendre du recul sur son travail afin de le juger « à tête reposée ».

Exemple : Je peins ou je dessine depuis plusieurs heures, il n’est alors pas recommandé que je juge immédiatement du résultat obtenu…

Le mieux est de souffler un peu, d’entamer un autre dessin, de faire le tour du pâté de maisons, de faire une courte méditation, de me poser dans mon canapé pour écouter mon air de musique préféré, ou de lire quelques pages d’un livre que j’aime voire même de faire une petite sieste, pourquoi pas ?

Après cet indispensable recul dans le temps, il faut aussi poser un « nouveau regard » sur mon travail. Je peux soit le regarder dans un miroir, soit le mettre à l’envers (tête en bas), et même cumuler les deux effets (tête en bas dans un miroir) pour voir les points faibles et les points forts de la composition.

Il faut oublier un instant que le travail que j’ai sous les yeux est le mien. En fait je dois le regarder comme si c’est l’œuvre d’un élève. Quel est mon premier « sentiment » (voir faut-il dessiner avec ses sentiments) en l’observant ? Si le sentiment général est une certaine insatisfaction il va falloir que je fasse l’effort de comprendre pourquoi ? J’ai déjà traité de l’analyse d’une œuvre et j’y reviendrais ailleurs que dans cet article.

  1. Comment corriger un dessin ?

La question précédente qui évoque l’analyse d’une œuvre conduit à parler de la façon de corriger un dessin.

L’outil essentiel est le regard ! Il faut apprendre à voir pour être en mesure de corriger un dessin. Regarder avec attention c’est poser son regard sur quelque chose. En photographie on parle de « temps de pose » pour prendre un cliché. C’est-à-dire le temps nécessaire pour que la lumière impressionne la pellicule (photo argentique).

Cette notion de temps de pose est importante. Cela signifie qu’il faut prendre le temps nécessaire pour observer et comprendre son sujet. L’étymologie de comprendre c’est « prendre AVEC » (cum + prehendere en latin) = se saisir que l’on retrouve dans une phrase comme « avez-vous saisi le sens de ma question ? » autrement-dit « m’avez-vous compris ? ». Il faut faire sien, s’approprier le sujet pour le comprendre.

Regarder n’est pas voir… D’aucun font l’erreur de croire qu’il suffit de regarder pour voir les choses : C’EST FAUX ! Regarder pour dessiner exige une attention constante. Dessiner sollicite tout à la fois nos yeux, notre cerveau et notre main. Nos yeux et notre cerveau font le plus gros travail, la main elle se contente de suivre les ordres que lui donne le cerveau sous le contrôle des yeux.

Il faut donc apprendre à regarder pour savoir dessiner et pour être capable de corriger les erreurs de dessin. Toute erreur résulte d’une mauvaise appréciation liée à une mauvaise observation (hâtive, superficielle, incomplète…). Se tromper sur un trait, mal apprécier la distance entre les yeux et le nez sur un portrait n’est pas grave puisqu’il suffit juste d’un simple coup de gomme et de raccourcir ou de rallonger le nez pour obtenir la ressemblance souhaitée.

  1. La critique aide t’elle à progresser en dessin ?

Si tu te réfères à mes deux réponse précédentes la réponse est OUI mais…

La condition sine-qua-none est qu’il faut impérativement que cette critique soit bienveillante.

Il ne s’agit pas d’une attaque au « vitriol » mais d’une aide sous la forme d’un « éclairage nouveau ». Si je parle d’éclairage c’est pour mettre l’accent sur la nécessaire « expertise » de celui qui juge du travail.

Je suis incompétent pour juger de la qualité d’un morceau de musique car mon oreille n’est pas suffisamment éduquée pour repérer les fautes de rythmes, les contretemps, voire même les fausses notes au milieu d’une sonate de Beethoven ou d’un prélude de Bach. A l’inverse je peux me permettre une analyse critique sur un dessin, un pastel ou une aquarelle.

Critiquer c’est analyser un travail en le passant au travers du filtre de notre savoir issu de nos lectures, nos apprentissages et nos expériences personnelles et professionnelles.

Enfin comme je l’explique dans la réponse précédente, l’autocritique peut s’avérer très utile sauf à tomber dans un sabotage systématique en « s’auto flagellant » (je ne suis bon à rien, ce que je fais est nul, je n’y arriverais jamais,  je n’en suis pas capable, etc…). Il faut absolument se débarrasser de toutes nos pensées négatives et limitantes pour être bienveillant avec soi-même (à ne pas confondre avec l’autosatisfaction).

Ni l’autosatisfaction, ni le sabotage, ne t’aideront à progresser !

  1. Comment rester motiver en période de confinement ?

Le confinement pour cause de maladie, de chômage, pour quelque raison que ce soit est une période de mise à l’épreuve qui met à mal nos motivations.

J’ai écrit un long article sur comment lutter contre le découragement (https://apprenez-a-dessiner.com/comment-lutter-contre-le-decouragement/) qui peut s’avérer utile en pareil cas. Rester motiver c’est retrouver l’état émotionnel qui était le nôtre au début de l’aventure. Pour cela il faut remonter le cours du temps, dérouler le film de notre vie à l’envers en répondant à la question « pourquoi ai-je commencé ? ». Je ne vais pas répéter ce que j’ai dit dans l’article cité 4 lignes plus haut mais grosso-modo cela revient à te replonger dans tes souvenirs, faire un « flash-back » sur ta vie.

Pourquoi ce qui te semblait si important pour toi ne le serait plus aujourd’hui simplement parce que tu es enfermé(e) chez toi ? Ce n’est pas logique. Je sais qu’un vieil adage dit que « le cœur à ses raisons que la raison ignore » mais il n’y a justement pas de raisons valables à décrocher maintenant. Plus l’ascension est difficile et plus belle est la vue une fois le sommet de la montagne atteint.

Il y a probablement (pour ne pas dire nécessairement) des artistes que tu admires dans ta discipline ? De grands dessinateurs, de grands illustrateurs, de grands graveurs, de grands pastellistes, de grands aquarellistes. Penses-tu vraiment qu’ils en sont arrivés là où ils en sont sans avoir rencontré des difficultés sur leur route ? Je ne le crois pas !

Recherche sur le net une œuvre de ton « mentor » et imprime la pour l’avoir toujours sous les yeux en te répétant mentalement – ou même à voix haute – que c’est le résultat que tu veux obtenir ! Dessiner comme Rembrandt n’est pas impossible si tu travailles autant que lui…

Honoré Daumier a laissé plus de 4000 lithographies ce qui représente probablement le double ou le triple de dessins dont on ne retrouvera jamais la trace parce que les œuvres sur papier sont particulièrement fragiles et craignent l’eau, les champignons ou le feu plus que tout autre !

Crois-tu qu’après avoir réalisé autant de dessins que lui tu dessinerais aussi bien que lui ? Je n’ai aucun doute de cela. Mais plus un escalier est haut et plus il faut prendre le temps pour le monter une marche après l’autre. Si ton ambition est de dessiner aussi bien qu’Honoré Daumier commence par copier un de ses dessins, puis un second, puis dix, vingt ou cinquante dessins en cinquante jours… mais n’essaye pas de faire cinquante dessins en un jour cela ne servirait qu’à te décourager devant l’ampleur de la tache et ton absence de résultats probants.

Il faut te donner le moyen de tes ambitions et le moyen le plus simple à mettre en œuvre c’est le temps.

  1. Comment déterminer le prix de mon travail ?

Réponse compliquée… qui dépend de nombreux paramètres tels que l’expérience, la technique utilisée, la dimension de l’œuvre, la notoriété de l’artiste et cela a parfois très peu à voir avec le temps passé pour sa réalisation.

Les œuvres sur support papier sont moins cotées que les huiles sur toile ce qui est très injuste à plusieurs titres. D’abord la fragilité du support peut faire qu’il sera plus rare de trouver un dessin d’un ancien Maître qu’une de ses œuvres sur bois ou sur toile qui aura mieux franchit les aléas du temps.

Bien à tort les artistes ont eux-mêmes établis une « hiérarchie » et il n’est pas rare d’entendre dans la bouche de l’un d’eux l’assertion selon laquelle maîtriser la peinture à l’huile est plus complexe que maîtriser l’aquarelle. Je l’invite à se confronter aux meilleures aquarellistes en techniques humides et nous en reparlerons ensuite.

La notoriété de l’artiste est importante dans l’estimation du prix. Un dessin de Salvador Dali coûtera plus cher qu’une peinture sur toile format XXL de ma cousine Berthe ! Quand bien même cette cousine imaginaire aurait peint le chef d’œuvre de sa vie…

La taille de l’œuvre compte aussi dans le prix. Il est plus simple de maîtriser la composition et la réalisation d’un petit format qu’une œuvre de très grand format et cela dans quelque technique que ce soit. Donc le prix dépend de sa taille, plus c’est grand et plus c’est cher.

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Photo by Highwire75

Pour établir une cotation, des artistes peuvent mettre en vente aux enchères publiques une de leurs œuvres. Le prix d’adjudication fera la côte. Une astuce consiste donc à faire monter artificiellement le prix en achetant au prix fort son propre travail avec la complicité d’un ou deux amis qui joueront le rôle d’acheteurs. Le procédé n’est pas très moral mais totalement légal. L’artiste récupère son œuvre et le prix de la vente de l’œuvre diminué des taxes et de la commission du commissaire-priseur. Cela coûte moins cher que faire de la publicité dans les magazines spécialisés ou moins cher que la commission d’un agent et puis un véritable acheteur peut se manifester aux cours des enchères, qui sait ?

Le prix d’une œuvre dépend aussi du marché. Acheter un tableau, un dessin, une aquarelle n’est pas un acte de première nécessité. On achète à manger parce que l’on ne peut pas vivre sans se nourrir, on achète une maison pour se protéger et protéger sa famille. Mais il n’est pas nécessaire d’accrocher un tableau dans son salon pour vivre heureux. On peut être très heureux d’avoir chez soi une œuvre d’Art mais elle n’est pas indispensable à notre survie. Il en résulte des fluctuations à la hausse (ou à la baisse) du prix d’une œuvre suivant les “modes” et la concurrence (surenchères) que se font les collectionneurs entre eux.

Le prix peut aussi varier selon l’endroit où se fait la vente. Si tu achètes une œuvre non encadrée directement dans l’atelier de l’artiste, il sera possible qu’elle soit vendu par celui-ci moins cher que dans un Salon où il aura eu des frais d’inscription, frais de déplacement et frais d’hébergement si il expose loin de chez lui. Les Galeries professionnelles ayant des charges importantes, le prix sera augmenté d’autant.

Il découle de toute cela que le marché de l’Art est difficile à cerner car l’achat d’une œuvre d’art est avant tout un coup de cœur plus qu’un placement financier.

Ainsi s’achève cet article qui je l’espère t’apportera quelques éclaircissements sur des points demeurés jusqu’alors sans réponse. En attendant de te revoir rapidement, surtout prend bien soin de toi et de tes proches. Salutations Artistiques et Amicales. Enfin si cet article t’a intéressé je t’invite à le partager autour de toi.

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