Bonjour je suis heureux de te retrouver une nouvelle fois sur mon blog “apprenez-a-dessiner.com” pour un article sur le croquis d’architecture en plein air. Je vais te parler de la dernière sortie avec mes élèves pour nous rendre au château de Bruyères-le-Châtel en vue de dessiner à l’extérieur. Avec le printemps et l’approche de l’été il faut profiter du soleil bien timide pour aller mettre le nez dehors et dessiner tout ce qui nous entoure. Au début j’avais pensé à nous rendre du coté de la vieille église de Bruyères, mais perdue dans les frondaisons il eut été difficile de la croquer. Alain avec à propos avait judicieusement suggéré de nous “rabattre” sur le château. Bien nous en a pris, merci à lui.

Je te plante le décor, imagine une dizaine de personnes, les bras chargés de sacs, avec des mains au bout des bras et dix doigts au bout des mains. Avec en plus un parapluie en cas de pluie d’orage – c’est prudent actuellement – avec un chapeau sur la tête en cas de soleil (si il y en a aussi parfois), et un siège pliant sous le bras, avançant en colonne vers la porte fortifiée de la demeure seigneuriale. Nous vois-tu ? Je pense qu’avec un peu d’imagination tu nous devines cherchant un petit coin où poser notre “barda”. Petit à petit chacune et chacun trouve sa place. Je dresse mon chevalet de campagne, pose mon carnet de croquis dont le fond en carton fort assure la rigidité et je sors deux crayons aquarellables (sanguine et sépia)… Bonne et mauvaise idée… Au cours de l’exercice quelques gouttes de pluie sont tombées sur mon dessin en faisant quelques taches… Grave ? Non pas grave car c’est justement le but du jeu que de tirer profit des “accidents du directe”… Lorsque l’on dessine ou l’on peint en intérieur, il y a peu de chance de se prendre des gouttes d’eau sur le nez, mais il est possible aussi de renverser une tasse de café sur son travail, ou du thé si tu préfères ce breuvage “very old English”… Bref si j’ai sorti des crayons aquarellables alors que le temps était “instable” c’est que quelque part le défi m’amusait de voir comment me débrouiller avec quelques gouttes d’eau… Je dis bien “quelques” car si la pluie avait tournée au “déluge” alors là c’eut été un “sauve qui peut” général !

L’image correspond elle à ce que tu as imaginé ? Oui, bravo… Mais il te manque la musique… Ferme les yeux, enfin pas avant d’avoir fini de lire ma description… Musique Jamaïcaine façon “steel band”… Tu sais cette musique qui nous vient des îles avec un orchestre qui tape sur des bidons d’où sortent des notes cristallines et aérienne. “J’suis l’poinçonneur des Lilas” ou “les p’tis papiers” de Régine mais façon créole… il manquait le Ti Punch, les acras et les petits boudins pimentés mais l’ambiance était là qui donnait envie de danser: C’est un exploit que de me donner envie de bouger, moi qui ne danse pas ! C’était vraiment très chouette !

Et puis il est arrivé sans se presser… Qui ça ? Zorro ? Non le petit train de Janvry, tout rutilant pour emmener les papis et les mamies qui déjeunaient au château pour le déjeuner des anciens de la commune. Et le soir feu d’artifice mais le soir venu je n’étais pas disponible… dommage.

Et le dessin Jissé, parle nous du dessin ! J’y viens “au train de sénateur” – autrement dit lentement mais surement – je vais analyser le sujet pour toi et te dire les erreurs à éviter. Nous avons une porte fortifiée flanquée de 2 tours rondes, le tout dans le style du XII ou XIIIème siècle. Ce fut le premier sujet spontanément choisi par tous. Une erreur assez commune est le défaut de mise en page, c’est à dire que chacun commence son tracé sur sa feuille sans tenir compte du résultat final et de la place totale occupée par le dessin fini… Contrairement à l’architecte qui commence à construire un bâtiment par ses fondations ce qui semble logique, pour construire ton dessin dans ta feuille je te conseille de faire l’inverse et de commencer par les toitures des deux tours !

Pourquoi ? Parce que c’est le premier élément dessiné qui te donne l’échelle de l’ensemble de ton dessin. Comme je te l’ai dit précédemment l’erreur que j’ai souvent rencontrée est de commencer son dessin sur sa feuille et de se trouver “coincé” par les dimensions du carnet de croquis, alors pour faire tenir l’ensemble du dessin sur sa feuille, on tronque une partie de la toiture ou on raccourci les proportions. Sur un dessin d’architecture cela ne présente pas un trop gros problème mais quand il s’agit de modèle vivant les disproportions sautent immédiatement aux yeux de l’observateur. Des jambes trop petites, une tête  ou un buste écrasé, un bras “atrophié” sont des erreurs “qui ne pardonnent pas”…

Le croquis d’architecture est basé sur des formes géométriques simples qui sont des carrés, des rectangles, des triangles, des cercles, des lignes droites et des courbes. Rien de bien compliqué donc. Pour avoir les bonnes proportions il faut fermer les formes. Un angle peut se prolonger à l’infini, à l’inverse un triangle (trois angles) est une figure fermée ce qui implique que l’on “fige” les dimensions des trois cotés du triangle.

En dessinant la toiture d’une tour on trace ainsi un triangle qui nous donne la largeur de la tour. Pour connaitre ensuite la hauteur de la tour, bras tendu avec ton crayon mesure la hauteur de la toiture et regarde combien de fois cette dimension est incluse dans la hauteur de la tour. Puis sur ton dessin fait la même chose reporte autant de fois que nécessaire la hauteur de ta toiture. Un pinceau à réservoir d’eau a permis d’aquareller le crayon (sanguine aquarellable) pour rendre la végétation afin de donner un arrière plan sur lequel se détache le bâtiment.

Autre astuce. Pour connaitre les aplombs utilise un fil à plomb. Tu n’en as pas ? Fabrique en un avec un fil de laine ou de coton et un petit objet comme un porte clef (attention de ne pas perdre les clefs de ta voiture) voire une gomme ou un taille crayon… Le fil à plomb va te permettre de vérifier que les bâtiments sont bien verticaux. Certaines vieilles constructions peuvent pencher avec le temps car il y a eu des tassements de sol… comme c’est le cas pour la Tour de Pise ou plus proche de chez moi la massive tour carrée de la basilique de Longpont-sur-Orge et surtout la tour penchée de l’Eglise Saint Martin d’Étampes (Essonne). Ce fil à plomb va aussi te permettre de vérifier si les fenêtres superposées sont bien alignées ou t’aider à positionner une lucarne en toiture ou la sortie d’une souche de cheminée.

Un dernier petit conseil: Ne te crois pas obligé de tout dessiner ! Le mur est il en pierres ou en briques ? Si tu n’en dessine que quelques unes, l’observateur comprendra aisément que c’est tout le mur qui est en pierres ou en briques. Si à l’inverse tu dessines toutes les pierres du mur, le regard de l’observateur va se trouver “agressé” car il n’aura aucune zone calme où reposer ses yeux. Dans la vie comme dans le dessin il vaut mieux ne pas être trop bavard pour éviter de fatiguer l’autre !


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