Encore une fois je te remercie et te salue de venir si régulièrement lire mes articles sur mon blog. Il y a quelques temps j’avais écris – avec beaucoup de joie et d’émotions – un texte sur Blanche ODIN, l’aquarelliste de Bagnères-de-Bigorre. Aujourd’hui je vais te parler, avec encore plus d’émotions, d’une aquarelliste qui possède un immense talent, celle qui, pour moi, incarne la digne héritière de Blanche, celle que j’admire pour son oeuvre et son charisme, Maryse DE MAY l’autre Grande Dame de l’Aquarelle !

Alors pourquoi est-ce que je te parle d’elle aujourd’hui, et pas demain ou après demain ? Parce que personne n’est Maître du temps… Je viens de découvrir son nouveau site internet (https://marysedemay.com) sur lequel j’apprends qu’elle fera une dernière exposition personnelle à son atelier – que je connais bien pour y avoir de nombreux souvenirs (comme par exemple l’enseigne à son effigie qui marque l’entrée de sa demeure) – avant de partir s’installer au Morbihan.

UN RENDEZ-VOUS IMPORTANT !

Alors si tu habites la Région Parisienne ne rate surtout pas cette occasion unique de rencontrer celle qui est (en grande partie) à l’origine de l’engouement pour l’Aquarelle en technique humide. Pendant ces 3 jours – du 28 juin au 1er juillet 2019 – sera présentée une rétrospective de ses œuvres de 1982 à 2018, ainsi que des aquarelles et dessins de son mari (décédé en 2006) l’artiste Claude Benezech. Vas-y pour elle (mais pas pour m’y voir car ce n’est pas ma place et je n’y serais donc pas…).

Très jolie femme cette grande “fille toute simple” aurait pu faire du mannequinat ou du sport de compétition. Svelte, élégante, élancée avec de longues jambes, au départ rien ne la destinait plus particulièrement à devenir artiste… Ou plutôt si car les fées se sont penchées sur son berceau.

L’ENFANCE

Montparnasse, le quartier de son enfance est – avec Montmartre – le quartier des artistes comme le sculpteur ZADKINE, ou les peintres CHAGALL, Georgio de CHIRICO, Paul GAUGUIN, mais aussi PICASSO descendu de sa butte Montmartre, ou Fernand LEGER et pour les femmes Marie LAURENCIN. Evidemment elle est beaucoup trop jeune pour avoir approché ces gens là mais la légende de ces illustres artistes berce les rêves de certaine petite fille.

Elle voyait parfois son père imprimeur rapporter à la maison quelques “macules” c’est à dire des “loupés d’impression”. Lorsque les feuilles sortent à grande vitesse de l’imprimante, il peut arriver que l’une d’elle macule d’encre fraîche la feuille qui vient se poser par-dessus. La feuille de papier ainsi tachée est impropre à son utilisation et est destinée à être détruite.

L’enfant est captivée par ces feuilles de papiers d’imprimerie aux couleurs vives, chatoyantes ou pastel qui font la “réclame” (la publicité) de produits de beauté “pour vous faire Mesdames la peau douce et un teint de pèche” ou “avoir des cheveux souples et soyeux comme Grâce KELLY ou Maryline MONROE“. La publicité s’affiche partout dans le métro, sur la plateforme des autobus parisiens, sur les “colonnes Morris”. Adolescente, elle aime l’Art avec passion et son quartier de PARIS aussi.

Ses profs décèlent très vite son jeune talent et elle est orientée vers une année préparatoire à l’Ecole Supérieure des Arts Modernes: Elle est douée mais des problèmes familiaux font qu’elle n’y restera qu’un an. Elle doit renoncer à son rêve pour entrer dans le monde du travail. Elle ne sait pas taper à la machine, qu’importe elle sera secrétaire.

Elle a même pendant un temps travaillé à la MAF (Mutuelle des Architectes Français) et je trouverais “cocasse” qu’à l’époque elle ait tapé un des courriers qu’en tant que jeune architecte il m’arrivait de recevoir de cet organisme professionnel. Aujourd’hui elle en sourit mais je pense qu’à l’époque, le cœur brisé sur ses rêves envolés, elle a dû pleurer parfois.

LES DÉBUTS

Mais quand on s’appelle Maryse DE MAY et que l’on veut quelque chose, on est déterminée à l’obtenir et on ne renonce pas aussi facilement ! Dans les années 1982-1983 elle ressort ses pinceaux et ses couleurs. Elle fréquente régulièrement l’atelier des artistes du vieux Chatres à ARPAJON où elle retrouve une autre aquarelliste débutante: Lélie ABADIE. Plus tard ensemble elles seront les marraines du Salon de Saint Yrieix La Perche, mais ne brûlons pas trop vite les étapes.

Emmanuel BLOT un jeune artiste de l’école d’ARPAJON, disciple du peintre Philippe LE JEUNE, lui enseigne l’art de la composition: L’analyse d’oeuvre des Maîtres anciens l’y aide. Je ne connais personne d’autre que Maryse pour analyser avec autant de finesse, de sensibilité et d’intelligence une oeuvre. C’est ce qui explique avec son charisme, sa gentillesse, et sa disponibilité le succès de ses stages et de ses cours.

Sa première exposition rencontre un franc succès local qui la conforte dans son désir de progresser et d’en faire son métier. Elle décide de suivre les cours pour adultes à l’école des Beaux-Arts de PARIS – mon école – mais à cette date je n’y suis déjà plus, en outre je ne fréquentais pas ces cours qui étaient hors de mon cursus d’étudiant en Architecture. Dans les années “quatre vingt quinze” Claude Bénézech, son mari, fut invité d’Honneur au Salon de Villemoisson-sur-Orge où je réside. J’admirais ces paysages de neige et j’ai alors conseillé à ma mère d’en acheter deux avec quelques autres œuvres.

Encre de Chine sur calque – Cour Bonaparte école des Beaux-Arts de Paris

De nature timide, je m’enhardissais à faire la connaissance du couple. C’était la première fois que j’osais montrer mes dessins à des personnes autres que ma propre famille ! L’exposition terminée, je restais en contact et c’est ainsi que je reçu un peu plus tard un courrier pour m’annoncer l’ouverture de l’atelier d’aquarelle de Maryse. Aussitôt je m’y inscrivis mais à ma grande honte aujourd’hui je dois confesser que je n’étais pas un “bon élève”. C’est-à-dire que comme les bons produits sont chers je me trimbalais avec de mauvaises couleurs bon marchés qui donnaient de piètres résultats. En plus je reconnais être plus doué avec un crayon qu’avec la difficile technique humide pour laquelle il y a tant de paramètres à gérer.

LA CONSÉCRATION

J’ai appris beaucoup avec Maryse – pas pendant mes deux années (1999-2000)  comme mauvais élève – mais en tant qu’accompagnateur à partir de 2007 et co-animateur de la partie dessin sur les stages d’aquarelle qu’elle prodiguait au sein de son atelier et un peu partout en France. Nous avons parcourus les autoroutes et les chemins de traverses de la France entière et même par trois fois nous sommes allés au-delà des frontières de l’hexagone en Belgique) et en Suisse où Maryse exposait dans une galerie d’Art à Montreux au bord Léman. La superbe promenade fleurie au bord du lac lui donne des airs de rivages méditerranéens.

Chaque stage commençait par une courte analyse des travaux apportés par les élèves. Quand il y a 18 élèves a raison de 10 minutes par personne cela fait trois heures de “leçon magistrale” sur la composition, les harmonies de couleurs, le point focal, les intentions de l’artiste, etc… Ce n’est pas pour rien que la presse spécialisée l’a consacrée “Maître Aquarelliste” !

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Tiens parlons-en de la Presse: Artiste Magazine, L’Art de l’Aquarelle ou Pratique des Arts lui ont consacré des pages entières, et même des couvertures ! C’est ainsi que tu peux trouver actuellement en librairie le dernier numéro 145 de Pratique des Arts de mars-mai 2019 dans lequel un reportage avec de nombreuses photographies lui est entièrement dédié (pages 28 à 33 incluses).

Ami(e)s qui me lisez vous ne pouvez pas imaginer la ferveur de ses admirateurs ou de ses “followers” comme on dit sur les réseaux sociaux. Chaque démonstration attirait des dizaines – voire quelques centaines – de passionné(e)s.

J’ai vu un amphithéâtre bondé à Reims où il a fallut installé des moniteurs vidéos à l’extérieur de la salle. J’ai vu des salles combles à Toulouse avec retransmission sur grand écran pour celles et ceux qui étaient au fond, et la même chose à Flers, à Saint-Florent-sur-Cher. Grandes métropoles ou petites villes de Province, toutes étaient conquises et sous le charme comme je le suis toujours aujourd’hui.

Je te l’ai dis, avec son amie et collègue Lélie Abadie, elle fut au démarrage du Salon Internationale de Saint-Yrieix-La-Perche qui prenait son envol alors que Saint-Laurent-sur-Gorre cessait d’exister. Pourtant le “tôlier” de Saint Laurent avait vu les choses en grand en aménageant les dépendances de son château pour accueillir des groupes d’artistes et de stagiaires. A t’il vu trop grand ? Et à Provins, ou à Saint-Yrieix, au contact communicatif de Maryse germait l’idée, chez les élus locaux, d’un Musée de l’Aquarelle comme celui de Llançà en Espagne.

J’espère qu’un tel musée verra le jour et qu’une salle entière sera consacrée à “ma” Grande Dame de l’Aquarelle. Je pourrais même donner quelques œuvres majeures comme “se ressourcer” ou une superbe grande composition avec des “Iris et des Magnolias”, et même un beau portrait de sa fille Charline ou encore le portrait d’un barbu que je connais bien… Le mien, et d’autres encore la plus part acquis avant de faire “équipe” avec elle.

Elle fut l’invitée d’Honneur de nombreux grands Salons (Saint Yrieix, Rochemaure, Toulouse, Reims, Saint Florent sur Cher, et tant d’autres) qui se mélangent dans mes émotions et dans ma mémoire. Nous avons donné – deux fois – une conférence sur l’Histoire de l’Aquarelle. A cette époque nous étions encore les seuls à le faire et sauf erreur de ma part peu l’on fait après nous. Elle a exposé en galerie à Brioude (avec Xavier Swolf second invité d’Honneur – galerie fermée), à la galerie du Vert Galand à Paris (exposition collective sur les chats), et à la galerie Entre Sable et Bruyères (Sully-sur-Loire – galerie fermée).

Chez Ulysse Editions sont parus deux Best Sellers “Mon aventure avec les fleurs” en 2003 et “Peindre avec ses sentiments” en 2005 – sans cesse réédités depuis leurs parutions. En auto édition elle a publié aussi “Secrets à partager” et “Précieux Portraits” et sa “Méthode MDM” qui explique pas à pas son processus de création autour des “fondus”. Enfin un DVD vient compléter le tout. Tu peux trouver tous ces précieux documents sur son site “https://marysedemay.com

EPILOGUE

Un jour de novembre 2006, quelqu’un à écrit ces mots sur la page de garde d’un très beau livre (Peindre avec ses sentiments) ” A Jean-Claude pour te conduire sur les chemins de la poésie aquarellés… Avec toute mon amitié…”.

Les chemins de la poésie – qu’ils soient aux couleurs de l’aquarelle ou pas – je les parcours sans cesse en tous sens dans mes rêves les plus fous avec le secret espoir d’y retrouver cette personne… Je ne sais pas le temps qu’il me reste à vivre et peu m’importe car pour moi le temps a cessé d’exister le 6 juin 2016. La vie est comme le ressac de la vague qui emporte au large ce que l’instant d’avant la vague avait déposé sur le sable mouillé… “la vie c’est comme ça !“.

Mes pas ne me conduiront pas en Bretagne où désormais personne ne m’attend. Cependant mes pensées, mon esprit, mon cœur et mon âme ne cesseront jamais – jusqu’à mon dernier souffle, et après – d’accompagner celle qui fut, celle qui est et celle qui restera pour l’éternité “Ma” Grande Dame de l’Aquarelle à l’égale de Blanche Odin ! Aimer c’est comme ça !

DERNIER RAPPEL !

  • Note précieusement sur ton agenda ton Rendez-Vous avec Maryse pour sa rétrospective du 28 juin au 1er Juillet 2019 au :


6 thoughts on “Maryse De May l’autre Grande Dame de l’Aquarelle

  1. je cautionne entièrement ce superbe article consacré à MDM .J”‘ai eu la chance de la rencontrer justement à ….St.Laurent sur Gorre avant la disparition du site géographique Elle est une personne remarquable comme on en rencontre peu dans notre milieu artistique

    1. Bonjour,

      Et un TRÈS GRAND MERCI pour ce témoignage spontané…

      Etant donné ma relation à Maryse on pourrait me penser de parti pris – certes je le suis bien évidemment un peu – mais il n’en demeure pas moins qu’elle est une ARTISTE (en majuscules !) avec un très grand cœur. Elle donne beaucoup de sa personne dans ses cours et dans ses stages… Elle a fait longtemps passer son Art avant sa propre santé et cela se paye un jour ou l’autre…

      Belle et bonne journée à toi.
      Bien Amicalement
      Jissé

  2. Merci pour cet article ; Maryse est mon aquarelliste préférée .J’aime son travail et surtout ses portraits .Je possède ses méthodes et son livre “précieux portraits’. Ayant pris des cours sur Evry , elle avait une grande réputation ,dommage qu’à l’époque je ne m’intêressais pas à l’aquarelle …Je parle beaucoup d’elle autour de moi car tout le monde ne la connait pas en Charente maritime … IL y a un salon d’aquarelle chaque année a Arvert , peut-être pourra-t-elle y exposer ?
    Cordialement
    Chantal

    1. Bonjour Chantal,

      Merci à vous pour votre visite, merci pour votre commentaire et merci pour votre intérêt pour les aquarelles et les portraits de Maryse.

      Si vous possédez “Précieux portraits” vous trouverez ma tête de barbu en page 26… Les cheveux étaient un peu plus noirs… maintenant ils sont un peu plus gris… Ce portrait que j’adore elle me l’avait offert pour un anniversaire… Il m’est donc très précieux – non parce que c’est ma tête qui y figure – mais pour tout ce que ce portrait représente à cette époque de ma vie.

      J’ai reçu il y a quelques temps une proposition de participation à un Salon et il me semble bien que c’est justement celui d’Arvert mais comme je suis très “bordélique” (ce qui me valait les remontrances à juste titre de Maryse) j’ai égaré ce courrier… que je retrouverais évidemment après la date d’inscription.

      Si je remets la main dessus je lui transmettrais mais je n’ai plus beaucoup d’influence sur ses choix… A supposé que j’en ai jamais eu ?

      Bien amicalement
      Jissé

      PS: RECTIFICATION… J’ai remis la main sur mon invitation, il s’agit du Festival International de Magné dans le Marais Poitevin qui aura lieu les 20 et 21 juillet donc rien à voir avec Arvert.

  3. Félicitations pour cette article remplit de sensibilité, d’amitié et d’Amour. Que de beaux souvenirs il te restent. A mon grand regret, je n’ai pas profité longtemps de son enseignement. Ces cours exceptionnels insufflés avec une grande délicatesse qui vous font progresser à grand pas. Merci Maryse ! Bon vent dans cette nouvelle aventure Bretonne.

    1. Bonjour Christian,

      Merci pour ton commentaire sympathique.

      Oui il me restent les souvenirs… Heureusement – ou malheureusement – ils sont emprunts chez moi de nostalgie, de regrets, mais aussi de beaucoup de Bienveillance, d’Amitié et d’Amour pour la femme et pour l’artiste qu’elle est, ce qui fait un bien curieux mélange.

      Tu n’as pas profité longtemps de son enseignement, j’eusse aimé également qu’il dure plus longtemps cela aurait voulu dire qu’elle restait proche de moi (du moins géographiquement) mais Maryse en a décidé autrement et je respecte sa décision. Je lui souhaite beaucoup de bonheur là où elle posera ses pinceaux et ses couleurs.

      Bien amicalement
      Jissé

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