Bonjour à toi, merci pour ce nouveau rendez vous autour du plaisir du dessin. Aujourd’hui je te montre comment dessiner un paysage au pastel. Tout d’abord un petit mot du matériel. Personnellement j’utilise plusieurs marques de pastels secs :

Les pastels Sennelier car j’aime leur produits mais aussi il y a un attachement “sentimental” qui me vient de mes années de fréquentation de l’Ecole des Beaux-Arts. La petite boutique de Sennelier se trouve Quai Malaquais (en fait pour être exact le quai Malaquais se termine là où commence le Quai Voltaire avec la petite boutique Sennelier au charme d’antan). Les pastels Sennelier offrent une très riche palette de tons subtils et délicats mais ils sont parfois  fragiles car très tendres pour beaucoup.

NOTA BENE: Si tu as déjà fais de la peinture à l’huile, ou du moins si tu t’y intéresses, tu as forcément entendu parler de la règle “gras sur maigre” qui veut que chaque couche de peinture soit plus grasse que la couche sur laquelle elle repose. Pourquoi? Cela de façon à ce que la couche du “dessous” sèche avant celle du dessus afin d’amener une cohésion entre les pigments et éviter les effets de craquelure d’une couche superficielle qui sécherait avant que la couche précédente ne se soit parfaitement stabilisée. En pastel, comme il existe plusieurs degré de dureté qui vont de “très tendre” (qui se désagrège facilement) à très dur, il convient de dessiner tendre sur dur – et non dur sur tendre – car dans ce second cas de figure, le bâton de pastel dur agirait comme le soc d’une charrue en “creusant un sillon” dans la couche plus tendre, ce qui abîmerait le travail précédent… Fin du “nota bene”.

Les autres pastels secs que j’emploie aussi sont les pastels Girault que j’apprécie beaucoup, ainsi que les pastels Rembrandt de Royal Talens, et les crayons pastels « Pitt » de chez Faber-Castell. Les crayons ont l’avantage d’offrir une touche précise comme par exemple dessiner les moustaches d’un chat ou les sourcils dans un portrait.

Le Support: Pour débuter au Pastel je te conseille d’utiliser un papier qui a fait ses preuves depuis longtemps mais reste d’un bon rapport qualité/prix, c’est le “Mi-Teinte de chez CANSON”. Choisi une couleur neutre gris bleuté comme le “Bleu Clair” référencé 490 par exemple. J’ai travaillé d’après photo.

PREMIÈRE ÉTAPE: LA GRISAILLE

Cela consiste à mettre en place le dessin sous la forme d’une “grisaille” c’est à dire un dessin uniquement en valeur de gris, noir et blanc afin d’établir la position des ombres et des lumières notamment au niveau des arbres (le blanc figurant la lumière sur le feuillage) et le fusain noir les ombres projetées au sol. Le blanc permet aussi de figurer la masse des nuages. A ce niveau là il n’est pas nécessaire de faire trop détaillé, au contraire en étant trop “bavard” on complique inutilement le dessin.

DEUXIÈME ÉTAPE: LA COULEUR

Cette étape correspond aux premiers jus en peinture. Il s’agit de poser les couleurs principales en oubliant les “petites” nuances qui interviendront plus tard. Cela permet d’avoir une vue générale du tableau afin d’en définir une harmonie générale. Si ce n’est pas déjà fait c’est à cette étape que l’on se fixe un point focal (le point d’intérêt où l’on souhaite que le regard de l’observateur s’attarde).

TROISIÈME ÉTAPE: LES NUANCES et les CORRECTIONS

Nous voici arrivé à l’étape du “peaufinage” dans laquelle on vient introduire les nuances et variations de couleurs pour enrichir le tableau. Le nuage est un élément important du tableau mais pour rompre cet effet de grosse boule de coton il convient d’introduire des nuances colorées en jouant sur les complémentaires (jaune + violet) afin de réchauffer le blanc du nuage et accrocher la lumière sur le dessus (B). En cours d’exécution du pastel certains éléments qui n’existaient pas à l’origine ont été rajouté… Mais en prenant l’indispensable recul pour analyser le travail effectué les deux bottes de paille semblent “faire comme deux boucles d’oreilles à l’arbuste du premier plan ce qui est mauvais (A).

RÉSULTAT FINAL:

J’ai donc pris les décisions suivantes pour améliorer le tableau:

  • Suppression de l’une des deux bottes de paille (A)
  • La masse du nuage est trop imposante et “écrase” le paysage. J’ai donc pris la décision de la fractionner pour réduire sa masse.
  • Pour harmoniser le ciel avec la terre j’ai choisi de placer des touches de bleu ici et là dans l’herbe et dans certaines ombres.
  • Enfin dans le lointain je viens placer dans le creux au dessus de la frondaison une légère nuance de jaune comme pour créer un effet de soleil couchant à l’horizon.

Tous les pastellistes ne passent pas nécessairement par toutes ces étapes. Certains oublient l’étape de la grisaille pour se consacrer aussitôt à la couleur… Pourquoi pas ? Seul compte le résultat final et le plaisir que tu prends avec les craies de pastel. Je ne te dis pas ceci est la seule et unique façon de travailler car ce n’est pas vrai: Il y a autant de façons de faire qu’il y a de pastellistes et chacun détient “sa” vérité qui pour autant n’exclue pas les “autres” vérités. Teste, explore, trompe toi et recommence. Fais tienne la technique qui te convient le mieux car ce sera la seule qui te donnera satisfaction et te rendra heureux ! Bon pastel à toi en attendant de nous revoir très vite pour un nouvel article.


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