Avec l’Hiver voilà une belle occasion de faire des aquarelles de neige et plus particulièrement un paysage de montagne à l’Aquarelle. En plus, avant d’avoir commencé tu as presque déjà terminé puisque la neige c’est le blanc du papier… Alors pas belle la vie (ou pas beaux les lavis…) ? Puisque tu débutes en aquarelle je te conseille de travailler sur un tout petit format « style carte postale » car plus le format est petit et plus il est facile de maîtriser son sujet. De plus, tout ce que tu vas apprendre en petit est reproductible en grand sauf que lorsque le format augmente plus le temps de séchage semble s’accélérer… En fait le temps de séchage est proportionnellement sensiblement le même sauf que la surface à couvrir en peinture étant plus grande il faut aller d’autant plus vite pour parcourir toute la feuille avec le pinceau avant que cela ne sèche. J’oserais un raccourci “audacieux” qui serait de dire: Le petit format se travaille dans le temps de la réflexion tandis que le grand format est à réserver pour le temps de l’action. Ce qui veut dire que, plus tu travailles grand et plus tu dois réfléchir à ce que tu vas faire avant d’agir !

MATÉRIEL UTILISÉ :

  • Papier Arches 300 gr. (mais pas tu n’as pas d’obligation d’avoir le même papier que le mien…). Il faut respecter le grammage en sachant que plus la surface est grande et plus il est important d’avoir un fort grammage (300 à 600 gr.) ce qui est moins important sur un tout petit format (à partir de 160 gr. possible).
  • Crayon HB, gomme souple caoutchouc (pas de gomme dure abrasive et pas de gomme plastique, ni de gomme mie de pain).
  • Pinceau petit gris
  • Boite d’aquarelle de voyage (godets) pour un petit format. Tubes pour les grands formats et palette.

Je veux d’abord te dire un petit mot sur la composition car c’est un sujet important aussi bien en dessin qu’en peinture. J’ai déjà parlé de la « loi des 1/3 » et je t’invite à consulter les articles qui s’y réfèrent.

En observant l’image ci-dessus on constate :

  • Une composition en « V ».
  • La ligne des chalets comprise entre le premier et le second tiers
  • La pente des montagnes lointaines passe par un « point d’or »
  • L’arrête du deuxième bâtiment est positionnée sur une ligne de 1/3
  • La crête des sapins est située sur des lignes de 1/3

J’explique la raison de ses choix :

D’abord la composition en « V » créé une perspective qui creuse et éloigne les lointains. Le regard vient automatiquement se poser dans le creux pour remonter ensuite la pente et s’arrêter sur l’enchaînement des trois bâtiments puis par la toiture glisser vers la ligne des sapins mais la masse sombre retient encore le regard dans la composition pour s’élever et parcourir le ciel.

Pour en avoir déjà parlé je ne m’étendrais pas sur le nombre d’or et les points d’or situés à l’intersection des lignes de 1/3 mais il est facile de constater que j’ai respecté cette règle sans pour autant qu’elle soit perçue comme une « rigidité » ou une « contrainte ».

L’équilibre de la composition : La grille des 1/3 créé des surfaces rectangulaires. Lorsque l’on compare la surface du ciel avec la surface des montagnes on constate que la terre et le ciel sont à peu près à surfaces égales dans ce dessin sans pour autant se limiter à un simple partage de la feuille en deux par une ligne horizontale délimitant le ciel et la terre.

L’équilibre des valeurs : De la même façon en comparant les surfaces on s’aperçoit qu’aux valeurs les plus sombres (toitures et sapins) s’oppose le blanc du papier (la neige) le tout pondéré par une valeur moyenne (le ciel). La surface des valeurs sombres est à peu près identique à la valeur du blanc papier. La ligne des sapins en bas à gauche suit la ligne des montagnes ce qui est normal ici puisque les pentes des montagnes sont sensiblement identiques (ce qui peut ne pas être toujours le cas).

Je vais répondre tout de suite à la question qui te préoccupes. « Jissé dois-je me livrer à tous ces calculs de surface avant de me lancer dans mon dessin ou dans ma peinture »? La réponse est NON bien évidemment, sinon personne (à commencer par moi) ne se lancerait dans la peinture ! Mais il est agréable de vérifier à postériori que ce qui nous avait semblé fonctionner « à l’œil » ou au « pifomètre » répond bien aux règles de la composition…

Au blanc du papier correspond la plus forte valeur sombre (les toitures) des bâtiments. Ce fort contraste donne au blanc de la neige plus de présence et d’intérêt. L’œil est attiré par la valeur sombre mais glisse ensuite vers le blanc du papier pour s’y reposer.

La perspective atmosphérique : La perspective n’est pas uniquement un dessin répondant à des règles géométriques mais aussi à des règles de valeurs. Lorsque l’on observe un paysage dans la nature, les lointains nous semblent atténués comme si ils sont dans une sorte de brouillard. C’est effectivement le cas. La pollution et toutes les particules en suspension dans l’air (pollen, poussières) créé un écran qui filtre la lumière, les couleurs et les valeurs paraissent atténuées dans le lointain. Une façon donc de rendre la perspective dans un paysage est d’employé un dégradé de valeurs pour le dessin et l’aquarelle. A chaque plan on fait correspondre une valeur:

  • Les premiers plans avec une valeur foncée qui rapproche car le regard se porte d’abord dessus.
  • Les plans intermédiaires avec une valeur moyenne.
  • Les plans éloignés avec une valeur claire qui éloigne car le regard les découvre après les valeurs foncées et moyennes. Bien évidemment nous avons l’impression que le regard découvre tous ces plans en même temps alors qu’en fait le regard et le cerveau hiérarchisent les valeurs et les plans du plus foncé vers le plus clair créant ainsi un effet de perspective par les valeurs.

Mode d’emploi : Commence par tracer d’un trait léger le dessin du paysage, la pente des montagnes et les 3 chalets. Mouille généreusement avec un gros pinceau la partie supérieure en « V », celle qui représente le ciel. Evacue l’excédent d’eau en inclinant ta feuille de papier au-dessus du pot à eau. Puis avec ton pinceau chargé d’eau prend un peu de bleu de Cobalt ou même du Bleu Outremer sur la pointe et promène ton pinceau dans le ciel en réservant des zones vierges. Accentue la valeur de certaines zone en posant plus longtemps la pointe chargée de couleur et laisse la diffuser sur le papier humide, au besoin fais circuler la couleur de la pointe du pinceau. Ton papier doit être brillant humide mais sans excédant d’eau. Après avoir fais circuler la couleur en laissant des zones blanches vierges. Laisse sécher. Ensuite c’est le moment de travailler les lointains. Pour le vert des sapins je t’invite à relire mon article sur comment peindre un sapin à l’aquarelle

Les premiers plans doivent toujours être peint en dernier. Dans la Nature il y a les plans lointains, les plans médians ou intermédiaires et les avant plans ou premiers plans. C’est dans ce même ordre que tu vas construire ton aquarelle. Si tu regardes attentivement les chalets tu devrais voir le bleu du ciel (sur le toit du second chalet et le pignon du troisième). C’est très important de laisser le fond transparaître dans ton sujet car c’est de cette façon que l’on intégre son sujet dans la composition. En effet, si tu ne retrouves pas un peu de la couleur du fond dans ton sujet principal celui-ci semblera “rapporté” ou “plaqué” sur le fond. Termine ton aquarelle par les piquets en bois et les fils de fer (en bas à droite sur le champ de neige), ils sont tracés à sec avec un pinceau très fin.

Je n’ai – pour cette petite aquarelle – plus grand-chose à dire, sinon que la seule et unique façon de réussir c’est de te lancer et de recommencer aussi souvent que nécessaire jusqu’à ce que tu sois satisfait du résultat. Ne penses-tu pas que cela ferait un sujet sympa pour tes prochaines cartes de vœux? J’attends la mienne avec impatience 😉 en attendant de te revoir ici très vite.


Si cet article te plait, partage le avec tes ami(e)s. Merci.

2 thoughts on “Un paysage de montagne à l’Aquarelle

    1. Bonjour et merci de ce commentaire. L’aquarelle comme le pastel sont de vrais sources de plaisir. Dans un cas (le pastel) les fondus se font avec la paume de la main pour mixer les grains de pigments entre eux. Dans le cas de l’aquarelle c’est l’eau qui va véhiculer les pigments et les faire migrer et mixer entre eux. Dans ce second cas il y a toujours un peu la surprise de voir les couleurs se mélanger sur le papier alors que dans le cas du pastel le fondu s’arrête dès que je cesse de fondre les couleurs à la main. Je vous souhaite de belles surprises.
      Bien amicalement.
      Jissé

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