Rapido Késako ? Voilà qui pourrait être le slogan d’un « fils de pub »… Le mot « rapido » est l’abréviation de « rapidograph » qui est un des outils du dessin technique et industriel. C’est un stylo à encre qui se compose :

D’une pointe avec son capuchon

D’un réservoir à encre

D’un corps sur lequel se visse la pointe

La pointe elle-même se compose d’une partie fixe tubulaire, et une partie mobile constituée d’une masselotte métallique et d’un « fil d’acier » qui coulisse librement dans la pointe tubulaire et sert à canaliser l’encre jusqu’au bout de la pointe. Sur les pointes très fine 0,1 ou 0,15 ou 0,2 ce fil d’acier est extrêmement fragile tout comme la pointe. Le risque est de le casser ou de le tordre lorsque l’on nettoie la pointe. IL FAUT EVITER QUE L’ENCRE NE SECHE ET COLLE LE FIL DANS LA POINTE TUBULAIRE car c’est à ce moment là que le filament d’acier peut être endommagé…

Comment faire pour éviter cela ? La seule solution, l’entretien de son matériel:

D’abord il faut nettoyer la pointe du rapidograph après chaque utilisation. Lorsque l’encre est fraîche de l’eau savonneuse suffit au nettoyage. Par contre si l’encre a séchée – ce qui arrive souvent – il existe des solvants pour l’encre de Chine. Il faut donc laisser tremper plusieurs heures la ponte dans le solvant. Une bonne idée est de mettre la pointe dans le solvant avant d’aller se coucher et la laisser tremper pendant que l’on dort comme cela il n’y a pas de temps « perdu ». Mais un bon conseil ne fait pas la même sottise que celle que j’ai faite pour écrire cet article. A savoir ne met pas ta pointe de Rotring dans l’eau bouillante en pensant décoller l’encre sèche car elle ne résistera pas à la chaleur et le plastique va se déformer : Erreur fatale !

J’ai abîmé et cassé beaucoup de pointes lorsque j’étais étudiant en « Archi » et le risque le plus courant était de faire tomber de ma table à dessin – lorsque j’en changeais l’inclinaison – un rapido sur le parquet… Immanquablement il tombait toujours sur la pointe qui se tordait. C’est en essayant de redresser la pointe qu’elle risque de casser mais si on ne tente rien alors la pointe est inutilisable donc il n’y a pas d’alternative possible… soit ça passe soit ça casse !

Heureusement il est possible de n’acheter que la pointe seule. L’économie réalisée n’est pas considérable car c’est évidemment le mécanisme de la pointe qui coute cher et non le corps du stylo, mais il n’y a pas de petites économies.

Je possède des ROTRING mais aussi quelques CASTELL TG de chez FABER CASTELL (made in Germany) qui appartenaient à mon frère. La différence que je constate réside essentiellement dans le fait que les cartouches ou réservoirs chez Faber Castell ont un diamètre très légèrement inférieur mais sont plus longs que chez Rotring.

En 1931 Rotring dépose un premier brevet pour une pointe tubulaire. C’est la naissance de l’ancêtre du « rapido » qui se répand rapidement dans le petit monde du design industriel Allemand (le Bauhaus). La petite firme Allemande connait peu à peu une expansion dans les années d’avant guerre mais c’est dans les années 50 que vraiment le « rapidograph » apparaît et déménage son siège aux USA en 1954 pour diffuser largement son invention dans le monde.

En 1958 survient la seconde génération de ces stylos techniques avec le Rotring « VARIANT ».

Avec son corps noir qui permet de fixer deux pointes à chaque extrémités ce stylo est une révolution puisqu’il est ainsi possible de dessiner avec une pointe fine 0,2 et de faire « des aplats » noirs en utilisant une pointe à plus large diffusion comme un 1,0 ou 1,2. Je possède encore quelques exemplaires de cette « antiquité ». Le seul inconvénient à tous ces stylos sont l’éclatement du pas de vis du corps du stylo qui fini par se fendre si on visse la pointe un peu trop fort.

Il existe quelques accessoires comme un adaptateur pour pouvoir utiliser les pointes de Rotring avec un compas. A noter que les anciens Variants se vissent sur les adaptateurs Rotring mais que les Faber Castell eux ne sont pas compatibles. Toutefois le mieux pour tracer les petits cercles reste encore les « grilles à ronds » (paire et impaire). Il existe divers grilles à tracer, les plus répandues étant les grilles trace-lettres, les grilles à ronds, les grilles à ellipses, les grilles d’architecture pour le mobilier, les figures géométriques (carrés, polygones, etc..), etc…

Ces stylos techniques à pointes fines en acier sont parfaits pour des dessins à l’encre de Chine à la façon des gravures anciennes. Les traits sont réguliers et il est très rare (ce qui ne signifie pas impossible) que les pointes « bavent » et fassent des taches. Cela ne m’est arrivé que très épisodiquement en plusieurs années d’utilisations quasi quotidiennes.

Mes Rotrings avaient pris une retraite prématurée mais en rangeant mon ancien atelier je suis tombé dessus et je compte bien leur faire reprendre du service par plaisir du moins si je ne les « flingue » pas en les nettoyant… En attendant je te souhaite de découvrir un jour ces merveilleux outils que ce soit pour du dessin d’Architecture – si tu travailles encore « à la main » – ou des croquis artistiques. Je te dis à très bientôt et partage cet article s’il t’a plut. Merci.

heurtoir-vosges

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4 thoughts on “Le rapidograph

  1. Ohhh ca fait un bon moment que n’utilise pas un comme ça! Merci pour les souvenirs. Merci pour tonblog. ⭐

    1. Bonjour et merci à toi.

      Il y avait aussi le Graphos de chez Pelikan avec ses plumes interchangeables pour faire des traits de différentes largeurs et notamment pour « pocher » les murs sur les plans d’archi.

      J’ai gardé tout cela mais je ne les ai pas utilisé depuis 35 à 40 ans !!! Oups…

      Bien cordialement
      JC

  2. Bonjour ! Je lis sur ton post que tu as été etudiant en archi. Perso j’utilise les aristos MG1 pro et à chaque fois que j’en utilise un avec une règle, patatras ça bave systématiquement… Et je fais beaucoup de dessin assez technique avec des traits droits… J’utilise du papier à faible absorbtion et c’est peut-être ça mais si j’utilise un autre papier, imprimante 80g par ex, mon rapido se vide en 10 minutes… Mais c’est pourtant un stylo d’archi à la base ?!? On doit bien pouvoir utiliser la règle…

    1. Bonjour Antoine,

      Pardon pour mon retard à répondre à ton commentaire. Oui j’ai même passé mon diplôme d’archi il y a… longtemps 😉

      J’utilisais des rapidos « Rotring »… Avec ma planche à dessin inclinable j’ai « flingué » un certain nombre de pointes 0.2 qui se plantaient dans les lames de mon parquet… Et difficile de les redresser sans les casser !

      Les règles ont une petite « gouttière » (le mot n’est pas celui qui convient le mieux pour définir le fait que le bord de la règle ne frotte pas directement sur le papier afin d’éviter en bougeant de salir son trait).

      Je dessinais sur du calque, comme beaucoup de confrères, afin de donner les plans à reproduire au tirage et pouvoir les distribuer aux entreprises ou aux administrations pour les permis de construire. Aujourd’hui avec les ordinateurs, les choses ont évoluées puisque l’on dessine sur écran et l’outil informatique aide pour tracer les perspectives.

      Et l’apparition de l’IA va encore bousculer le dessin d’archi et les plans ainsi que les imprimantes 3D pour les maquettes… et même les casques de réalités virtuelles. Bref je suis un dinosaure et le monde évolue très vite.

      Bien amicalement
      JC

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