Je ne sais pas pour toi mais moi il m’arrive de traîner mon nez dans les groupes FaceBook ou les forums d’aquarelle. L’autre jour j’y ai relevé une question que je livre à ta réflexion et je te partage la mienne.

« Comment faites-vous pour reproduire une esquisse trouvée sur des revues? J’ai un peu de mal avec le dessin, il y a le quadrillage mais j’ai peur que cela ne marche pas pour l’aquarelle…. Merci pour vos réponses. »

Cette question comme toujours sur les groupes et les forums – lorsqu’il s’agit d’aquarelle – porte en elle-même une charge émotionnelle importante. En fait ce n’est pas tant la question qui véhicule une émotion mais c’est la charge affective personnelle que chacune et chacun met dans sa réponse: L’aquarelle est toujours affaire de passion et ne laisse personne indifférent ! Parmi les solutions proposées – qui toutes sont valables – je citerais:

  • Le Calque: Excellente solution à la condition que cela ne soit pas appliqué à calquer directement la photo mais, bien évidemment, à calquer ton dessin. Bien souvent l’objection avancée pour calquer la photo est la suivante : « Je n’aime pas le dessin mais j’adore l’aquarelle… ». OK très bien je te comprends.

Essayons de voir ensemble pourquoi tu n’aimes pas le dessin ?

  • « Parce que c’est en noir et blanc»: Faux car tu peux aussi dessiner avec des crayons de couleurs aquarellables. Voir mon article à ce sujet.
  • « Parce que c’est fastidieux» : Oui si tu dessines poil à poil le portrait de ton chat, mais personne ne saura (pas même ton chat) si tous les poils sont représentés… Est-ce que mouiller la feuille de papier, mettre du drawing-gum, préparer les couleurs sur ta palette sont fastidieux ? Non car ils sont quelques étapes de ton aquarelle, hé bien le dessin est tout simplement la première étape de ton aquarelle, pas la seconde ni la troisième. Tu ne peux pas dessiner sur une feuille mouillée donc l’étape du dessin est primordiale, cruciale, INCONTOURNABLE (sauf à faire de l’abstraction ce qui reste encore assez rare à l’aquarelle. Il y a bien sûr la talentueuse Nicole B. mais je n’en vois pas beaucoup d’autres au niveau professionnel car certains, comme Ewa Karpinska, tirent vers l’abstraction mais la base demeure figurative.
  • « Parce que je ne sais pas dessiner » : Evidemment, si chaque fois tu décalques la photo du magazine, tu n’es pas prêt(e) d’apprendre…
  • «  Parce que mon prof d’aquarelle m’a dit qu’il n’est pas nécessaire de savoir dessiner pour peindre ». C’est vrai, et il te l’a dit parce qu’il ne peut pas enseigner ce qu’il ne sait pas faire. Si ton “prof” ne sait pas dessiner, alors il va te dire que le dessin n’a aucune importance en peinture, et toi tu t’es laissé’e) convaincre d’autant plus facilement que tu n’étais alors pas motivé(e) pour apprendre à dessiner à ce moment là. Son discours a trouvé un écho en toi.
  • C’est une erreur répandue chez quelques aquarellistes débutants (ou pas) de croire que le dessin est inutile pour peindre. Toi, commets tu cette erreur ? Pourtant beaucoup l’été visitent les Salons d’aquarelles et admirent les œuvres de: Maryse De May, Jean-Louis Morelle, le sémillant Igor Sava, le couple Viktoria et Slawa Prishedko, la souriante Martine Jolit, Isabelle Fournier Perdrix, les paysages de Christine Chréhalet, Thierry de Marichalar, Marc Folly, les portraits d’Olivier Philippot, David Chauvin, Joëlle Krupa-Astruc, les roses de Jean-Claude Papeix, Janine Gallizia, Isabelle Cransac, le regretté Fernand Lamy, Annie Chemin et ses paysages de neige, Fernand Thienpondt, Roland Palmaerts et Odette Feller, et mes amis Normands Daniel Bazille et Joël Simon. Parmi tous ces très grands aquarellistes amis, en connais-tu un seul qui ne sache pas dessiner ? Je te demande juste de me citer un nom ? La réponse me semble évidente: Si tu les admires, si tu suis des stages avec certains d’entre eux, si tu achètes leurs livres ou leur DVD c’est parce qu’ils maîtrisent la technique du dessin et de la peinture. Donc la prochaine fois que tu entends quelqu’un te dire qu’il n’est pas nécessaire de savoir dessiner pour faire de l’aquarelle penses à ceux que tu admires (dans la liste que je viens de citer) et tu auras la réponse…
  • « Parce que… »

    CESSE DE TROUVER UNE EXCUSE,
    COMMENCES A CHERCHER UNE  SOLUTION !

  • Tracer un cadre autour et prendre des repères sur ce cadre : Excellente méthode qui effectivement va aider à réaliser ton dessin mais je ne te recommande pas de le faire directement sur ta feuille d’aquarelle.
  • Le Quadrillage: Aussi nommé “la mise aux carreaux”. C’est une vieille méthode qui à fait ses preuves mais si tu me lis régulièrement tu sais que je suis un peu critique à ce sujet du fait que ce qui fait la force de cette méthode en fait aussi sa faiblesse. En effet quel est le point commun entre la photo d’une gamine jouant à la corde à sauter, un paysage de montagne et un bouquet de fleurs ? Aucun sauf qu’ils sont des sujets que tu souhaites peindre. Cherches plutôt les lignes directrices et les lignes de composition de chacun de ces sujets. En faisant ainsi tu forces ton cerveau à réfléchir et travailler alors qu’une grille s’applique sur n’importe quel sujet sans aucune réflexion. Comprends-tu mieux ma réticence ? Tu as un cerveau, utilise-le !
  • La Table lumineuse: Bon outil dont je reparlerai dans un prochain article mais attention pour fonctionner de façon optimum tu ne dois pas utiliser une feuille de papier aquarelle avec un grammage trop fort. Impossible de travailler avec une feuille de 600 grammes trop épaisse qui ne laissera pas passer la lumière ou alors cette source de lumière c’est le projecteur d’une batterie antiaérienne de la DCA ! Même si la lumière est douce et constante à la longue elle fatigue les yeux donc tu ne dois pas y rester des heures et tu dois régulièrement faire une pause pour relaxer ta vision. Et là encore pas question de l’employer directement sur la photo mais sur ton dessin.

 

MA SOLUTION : Dessine effectivement un cadre autour de l’image que tu veux reproduire. Trace les lignes de forces de l’image, celles qui la structurent. Exemple sur un personnage qui court trace une ligne verticale qui passe par le sommet de la tête, une sur la jambe en appui au sol et une autre sur la jambe en mouvement puis une dernière ligne au niveau des bras. Reporte ton cadre et les repères sur ton bloc dessin.
Dessine en oubliant ta gomme : Tu n’en as pas besoin c’est un brouillon ! Ensuite prend une feuille de calque, deux petits bouts de scotch pour éviter qu’elle ne glisse. Applique-toi car si tu as mis du temps à bien dessiner ce serait bête de tout gâcher en calquant n’importe comment. Une fois reporté ton dessin sur le recto (la face supérieure ou face avant) retourne ton calque sur le verso (l’envers) et redessine toujours avec le même soin ton dessin. Surtout pas de « poncif » – tu sais, noircir le dos du calque avec ton crayon parce que lorsque tu vas poser ton calque sur ta feuille d’aquarelle cette zone noire va la salir… Précisément tu as fait un brouillon que tu as décalqué avec soin pour garder ta feuille d’aquarelle vierge de toutes salissures et de tous coups de gomme excessifs qui l’abîmeraient ! Alors ne gâche pas tout en bâclant et en faisant n’importe quoi car il ne faut pas confondre rapidité d’exécution avec précipitation ! Enfin – si tu es débutant – avant me mettre en couleur, gomme avec légèreté pour ne pas abîmer ta feuille d’aquarelle là où tu veux faire des passages entre ton sujet et ton fond car une fois peint le crayon reste fixé dans le papier !

ENFIN UN PRECIEUX CONSEIL : Evites de prendre tes sujets dans la presse car il y a au moins deux bonnes raisons à cela :

  1. Tu risques de n’être pas la seule personne à avoir choisi ce sujet. J’ai déjà raconté la mésaventure qui est arrivé à une élève stagiaire. Elle avait vu une photographie dont elle voulait faire un portrait. Elle a donc contacté l’auteur de la photo (le photographe) pour lui demander l’autorisation d’utiliser son image comme modèle. Le photographe très gentiment a dit oui. Dans le même temps une autre aquarelliste, sans avoir sollicité l’autorisation du photographe à fait le même portrait qui a été publié dans la rubrique « nos lecteurs ont du talent» d’un magazine artistique très connu. Pour bien faire le magazine aurait dû faire sa petite enquête pour savoir d’où était tirée l’image mais il ne l’a pas fait. La conséquence fut terrible pour cette « bonne  élève » car elle n’a plus osée exposer son travail qui – bien que meilleur que l’aquarelle publiée – aurait à tort été considéré comme un plagiat de l’aquarelle publiée… Injuste mais c’est la vie !
  2. Les photos publiées dans la presse ont un auteur donc sont protégées par un copyright. Si tu ne prends pas la peine de demander au photographe son autorisation en prenant ensuite la précaution de le mentionner – « avec l’aimable autorisation de M. XYZ auteur de la photo » – tu cours le risque que ce même auteur vienne, à juste titre, te chercher des poux dans la tête…

Moralité : Utilise tes propres photos quand tu as dans l’idée d’exposer ou de vendre ton travail. C’est plus sûr. En faisant ainsi tu t’épargneras bien des déconvenues…

Voilà j’espère avoir répondu à la question initiale et je te souhaite de faire de belles aquarelles en te faisant PLAISIR. A très vite sur ce Blog !


Si cet article te plais, Merci de le partager avec tes ami(e)s.
Print Friendly, PDF & Email
Partages 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by wp-copyrightpro.com

EnglishFrenchGermanItalianPortugueseSpanish