Dans cet article je vais te montrer comment dessiner un arbre de façon naturel, sans qu’il paraisse apprêté, car un arbre est un être vivant avec sa propre personnalité. Quand mon père était jeune il aimait se promener dans la forêt de Meudon près de Paris. C’est là que Rodin avait sa maison et son atelier, et c’est dans une propriété voisine – “La Source” – que papa fit ses premiers pas sous l’œil bienveillant d’Alphonse (“fonfonse“) – mon arrière grand père – jardinier en chef de la propriété. De ses promenades dominicales à la chasse aux champignons mon père m’a transmis l’amour des arbres.

Auguste Rodin dans sa propriété de Meudon

Pour avoir observé plusieurs fois la même chose chez certains élèves je vais t’expliquer l’erreur des débutants à ne pas commettre. Lorsque tu dessine un arbre il ne faut jamais commencer par tracer l’enveloppe extérieure du tronc et des branches car tu risque d’obtenir un résultat raide et maladroit en étant canalisé par les premiers traits que tu auras tracé sur ta feuille. Je t’explique comment je dessine. Tout au contraire, je laisse d’abord mon crayon se promener librement sur ma feuille en lui impulsant des rapides petits mouvements de va-et-vient tout en variant la pression exercée sur la mine de façon à obtenir plusieurs valeurs. Tu comprendras mieux avec l’image suivante.

 

Cette illustration volontairement “caricaturale” sur le croquis de droite montre bien que si je commence par un dessin au trait en traçant le tronc avec ses branches le risque est grand de créer une “autoroute” sur laquelle je vais ensuite balader mon crayon. Sur le croquis de gauche je te montre comment je démarre l’ébauche d’un arbre.

Je commence par poser sur ma feuille des valeurs par petites touches. Quelques traits fins me donnent les directions à suivre pour construire mes branches principales. Ce n’est qu’après avoir fait cela que je complète mon dessin par le tracé du contour du tronc et des branches. Je vais détailler le dessin suivant.

Je n’hésite pas à varier mon système de représentation par des hachures verticales ou en diagonales ou en croisant mes traits. J’utilise aussi le bout de mon doigt comme une estompe pour faire circuler mes valeurs. J’alterne ainsi les zones claires et les zones plus sombres. Je créé des “accidents” sur le tronc pour lui donner davantage de caractère. Je fais “vibrer” le contour de l’arbre en habillant les valeurs avec un contour qui n’est pas uniforme mais tremblé, avec des traits tantôt doubles et tantôt simples, qui s’interrompent parfois pour reprendre plus loin avec plus de vigueur. Sois le comédien de l’histoire que tu raconte du bout de ton crayon. Un bon comédien fais varier l’intonation de sa voix, qui d’un murmure va aller crescendo jusqu’à se terminer par un cri aiguë ou un hurlement rauque et guttural… Bref toutes ces variations de la voix tu dois les retrouver dans ton dessin !

Je t’ai déjà dis à plusieurs reprises qu’il y a mille façons de tenir un crayon. Les asiatiques le tiennent très haut (très loin de la pointe), quant à moi je le tiens souvent très à plat, la mine parallèle à la feuille. En faisant ainsi, cela me permet “d’étaler le graphite” sur le papier. Lorsque je veux appuyer un peu plus fort sur la mine, pour ne pas la casser je tiens le crayon un peu plus court (plus près de la pointe). Cela m’offre la possibilité de mieux contrôler la pression exercée. Souviens toi de ceci. Plus tu tiens ton crayon au plus loin et moins tu le contrôle ce qui convient parfaitement au dessin des branchages les plus fins. Inversement tenu au plus près, le contrôle du crayon est meilleur mais le dessin moins “naturel”.

Mon conseil ? Regarde beaucoup d’arbres dans la nature. Il n’y en a pas deux de semblables, toutes les silhouettes diffèrent. Vois l’olivier au tronc noueux, le fier cyprès ou le peuplier altier, le chêne robuste, l’élégant sapin, le bouleau raffiné ou le taciturne saule pleureur. Tous ces arbres sont beaux et méritent ton attention. En plus, ils font de formidables sujets à peindre et à dessiner. Regarde ils prennent la pose et n’attendent que toi pour les croquer. Dès les premiers rayons de soleil je t’invite à sortir le bout du nez dehors, ton carnet de croquis sous le bras, quelques crayons HB, 4B et 6B dans la poche, pas besoin d’une gomme. Tu as tes affaires ? Alors direction le parc ou le jardin public le plus proche, et maintenant c’est à toi de jouer !

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2 thoughts on “Comment dessiner un arbre

  1. Merci une nouvelle fois pour cet article comme toujours très pédagogue. Et en plus sur les arbres, un petit bonheur de lire cet article plein de souvenirs et de poésie pour commencer la journée ! Je n’attends plus qu’une chose, reprendre mes crayons !

    1. Un GRAND MERCI à toi Chère Sandrine.

      Parfois je me décourage quand je vois les collègues et amis Blogueurs annoncer plusieurs centaines de visiteurs en une journée et autant d’abonnés mais je reprends courage et cela me met du baume au cœur lorsque je lis des témoignages comme le tien. C’est pour toi et d’autres lecteurs amis que je continue d’avancer. Je te souhaite une fort belle journée.

      Bien Amicalement
      Jissé

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