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Photo by Mike Sansone

TRADUCTION: “Hey Prof, J’aime qui tu es. Tu plantes des graines qui m’aident à grandir. Et même si tu ne le voit pas toujours, je veux que tu saches que je t’aime ! Je n’y arriverais pas sans Toi“.

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Tout homme qui a été professeur garde en lui quelque chose de l’écolier” (Alfred de Vigny)

Voilà une remarque toute empreinte de Sagesse et je citerais aussi Joël de Rosnay :

Avec la pratique des réseaux, le professeur peut se transformer en passeur, plutôt que se cantonner dans son rôle traditionnel de pasteur

Ces deux là ont tout compris du rôle de transmetteur d’émotions qui est celui à la fois de l’artiste et à la fois de celui qui enseigne son savoir aux autres. J’ai longtemps fréquenté l’école d’abord comme élève, puis comme étudiant, puis comme animateur d’une mini-school et un très court passage dans une école primaire de Brétigny-sur-Orge où mon coté rebelle m’a fait claquer bruyamment la porte de l’Education Nationale à peine entrouverte !

Et même comme jeune architecte j’ai construis une extension d’école maternelle à Valmont près de Fécamp en Normandie (Pays de Caux). Mon diplôme d’architecte était par ailleurs une crèche de 60 berceaux et une école maternelle dans le XVème arrondissement de Paris. Enfin j’ai enseigné le dessin aux cotés de l’aquarelliste Maryse De May pendant neuf ans puis ensuite j’ai encore fais deux ans au sein d’une association à Bruyère-le-Châtel dans l’Essonne. J’ai ainsi vu toutes les facettes possibles de l’enseignement avec des expériences toujours culturellement enrichissantes à défaut de l’être pécuniairement !

J’ai adoré jouer tous ces rôles car l’enseignement – comme la vie – est aussi un jeu de l’esprit. Bien sûr lorsque j’étais enfant dans les années soixante, l’enseignement traditionnel donnait au professeur un rôle primordiale. Il était le “Magister” – le Maître – et son cours était “magistral”. Il était placé en haut sur l’estrade afin de dominer sa classe de toute la hauteur de son savoir…

En démystifiant ce rôle, l’Education Nationale a contribué à faire chuter le “prof” de son piédestal… Est-ce un bien pour un mal ? Je ne me risquerais pas à l’affirmer. Certains professeurs ont gagné en excellence mais beaucoup d’autres n’ont rien gagné au change ni leurs élèves non plus…

Que faut-il pour faire un bon prof ?

Il faut selon moi 3 choses essentielles:

  1. D’abord de l’Amour,
  2. Ensuite de l’Amour,
  3. Et enfin de l’Amour !

Amour pour la matière que tu enseignes, amour pour tes élèves, et amour d’apprendre car aucun enseignant ne peut se contenter – sa vie durant – de ses seuls acquis. Le monde bouge, il évolue et l’enseignement doit évoluer et bouger avec le monde. Un enseignement figé est un enseignement qui se meurt !

Si tu n’aimes pas la matière que tu enseigne, CHANGE DE MÉTIER :!

Si tu n’aimes pas tes élèves, CHANGE DE MÉTIER !

Si tu n’aimes pas te remettre en question et apprendre pour évoluer, CHANGE DE MÉTIER !

C’est simple et sans ambages. Je n’ai pas pour habitudes de passer la brosse à reluire ni de caresser les gens dans le sens du poil. Je suis souvent politiquement incorrecte et cela m’est égal si cela “défrise quelques perruques poudrées“… Je suis pourtant quelqu’un de plutôt timide et gentil dans la “vraie vie” mais je suis passionné par ce que je fais et donc je dis ce que je pense avec passion et conviction !

A l’amour j’ajoute qu’il faut de l’empathie pour le sujet que tu dessines. Lorsque Maryse De May peint une fleur qui se fane elle éprouve de l’empathie et de la compassion pour la fleur qui se meurt. Cela peut paraître excessif mais tu dois éprouver une relation de proximité, d’intimité avec ton sujet lorsque tu le peins ou le dessine.

La pomme que tu dessines n’est pas n’importe qu’elle pomme… Cette pomme tu l’as choisi mais dans l’autre sens on peut penser qu’elle t’a choisi pour que tu l’immortalises. Dans quelques jours cette pomme n’existera plus que sur le papier. Sois en conscient: Respecte et mérite ton sujet !

Il est évidemment plus facile d’être en empathie avec un portrait que tu dessines – surtout si c’est celui d’un proche – qu’avec une grappe de raisin. Mais si l’enfant sur la photo que tu est entrain de dessiner sourit alors sourit lui en retour. Et pour la grappe de raisin ou la pomme fait que l’on est envie de les croquer à belles dents !

Si tu dessines un mendiant, éprouve de l’empathie pour lui, il faut que l’on sente sa détresse dans son regard, et donc au bout de ton crayon… Une maison neuve ne se dessine pas comme une maison ancienne; L’une à un vécu, un passé, une histoire et l’autre pas. Fais que l’on sente le poids des années dans ton dessin…

Pour cela garde précieusement ton âme d’enfant. Émerveille toi devant un coucher de soleil, devant des oisillons dans un nid, devant la vache dans son pré, devant l’enfant qui joue et rit. Le monde est beau, profite de sa beauté !

Un bon prof doit aussi aimer jouer. Cela peut te sembler un paradoxe mais il a été prouvé qu’un enseignement basé sur le jeu fonctionne mieux pour solliciter nos perceptions et nos processus cognitifs (basés sur nos modes de penser et de conceptualiser une idée, sur la mémorisation et le raisonnement) qu’un cours magistral. Les élèves s’impliquent plus et mieux lorsqu’ils jouent.

A l’idée de jeu j’associe aussi l’humour. Il est important de savoir faire preuve d’humour en toutes circonstances, lorsque tu enseignes mais aussi dans la vie courante. Lorsque j’étais étudiant en architecture, au cours d’un travail collectif avec des copains, j’ai déchiré le fond de mon pantalon (la couture a craqué sur les fesses), oups, j’ai rapidement saisi l’agrafeuse et sans rien dire à personne je me suis discrètement éclipsé vers les toilettes pour agrafer le fond du “futal récalcitrant“… J’ai passé l’après midi assis dans mon coin en priant pour que les agrafes tiennent bon et ne me piquent pas le derrière… Aujourd’hui j’en rigole et j’en ferais peut-être un sketch.

Quelques années auparavant encore lycéen j’ai été collé, à la cantine, pour avoir plongé la tête de mon voisin de table dans son assiette de purée “heyp machin t’as senti la purée elle a une drôle d’odeur” ?… et crack “machin” la tête dans la purée… On m’a laissé choisir ma punition, j’ai dessiné la tête du copain dans la purée ! A cette époque la vie au lycée était à la fois plus stricte, mais finalement plus cool qu’aujourd’hui, j’en conviens.

Pendant les stages d’aquarelle de Maryse De May il m’arrivait de faire rire juste pour le plaisir car il est important de travailler sérieusement sans se prendre soi-même trop au sérieux. L’humour implique pour moi l’acceptation de la remise en question de mon petit savoir et de ma façon de le transmettre. Cela suppose aussi d’avoir une forme d’humilité. Je me sais imparfait et donc je me veux perfectible.

Ne prend jamais rien comme acquit définitif, tout ce que tu peux – sans cesse – remettre en question ! Le monde bouge, évolue, et donc il faut bouger et évoluer avec ce monde en mouvement. C’est ainsi qu’aujourd’hui internet et les réseaux sociaux ont pris une place importante dans la société. Hier j’enseignais à des élèves présents dans une salle, aujourd’hui en complément de ce blog, je prépare déjà le futur avec des vidéos, des fiches à télécharger, des mini-conférences vidéos interactives (webinaires), bref je m’adapte à cette évolution technologique et culturelle !

Une autre qualité pour faire un bon prof de dessin c’est d’être honnête et vrai. Si je ne sais pas dessiner “une licorne à deux têtes” hé bien je le dis… La vérité ne tue pas une réputation mais le mensonge si. A celui qui veut enseigner le dessin ou la peinture je lui dis “SOIS VRAI ET SINCÈRE”, avec toi-même d’abord, et avec tes élèves ensuite. Il vaut mieux reconnaître tes erreurs ou tes lacunes plutôt que de les nier ou les cacher !

A contrario il vaut mieux que tu es un peu d’expérience pour maîtriser ton sujet. Tu n’es pas obligé de tout connaître mais ton expérience doit te permettre de dessiner un peu n’importe quoi au risque de toujours traiter des mêmes choses. Apprend donc à dessiner des fleurs, des oiseaux, des lions et des chameaux, des avions et des bateaux, des personnages assis ou en mouvements, des architectures et des paysages, la mer et la montagne, et des portraits qui ressemblent à quelque chose.

Si en plus, de tout ce que j’ai énoncé, tu es pédagogue – c’est à dire que tu possèdes un talent naturel pour transmettre ton savoir – et un peu de l’indispensable charisme qui l’accompagne alors tu es le “Phénix du Dessin” c’est à dire l’oiseau rare qui rayonne sur son Art et sa classe. Autant dire que comme notre ami – le Hibou à lunettes – ils ne sont pas nombreux celles et ceux qui réunissent toutes ces qualités. Mais je te rassure quelques unes suffisent à faire de toi un bon prof si tu aimes ton sujet, si tu aimes tes élèves et si tu aimes leur transmettre ton savoir.

EN RÉSUMÉ

Il te faudra avoir, en plus ou moins grande quantité, un peu de toutes ces qualités:

  • Amour pour son sujet, pour ses élèves, pour transmettre
  • Empathie
  • Sincérité
  • Humilité
  • Honnêteté intellectuelle
  • L’âme d’un enfant joueur
  • Être Pédagogue
  • et avoir un minimum d’Expérience…

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