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A quoi sert le calque d’étude ? Quelle est l’utilisation du calque d’étude ? Quand utilise-t’on du calque d’étude ? Voila une question que peut se poser un dessinateur débutant en architecture. Un dessinateur confirmé (dessinateur-projeteur) ne se pose plus la question parce qu’il l’utilise dans sa pratique régulière du dessin. Toutefois aujourd’hui de plus en plus le dessin sur papier calque est remplacé par le dessin sur ordinateur…

Bien évidemment il existe l’équivalent numérique du calque papier dans les programmes de CAO-DAO (Conception & Dessin Assisté par Ordinateur). Ces calques (layers) sont des “couches” superposées d’informations traitées par l’ordinateur. A chaque fois que l’on créé un nouveau calque sur lequel on réalise un certains nombres d’actions (copier une forme, l’inverser, gommer, ajouter, déformer, supprimer, faire une rotation de l’objet, etc…) ces diverses actions sont classées dans l’ordre de leur réalisation et gardées en mémoire dans un “historique” un peu à la manière d’un “meuble chiffonnier” avec ses tiroirs superposés.

A chaque modification importante il convient donc de créer un nouveau calque (et faire des sauvegardes régulières de son travail) de sorte que si le résultat obtenu ne nous satisfait pas totalement il suffira de supprimer le calque (le petit dossier historique contenant l’ensemble des actions menées) pour retrouver son dessin original. On peut bien évidemment supprimer seulement une seule action particulière dans la chronologie des différentes actions.

A l’ordinateur dans de nombreux programmes le raccourci “CTRL + Z” annule l’action que l’on vient de faire pour revenir à l’état précédant cette action. Exemple si j’efface par erreur mon dessin, pas de panique j’appuie simultanément sur la touche CTRL et la touche Z et mon image réapparaît “par magie”… Ceci est très pratique pour tester la suppression d’une ouverture dans un mur (porte ou fenêtre) ou au contraire son ajout. Pas satisfait du résultat ? Facile CTRL + Z et nous voila revenu à l’état avant la modification.

Cependant le fait de fusionner des calques entre eux ou d’aplatir l’image rend impossible toute réversibilité. L’image demeure alors dans son dernier état. S’il convient de “tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler” il faut aussi bien réfléchir avant de cliquer n’importe où: La prudence s’impose sur la précipitation.

Par contre ce raccourci clavier ne fonctionne que pour la dernière action effectuée. Idem dans un traitement de texte comme Word, un tableur comme Excel ou même dans l’article que je rédige dans WordPress. ATTENTION pour que cela fonctionne il ne faut pas avoir fait de sauvegarde car alors plus de retour en arrière possible sauf si la sauvegarde porte un nom différent: Exemple SAUVEGARDE 1, SAUVEGARDE 2, SAUVEGARDE 3, etc… J’ai fais l’erreur de sauvegarder une action sur laquelle je veux revenir… Pas possible sur la dernière sauvegarde (SAUVEGARDE 3) mais je peux aller rechercher les sauvegardes précédentes (1 & 2) pour retrouver “l’état d’avant”.

Je ne dessine pas sur ordinateur mais sur papier, toutefois j’utilise assez rarement le papier calque. Il se présente soit sous la forme de feuilles à plat, ou sous forme de rouleau. Les rouleaux de papier calque d’étude font généralement de 30 cm. à un peu plus de 37 centimètres de large sur vingt mètres de longueur. Le grammage est faible (40 gr.), il est donc plus transparent qu’un calque plus épais mais aussi beaucoup plus fragile car il se déchire ou se froisse facilement. La simple transpiration d’une paume de main peut suffire à le faire “gondoler”. Il est possible d’utiliser un calque plus épais donc moins fragile mais il sera forcément plus coûteux à l’achat et il faudra obligatoirement le fixer à plat pour éviter qu’il ne s’enroule sur lui même (effet mémoire de forme).

Ma plus grande consommation de calques d’étude remonte à ma période estudiantine. C’était simple, lorsque je n’avais plus de calque à ma disposition, soit un copain m’en prêtait, soit je descendais le grand escalier de pierre qui menait de l’Atelier jusqu’au rez-de-chaussée. Ensuite je parcourais aux pas de course quelques couloirs pour tourner à angle droit sous les arcades de la cour du mûrier. Je débouchais alors sur la cour Bonaparte et je n’avais plus que la rue à traverser pour entrer dans la boutique des Beaux-Arts où je me fournissais.

J’allais aussi régulièrement chez Sennelier à la devanture bleue du 3 quai Voltaire… En fait jusqu’aux Beaux-Arts le quai s’appelle Malaquais pour devenir quai Voltaire avec Sennelier. C’est pour te dire que je n’avais pas très loin à aller pour trouver mon calque, l’encre de Chine et mes Rotrings pour dessiner. Pour moi une boutique “Beaux-Arts” ou une librairie sont comme un énorme bocal à bonbons pour l’enfant que je suis resté ! Tout y est sujet à excitation, tout y est tentation… Lorsqu’avec Maryse De May nous préparions la conférence sur “l’Histoire de l’Aquarelle” nous avons été interviewer M. Sennelier – descendant du fondateur du Magasin – pour qu’il nous raconte la fondation de la boutique et la fabrication des couleurs Sennelier. Ce beau souvenir reste pour moi emprunt d’une vive émotion pour le passé qui s’est enfuit…

Incorrigible bavard j’en oublie mon sujet principal avec tous mes souvenirs et mes digressions. Je vais te montrer un exemple de recherches faites en griffonnant sur mon calque pour trouver une forme ou une réponse architecturale. Comme je n’exerce plus en tant qu’architecte depuis de très nombreuses années, ce qui va suivre remonte à cette lointaine période. Je te fais un petit résumé de la situation. Il s’agissait de trouver un lien physique entre deux constructions en vis à vis afin de recréer une “unité bâtie” à moindre coût. L’idée était donc de rassembler, d’unir les deux bâtiments par un porche qui en même temps venait fermer l’espace entre les deux construction pour créer une cour intérieure. L’idée trouvée il fallait aussi chercher quelle forme donner à ce portail. Arrondi ? Carré ? Autre ?…

Un architecte peut avoir beaucoup d’idées – et parfois peu ou pas du tout – mais il est avant tout “visuel”. Nous sommes visuel, auditif, ou kinesthésique suivant que nous faisons appelle à la vue, à l’ouïe ou au toucher dans nos relations au monde environnant. Un architecte à donc besoin de visualiser l’espace en 3D sous forme de croquis, de perspective, de maquettes en balsa, en carton, en plastiline (pâte à modeler blanche ou grise)… Qu’importe ! Il faut qu’il voit de visu l’idée qu’il a en tête prendre forme sur le papier ou en volume.

Avec la plastiline le travail s’apparente à celui du sculpteur, on retranche au cutter de la matière ou on en ajoute pour façonner une première ébauche d’une forme que l’on va affiner, peaufiner pour approcher du résultat final qui sera retranscrit en plans, coupes, élévations (façades). C’est bien évidemment la phase la plus intéressante puisque c’est là où l’architecte donne libre cours à son imagination. Après la transcription en plans et autres documents techniques est indispensable mais beaucoup moins “fun” c’est pourquoi les architectes établis qui ont les moyens font appel au talent des dessinateurs projeteurs pour “sortir les plans d’exécutions”, luxe impensable pour “l’archi fauché” que j’étais…

L’avantage du calque est de permettre de rebondir très vite sur une idée. Il suffit juste de retravailler la partie qui nous intéresse et la transparence fait le reste… C’est donc un merveilleux outil pour les “paresseux”… Je plaisante bien évidemment car la paresse consisterait à se contenter de la première idée qui passe sans aller plus loin ni tester de nouvelles hypothèses. Dans ce petit exemple très simple, il est facile de décortiquer le processus de ma pensée.

  1. Premier temps: L’idée du mur percé d’un portail avec un petit auvent pour réunir les deux bâtisses.
  2. Deuxième temps: Des ouvertures plus contemporaines pour moderniser l’ensemble mais un auvent qui se prolonge comme un bras qui enserre la seconde construction.
  3. Troisième temps: Conserver l’idée de ce bras qui avance mais revenir à quelque chose de “rustique”

Temps de réalisation entre chaque hypothèse ? Quelques minutes pour décalquer le dessin précédant. Sans l’aide du calque il faudrait trois ou quatre fois plus de temps pour faire le dessin. Calquer n’est pas tricher, c’est un véritable outil professionnel pour gagner du temps. Cet outil est également utiliser par les plus grands aquarellistes qui après avoir réaliser leur dessin à l’échelle de leur aquarelle, reporte celui ci sur leur bloc de papier.

Dessiner directement sur ton bloc de papier aquarelle – sauf à ne JAMAIS te tromper c’est TOUJOURS prendre le risque de salir ta feuille avec des traces de gomme. Par contre il n’est pas question de calquer directement sur la photo pour la reporter sur ton bloc de papier aquarelle. Pourquoi ? Parce que cela ne t’apprend pas à peindre ! Dessiner c’est peindre en noir et blanc avec un crayon. Les gestes que tu fais au crayon tu les feras aussi au pinceau, le tracé au crayon est donc une répétition “à blanc” des gestes du peintre.

Calquer directement la photo revient à faire du “coloriage”… Dans ce cas achète dans le commerce des images à colorier, tu gagneras encore le temps du dessin à décalquer ! Il y a un grand aquarelliste professionnel qui a un déclaré (dans une interview) calquer ses photos… Mon admiration pour son travail est tombé à zéro, idem pour une pastelliste qui projette les photos de ses modèles sur le papier… Pour moi cela ne présente aucun intérêt… sauf à faire du “coloriage” comme à la maternelle. Oui je connais la camera oscura de Vermeer de Delft. Et alors n’est pas Vermeer qui veut, s’il suffisait de décalquer ou projeter directement sur sa toile alors nous aurions plus de chefs d’œuvres que les âneries qui ornent les cimaises des Galeries d’Art contemporain.

Tu peux avoir un avis très différent du mien et je t’invite à l’exprimer librement dans les commentaires. En attendant de te retrouver pour un prochain article, je te souhaite de prendre beaucoup de plaisir à dessiner avec ou sans calque d’étude. Au fait calque est l’anagramme de “claque” c’est pourquoi il vaut mieux prendre un petit calque avec soi que de se prendre une claque même petite en loupant son dessin… Ce sera le mot de la FIN.


 

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