Comment dessiner un plan de masse” that is the question ?

Bonjour, aujourd’hui je reviens à mes premières amours. Je suis tombé sur un vieux carnets de croquis de ma période « archi » et en le feuilletant j’ai trouvé une petite esquisse de plan de masse.

Comme je me creusais les méninges pour savoir quel serait le prochain sujet de notre discussion à bâtons rompus autour du dessin, j’ai pensé qu’expliquer comment dessiner un plan de masse pouvait être un truc sympa à aborder à présent.

J’ai bien conscience que cet article ne s’adresse qu’à une petite minorité ; Celle des étudiants débutants en Architecture mais il en va ainsi de n’importe quel article. Comment dessiner Mickey n’intéressera pas forcément les personnes qui aiment Rembrandt ou Vermeer, et ceux qui sont aquarellistes ne sont pas nécessairement intéressés par les esquisses au fusain. Ainsi va la vie : On ne peut pas plaire tout le temps à tout le monde en même temps !

1°) Qu’est-ce qu’un plan de masse ?

C’est plusieurs choses à la fois.

  • C’est d’abord un dessin mais pour être plus précis un dessin technique d’architecture.
  • C’est un document administratif constitutif du dossier de demande du permis de construire.
  • C’est comme son nom l’indique la représentation graphique des volumes et masses du projet d’architecture pour lequel est faite la demande d’autorisation de construire.

Ce document est donc important puisqu’il permet aux pouvoirs publics en charge de l’instruction du dossier de prendre conscience de l’impact qu’aura le futur projet sur l’environnement présent. Ce document est réalisé à petite échelle.

Il comporte le tracé du terrain, avec ses courbes de niveau, ses terrassements, son réseau de desserte (voies publiques et privées), sa végétation existante ou à créer, ses bâtiments présents ou projetés, son mobilier urbain tel que banc, fontaine, allées piétonnes, fontaine, place, luminaires, etc…

2°) A quelle échelle faut-il le tracer ?

Cela dépend de l’importance du projet. Si celui-ci représente un lotissement qui s’étend sur un hectare (10.000 mètres carrés) une échelle au 1/500 soit 2 mm p m devrait suffire avec quelques détails à plus grande échelle.

Si le projet est celui de votre pavillon individuel alors il peut être au 1/200 soit 5 mm p m voire même à 1 cm. par mètre pour indiquer les essences d’arbres présentes sur le terrain, les allées, bassin, etc…

3°) Que doit-on faire figurer sur le plan de masse ?

Le plan de masse donnera les cotes générales de raccordement du projet aux limites du terrain.

Il montrera l’infrastructure routière, les plantations, les volumes des bâtiments de façon à rendre compte de son intégration au milieu environnant. L’administration doit pouvoir comprendre si on abat des arbres ou au contraire si on en replante. Elle doit voir la position qu’occuperont les bâtiments entre eux et par rapport aux bâtiments voisins. Enfin cela permet de fixer la distance du ou des bâtiments projetés aux limites du terrain.

On y dessinera les ombres (de façon schématique), avec l’indication du nord géographique.

Ce document, dressé par l’architecte du projet, s’appuie sur le plan cadastral que l’on peut généralement trouver auprès des services de la mairie de ta commune ou auprès des impôts (moyennant finance…).

Il ne faut pas confondre le plan cadastral qui nous donne l’image des parcelles, avec le plan de situation (plan IGN) pour positionner le projet sur la carte de la région et le plan de masses que nous avons défini précédemment.

4°) Qu’est-ce qui fait un bon plan de masse ?

Les contraintes que l’on s’impose peuvent faire une bonne réponse architecturale. Plus les contraintes sont fortes et plus grandes seront les difficultés à y répondre mais cela fera une architecture de caractère qui laissera peu de personnes indifférentes.

L’architecte est un chef d’orchestre, la partition qu’il joue doit accompagner les contraintes et non s’en affranchir.

Un terrain est-il pentu ? Alors l’Architecte devra jouer avec la pente du terrain. A quoi cela servirait-il de passer un bulldozer sur la surface pour tout aplanir ? Dans ce cas-là autant travailler sur un autre terrain… Un terrain pentu peut faire naître des terrasses, des patios, des demi-niveaux, des aplombs et des porte-à-faux comme la maison sur la cascade de Franck Lloyd Wright.

Un terrain inondable ne sera pas obligatoirement inconstructible si la crue est modérée et la construction perchée sur pilotis. L’espace au sol dégagé sous le bâtiment pouvant servir de zone de parking. En cas d’alerte, les véhicules en stationnement peuvent alors être évacués en quelques minutes. Il ne s’agit que d’un exemple d’une réponse aux inondations mais on peut en imaginer d’autres.

plan de massecoupe sur le plan de masse

Esquisse d’un plan de masse :

Tout commence toujours par une esquisse griffonnée sur un bout de calque d’étude à partir du programme établi par le client en réponse à ses besoins, ses souhaits et aux contraintes du terrain sur lequel se situera le projet. Dans l’exemple suivant le terrain était bordé par un talus (je redécouvre cette petite esquisse qui est restée dans les cartons et n’a jamais vue le jour).

Apparemment l’idée que j’ai eu à l’époque semble être celle de recréer un petit hameaux – comme ceux de nos campagnes – groupé autour de l’église dont la flèche se dresse au centre du village. Un « campanile » est le signal fort de ce petit groupe de 19 maisonnettes.

L’architecte urbaniste doit incorporer dans son « vocabulaire architectural » des éléments tels que des bassins, des fontaines, des jets d’eau, des colonnes (comme celles de Buren), des statues, des arcs, des arcades, des kiosques, des bancs, des gradins, des allées ombragées bordées d’arbres, des haies vives, des arbustes, des pelouses, et des massifs de fleurs.

Toi l’apprenti Architecte tu ne dois pas uniquement penser béton et constructions mais aussi espaces de vie, cadre de vie, décors naturels. La vie est un petit théâtre dont urbanistes et architectes sont les metteurs en scène tandis que les futurs habitants seront les comédiens de la pièce qui s’y jouera !

Trop longtemps certains architectes se sont contentés d’être des techniciens, des ingénieurs du bâtiment en laissant de côté la dimension « théatrale ».

Bien sûr il y a Ricardo Bofill et son Taller de Arquitectura (atelier d’archi) mais il y a eu aussi cette “architecture de l’urgence et du désespoir” avec les grandes cités dortoir des banlieues et leurs sinistres et tristes barres d’immeubles laides à pleurer. Ce constat d’échec collectif a conduit au dynamitage de certaines de ces constructions pour faire place à un urbanisme à taille humaine.

Un bâtiment ne devrait jamais être plus haut que la cime des arbres séculaires qui l’entourent soit R+4 (c’est d’ailleurs au-delà de quatre étages qu’un ascenseur devient obligatoire).

Je ne peux pas jeter la pierre aux mauvais architectes puisqu’en abandonnant très tôt cette profession après mon burn-out (suite au brusque décès de mon père) je n’ai pas rempli ma mission !

Je n’ai pas l’excuse de m’être « emprisonné dans le chagrin », et je ne cherche pas à m’absoudre de mes erreurs ou de mes lâchetés. Se réfugier dans sa peine n’est jamais une excuse mais simplement une explication du pourquoi…

J’avais été sollicité par la Ville de Bolbec en Normandie pour restructurer son cimetière et j’avais accepté cette mission qui me poussait hors de ma zone de confort et c’est pourquoi ce challenge était séduisant. J’avais aussi été invité à concourir pour le Musée des Terre-Neuvas à Fécamp mais la disparition soudaine de mon père m’avait anéanti et j’ai tout abandonné… en me sabordant professionnellement.

Dois-je le regretter ? Non parce que ce musée inauguré en 1988 a fermé ses portes en 2012 et que probablement mon blog apprenez-a-dessiner.com n’aurait pas vu le jour… Tout événement a sa raison d’être quand bien même nous n’en saisissons pas toujours sa portée.

Voici une nouvelle esquisse pour te montrer par l’exemple que les outils employés sont simples et limités:

  • Calque d’études = INDISPENSABLE même si tu travailles sur ordinateur, le rapport de la main au papier est essentiel. Le papier c’est l’arbre, il y a donc un lien philosophique naturel entre la main de l’architecte avec le crayon et le papier qui sont de la même famille. A notre mort nous retournons en terre sous forme de cendres ou dans un cercueil en bois (voire même en carton recyclé pour les plus écolos…).
  • Feutres, crayons ils sont les outils graphiques nécessaires à cette petite échelle.

Ne passe pas trop vite à la phase de la “mise au net” qui va figer ta main et tes idées. Déroule du calque, griffonne, brouillonne, jette tes idées sur le papier.

Dans ce second exemple d’un établissement scolaire, tu peux voir que la nature participe grandement au projet architectural. Alvar Alto, Franck Lloyd Wright me furent des modèles inspirants.

Le plan de masse permet déjà de se familiariser avec le parcours des étudiants et des professeurs le matin. Ils sont d’abord accueillis par une obélisque qui marque l’entrée, puis après avoir parcouru une longue allée centrale ils découvrent les amphithéâtres et les bâtiments administratifs et scolaires. La nature est omniprésente en ce lieu.

C’est au niveau de la conception du plan de masse que se concrétisent les idées d’architecture des bâtiments ainsi que des cheminement piétonniers qui conduisent d’un bâtiment à l’autre. Est-ce que ces liaisons vont se faire par des passages en sous sol ? Par des galeries aériennes suspendues ?

Ces galeries seront-elles largement vitrées et ouvertes sur la nature ou semi-fermées ? Les allées seront-elles dallées ? Couleurs des matériaux employés: Bois (essences claires ou foncées) ? Pierres (Granits, grès, Pierres calcaires,..) ? Bétons (brut de décoffrage ou teinté) ?

Et puisque la végétation participe largement de ce projet, quelles seront les essences d’arbres ? Feuiilage caduque ou persistant ? Imagine le lieu pendant les 4 saisons… Bref FAIS VIVRE TON ARCHITECTURE DANS TA TÊTE avant qu’elle ne prenne forme sur le papier, puis dans la réalité.

Je reviendrais dans d’autres articles sur le métier d’architecte et les divers documents graphiques (plans, coupes, élévations, perspectives) inhérents à l’exercice professionnel. En attendant ce moment, je te souhaite de bien agréables journées à peindre, dessiner, lire, rire et faire que la vie soit douce autour de toi. A très vite.

Si cet article te plait, partage le autour de toi. Merci.

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