La barbe, c’est la barbe !”… penses-tu en ton for intérieur en fixant le menton du modèle placé devant toi. Et pourtant cette pilosité masculine n’est pas ce qu’il y a de plus compliqué à dessiner. Regarde l’exemple ci-dessus la barbe n’est pas dessinée, c’est le blanc du papier qui me sert de “zone tampon” pour séparer l’aquarelle du dessin au crayon. Cette barbe tellement présente n’existe que dans ton esprit car elle n’est pas dite et pourtant elle est bien là ! La vois-tu comme je la vois ? Observe que la même technique à été utilisée pour dire la cigarette qui est définie par la cendre… Alors compliqué à dessiner ? Cette technique – si chère à Betty Edwards (auteure “d’apprenez à dessiner avec le cerveau droit“) – est celle du dessin en négatif.

Une autre façon de dessiner une barbe c’est par l’utilisation d’un feutre. Pourquoi choisir le feutre plutôt qu’un crayon? Tout simplement parce qu’il n’est pas possible de gommer. Lorsque l’on peut corriger ses erreurs l’attention se relâche tandis que si l’on n’a pas le droit à l’erreur on observe plus attentivement les objets, ou les personnes qui nous entourent et que l’on veut reproduire en dessin. A cet effet, j’utilise soit des Rotring, soit des feutres Faber Castell et des feutres japonais pointes fines MICRON (de chez PIGMA).

Dans un croquis rapide comme celui ci-dessous de mon autoportrait, les traits sont spontanés mais indisciplinés c’est à dire qu’ils partent un peu dans toutes les directions. Il est parfois indispensable de croquer rapidement une scène fugace (personnages à la terrasse d’un café, scène de rue) dans ce cas la main exécute plus vite que la pensée. On dessine d’abord, on réfléchi ensuite pour corriger les erreurs que l’on aura décelé. La main trace avec vivacité une première esquisse que viennent renforcer traits et hachures.

Pour renforcer une valeur il suffit de croiser ses traits. D’abord un premier passage en oblique à 45° puis le deuxième passage se fera toujours en oblique à 135° ensuite le troisième passage se fait avec des traits verticaux a 90° et pour finir un dernier passage avec des traits serrés horizontaux. Suivant le fait que l’on trace des traits plus ou moins serrés entre eux ont obtiendra des valeurs plus ou moins foncées. Comme le montre la photo ci-contre –>

 

Autoportrait rapide exécuté au feutre fin MICRON 02

Revenons un instant, s’il-te-plait, sur ce “crobard” rapide. Ce n’est pas un chef-d’oeuvre je le concède, mais il possède quelques éléments intéressants sur lesquels je veux insister. Premièrement, les yeux dans un portrait doivent être le point focal. Comment ? Par l’emploi d’une valeur sombre. Ce dessin présente une échelle de valeurs qui vont du blanc du papier au presque noir. Remarque comment sont distribuées les valeurs les plus sombres: Il y a d’abord les cheveux pour cadrer le visage et concentrer le regard sur le portrait. Une valeur soutenue attire toujours le regard. En positionnant des valeurs presque noires dans la chevelure, je suis certain que le regard ne va pas s’échapper en dehors de la feuille. Bien évidemment la seconde valeur sombre est réservée au dessin des yeux. Le noir creuse tandis que les valeurs plus claires viennent en avant du dessin. Autre points sombres; les narines. Pour éviter l’aspect “prise électrique” une tache sombre est placé sous le nez et une autre sur la joue (à droite du portrait) pour faire ressortir par contraste la moustache plus claire. Enfin, pour terminer, regarde comment mes traits sont tracés pour dessiner la barbe. Ils suivent les traits du visage dans un mouvement circulaire qui ramène le regard vers la bouche, le nez et les yeux. Lorsque l’on observe un portrait on a l’impression de tout voir en même temps car les mouvements des yeux et le cheminement de la pensée sont trop rapides pour savoir où nos yeux se sont d’abord posé l’instant qui précède la prise de conscience nous disant “maintenant je regarde ce portrait“. C’est le rôle de l’artiste que d’aider et d’accompagner le regard de l’observateur pour le guider vers le point focal de l’oeuvre.

Le dernier portrait ci-dessous est une copie réalisée à la pierre noire pendant mes années d’études à l’école des Beaux-Arts. Je le répète une fois encore. La copie n’est pas une fin en soi, elle est un outil pour acquérir une technique. Les Maîtres du passé ne sont pas devenus bons par hasard, ils ont étudié et beaucoup travaillé en observant et analysant les œuvres de leurs prédécesseurs. Le présent sert à construire l’avenir par une étude raisonnée du passé. Souviens-en toi lorsque tu visites les musées !

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