Asmodée, gardien du trésor de l’abbé Béranger Saunières dans l’église de Rennes-le-Château

Bonjour, as-tu déjà entendu parler de la malédiction du dessinateur ? Je pense que oui mais personne ne l’appelle ainsi pourtant elle frappe régulièrement pratiquement tous les artistes peintres, dessinateurs, illustrateurs ou graphistes, un jour ou l’autre… Damned ! Et quelle est-elle ? Simple… Plus envie de dessiner !

Un jour “patatrac” ça t’arrive sans crier gare, sans que tu t’y attendes… Tu es là pénard à flemmarder dans ton lit, le réveil matin a sonné depuis vingt-minutes et toi tu ne bouges toujours pas. Secoue-toi, bouge-toi te dit la petite voix intérieure et toi tu lui dis d’aller se faire pendre ailleurs: Aujourd’hui t’as pas envie de dessiner, même pire tu n’as envie de rien ! Le problème c’est que cela peut durer un certain temps pour ne pas dire un temps certain !

Voilà un truc dont peu d’artistes et de dessinateurs vont se vanter… On dirait que c’est “tabou”, un sujet que l’on n’aime pas aborder car on a honte de ce sentiment. On se dit “c’est pas normal”, “je suis paresseux”, “j’ai la créativité d’une “bernique” ce matin, “je suis bon(ne) à rien”… Et j’en passe et des pires car on se sent coupable et on se juge avec cruauté comme pour se punir “d’être tombé(e) si bas”…

Non mon ami(e) si tu as déjà connu cet état “létargique” tu n’es pas un paria, un(e) damné(e) : Tu es simplement humain(e) rien de plus et rien de moins ! Ce sentiment d’impuissance est normal et survient généralement après une crise, un accident de la vie qui peut être le deuil de quelqu’un de proche, une rupture amoureuse, un échec professionnel qui soudain te fait douter de toi et de ce que tu es capable de faire.

Au début tu n’y prêtes pas vraiment attention, et tu te dis “ça ira mieux demain”, et tu sais quoi ? Le lendemain c’est pareil, et les jours se suivent et se ressemblent, et moins tu dessines et moins tu as envie de dessiner… Après quelques semaines s’installe la peur de ne plus savoir dessiner: C’est faux bien sûr car, comme la bicyclette, ça ne s’oublie pas ! Mais le manque de confiance en nous même et en nos capacités est bien réel lui.

Il est donc important de réagir pour rebondir. Il n’y a aucune honte à être tombé parterre mais il y a de la honte à rester au sol et ne pas vouloir se relever. “Si j’suis tombé parterre c’est d’la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau, c’est d’la faute à Rousseau” chante Gavroche sur les barricades de Paris dans les Misérables de Victor-Hugo. Lève-toi et dessine ou peint, mais ne reste pas sans rien faire !

Regarde la terrible tragédie d’Hugo qui perd sa fille bien aimée et qui pourtant ne se laisse pas terrasser par la douleur: Il continue de créer ! Certes il change de registre, lorsqu’il décore sa maison Anglaise ou qu’il réalise des centaines de dessins. “No matter the way you express your creativity, JUST DO IT” ! (Peu importe la manière dont tu exprimes ta créativité, simplement FAIS LE)

Peut-être que tu es arrivé au bout de ce que tu voulais exprimer avec un crayon, alors c’est simple change d’outil pour retrouver le plaisir de créer quelque chose de nouveau pour toi. Avant de dessiner pour plaire au monde qui t’entoure, dessine pour te plaire à toi-même.

Il y a encore tant de choses qu’il te reste à découvrir comme le dessin au fusain, la gravure sur plaque de cuivre, le street-Art, la peinture sur toile, les aquarelles vernies, peindre aux couteaux ou avec tes doigts, le surréalisme et l’hyperréalisme, la peinture abstraite, le trompe l’œil ou la fresque murale, peindre au plafond ou sur le sol, peindre des deux mains. Et mille et une autres créations un peu comme Shéhérazade invente un nouveau conte pendant mille et une nuits pour ne pas mourir. Dessine et peint comme si demain est ton dernier jour !

Pourquoi est-ce que j’aborde ce sujet maintenant ? Tout simplement parce que je suis tombé “par hasard” sur une vidéo YouTube d’un collègue blogueur et dessinateur qui confessait – ce qui est courageux de sa part – être resté plus de 6 mois sans dessiner. Cette confession a eu un écho chez moi car j’ai déjà – à  plusieures reprises – connu pareille situation. Cependant comme c’est un sujet dont on ne parle guère on croit être la seule personne au Monde à qui ça arrive… Rends toi compte seul(e) au monde et il faut que ça tombe sur toi (sur moi en l’occurrence)… Wao mais c’est affreux… et patati et patata…

QUE DALLE C’EST BANAL ! Ce n’est pas une excuse, ni une justification mais une simple mise au point. Personne n’est épargné jeune ou vieux dessinateur, amateur ou pro, tout le monde peut passer par cet état un jour. Voilà qui dédramatise la situation ! Comment sortir de cette spirale “infernale”, ce “trou noir” qui absorbe toute notre énergie ? En changeant notre routine car c’est bien souvent la routine qui est mortelle pour la créativité.

Tu dessinais le soir ? Dessine le matin… Tu dessinais sur une table ? Dessine assis en tailleur avec ton carnet de croquis sur les genoux ou couché sur le ventre sur le sol. Tu dessinais dans la maison ? Dessine au jardin, ou dans ta voiture. Tu dessinais des maisons ? Dessines des bateaux ou des oiseaux. Tu dessinais d’une main ? Dessine en changeant de main. Tu dessinais au crayon ? Dessine au stylo bille, ou avec un porte plume et de l’encre de Chine. Bref CASSE LA ROUTINE, CHANGE TES HABITUDES !

Dis toi que TU ES UN(E) PUTAIN DE CRÉATIF !!! Ta créativité n’a pas disparue, seuls ta motivation et ton plaisir sont momentanément partis en auto-stop pour une destination paradisiaque qui les fasse encore rêver et toi tu es resté(e) à la traîne. Pas grave, tu vas tellement les surprendre qu’ils vont revenir “dare-dare” la tête basse et la queue entre les jambes.

Qu’est-ce qui te motive lorsque tu créés un nouveau dessin ? La nouveauté, le plaisir de la découverte. Parfait ! Ce plaisir il faut le réactiver en découvrant un nouvel outil (pinceau, calame, couteau à peindre, fusain, etc…), de nouveaux sujets, des nouvelles techniques (le pochoir, l’aérographe, la gravure). OUVRE TON ESPRIT, LE CHAMP DES POSSIBILITÉS EST IMMENSE.

Les seules limitations sont celles que tu t’imposes ! Il n’y a pas de mauvais sujets. Il y a simplement des sujets que tu préfères et d’autres qui te plaisent moins… Commence par dessiner ce que tu aimes et tu vas aimer tout ce que tu dessines. Le plaisir du DESSIN ne réside pas dans le sujet que tu traites mais dans l’acte de dessiner. Prends-en conscience. Si le plaisir a disparu tu peux le réactiver si tu veux. Tu es le maître de tes émotions.

Ce ne sont pas tes émotions qui te guident mais toi qui choisi les émotions que tu veux éprouver au travers de tes dessins. Amour, joie, colère sont des outils au service de tes créations et jamais l’inverse. Ne dessine pas sous le coup d’une vive émotion car elle altérerait ton jugement critique au moment de guider ta main sur le papier. Note sur une feuille les idées qui te viennent, au moment où surgissent ta colère ou ta peine mais dessine lorsque ta peine ou ta colère se sont envolées, car de cette façon ton esprit et ta main seront libres comme l’oiseau pour dessiner.

J’espère que mes modestes réflexions et conseils t’aideront lorsque tu connaîtras ce sentiment d’abandon de l’envie de dessiner. Ce n’est pas grave, c’est juste banal et comme chantait “Cloclo”… (la motivation) “ça s’en va et ça revient, c’est fait de tous petits riens“. Alors “que la Force soit avec toi” pour t’insuffler le plaisir de dessiner et de partager tes dessins avec celles et ceux que tu aimes. Bien amicalement à toi.

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