« La mer qu’on voit danser, le long des golfes clairs, à des reflets d’argent, la mer, des reflets changeants sous la pluie ». J’adore cette chanson de Charles Trenet même si je ne me sens vivant qu’au contact de la terre ferme. Je ne suis pas marin pour deux sous, mon frère fait de la voile mais ce plaisir n’est pas pour moi : J’ai peur sur un bateau.

J’aime le poète qui a si bien chanté la « douce France » n’en déplaise à ceux qui n’aiment pas mon pays… Hé bien qu’ils aillent voir ailleurs si c’est mieux et qu’ils y restent. « Bon voyage Monsieur Dumollet à Saint Malo débarquez sans naufrage, bon Voyage Monsieur Dumollet mais ne revenez pas au pays s’il vous plait… ». Voilà ma réponse à un certain rappeur – un idiot sans talent –  qui crache sur la France, « la baise et la brûle » (dixit ce sombre individu).

Tournons notre regard vers un horizon azuréen et voyons ensemble « comment peindre la mer à l’aquarelle ». D’abord pour être plus précis je devrais dire comment peindre un sujet de bord de mer car je ne prétends pas savoir peindre le rouleau des vagues qui se fracasse sur les rochers du fait que je ne m’y suis pas encore essayé. « Jissé, il serait temps de t’y mettre ! » me diras-tu et tu n’aurais pas tort de le dire.

Pour illustrer cet article je suis allé « repêcher » des aquarelles peintes il y a quelques années plus tôt… Et cela va me permettre de critiquer utilement mon travail pour expliquer ce qu’il ne faut pas faire et ce qu’il est préférable de faire. Rien n’est plus formateur que nos propres erreurs – à condition de savoir les reconnaître évidemment.

ANALYSE DU SUJET DE LA JETÉE :

Voici un paysage côtier qui pourrait aussi bien se situer en Normandie qu’en Bretagne. On y voit une jetée avec un petit phare, deux ou trois constructions, des bateaux et quelques rochers, et puis la ligne d’horizon au loin qui sépare le ciel et la mer.

Lorsque j’ai retrouvé cette petite aquarelle ma première réaction a été de me dire « comment ai-je pu faire cette erreur ? » et j’en ai tiré la conclusion « parce que c’était comme cela sur la photo… ». La belle affaire, c’est surement ce qui a dû se passer mais si c’est une explication ce n’est en aucun cas une justification ou une excuse !

Alors qu’est-ce que « l’élève Jissé » aurait-dû faire ?

Lors de la première étape qui est celle du dessin, j’aurais dû me rendre compte que je traçais la ligne d’horizon en continuité avec la ligne de la jetée. L’ayant constaté j’aurais dû déplacer la ligne d’horizon pour la placer un peu plus bas de façon à créer des plans successifs.

CONSEIL N° 1 : SI L’ON VEUX CRÉER UN EFFET DE PERSPECTIVE DANS UN DESSIN OU UNE AQUARELLE IL FAUT DÉTACHER LES PLANS SUCCESSIFS !

Regarde l’illustration ci-dessous elle en dit plus qu’un long discours mais je vais quand même la commenter un peu.

  • Dans le premier cas de figure, les éléments A et B viennent en avant de la ligne d’horizon.
  • Dans la figure 2, les éléments A et B viennent en avant de la ligne d’horizon et A est placé devant B.
  • Dans la figure 3, cette fois ci c’est B qui est placé devant A.
  • Enfin dans le quatrième cas de figure, A et B sont dans le lointain placés sur la ligne d’horizon.
  • Le fait de « modeler » une simple ligne comme la ligne d’horizon suffit à créer un effet de perspective avec l’impression d’un avant-plan et d’un arrière-plan.

Donc pour rétablir l’effet de perspective il suffit de faire quelques légères modifications comme de baisser un petit peu la ligne d’horizon pour qu’elle ne soit plus en continuité avec le parapet de la jetée et puis aussi de déplacer la bâtisse pour qu’elle ne soit plus sur le bord.

Ces deux changements suffisent à créer un léger décalage pour faire saillir l’angle de la jetée qui vient ainsi se placer en avant de la ligne d’horizon en rétablissant l’effet de perspective. Dans les « malices de Plick et Plock » de Christophe qui est le précurseur de la Bande Dessinée et le père du « Sapeur Camembert », et de « la Famille Fenouillard » il est conseillé avec sagesse de « réfléchir avant d’agir ». Précepte indispensable pour qui pratique l’aquarelle lorsque l’on sait qu’en technique humide bien souvent les temps de réflexion et de préparation sont plus longs que le temps d’exécution de l’œuvre.

CONSEIL N°2 : Pour peindre la mer, où n’importe quel paysage avec de l’eau, raconte une histoire.

L’eau est un élément vivant que le simple souffle du vent suffit à animer mais c’est aussi une ligne plate à l’horizon. Lorsque l’on regarde au loin la montagne, il se passe toujours quelque chose d’intéressant à voir. A contrario observer la mer dans le lointain n’offre qu’une simple ligne sans grand intérêt. Pour éviter l’ennui qu’engendre la monotonie de la ligne droite, il faut « composer » avec la réalité, c’est-à-dire qu’il faut réduire considérablement le champ de vision du spectateur.

Vouloir peindre l’immensité de la mer revient à ne rien dire du tout ! Sur une surface de 35 m2 l’artiste Théodore Géricault peint la mer en choisissant de nous raconter l’histoire poignante et terrible du tragique naufrage de la frégate « Méduse » et le calvaire des 147 naufragés dont seul une quinzaine survivront sur un radeau de fortune après avoir dévorés le cadavre de leurs infortunés compagnons !

Lorsque Joseph Mallord William Turner peint la mer il nous raconte toujours une histoire comme ce navire en détresse (décidément les naufrages font de bons sujets pour les peintres des siècles passés) au large des côtes Anglaises avec ces hommes sur la plage qui tirent sur des cordages pour ramener à terre ceux de leurs camarades bousculés par les flots tumultueux !

DEUXIÈME SUJET : LA PROMENADE EN BORD DE PLAGE :

Dans mon aquarelle « a peur de l’eau » qui illustre en tête de chapitre cet article nous voyons deux femmes marchand sur le sable tout en échangeant amicalement quelques confidences sur leurs vies solitaires (il n’y a pas d’hommes qui les accompagnent dans cette petite aquarelle) tandis que rétif, un petit chien – qui a peur du mouvement des vagues – tire sur sa laisse.

Tout est dit en peu de choses et chacun peut laisser vagabonder son imagination « au gré des vagues ». On pourrait aussi imaginer la mère et la fille, ou deux sœurs, heureuses de se retrouver après une longue séparation… ou que sais-je encore mille autres histoires comme nous en connaissons tous.

C’est le blanc du papier qui fait l’écume des vagues. Il est magique ce papier dont le blanc sert à traduire – tour à tour – la vague, la neige, la fumée, la lumière solaire ou même… le blanc du papier d’un livre ouvert. Et c’est l’eau – ce qui est normal puisque l’on peint la mer – qui va repousser les pigments colorés pour laisser apparaître la blancheur du papier. Pas assez d’eau et la pointe du pinceau va absorber (assécher) la couleur déjà posée sur la feuille. Trop d’eau et c’est le risque de la tache avec la goutte d’eau qui tombe toujours au mauvais endroit pour créer une « vilaine » auréole.

Il faut donc apprendre à doser la juste quantité d’eau sur le pinceau pour qu’elle joue « sa partition » en repoussant ce qu’il faut de pigments colorés pour créer l’illusion du mouvement de la vague. Pour y parvenir il faut tenir ta feuille de papier aquarelle bien à plat pour éviter que l’eau ne coule, au lieu de rester en place à l’endroit où le pinceau s’est posé. Il est possible aussi d’utiliser une brosse à dent pour projeter de fines gouttelettes d’eau (entraîne toi avant).

L’aquarelliste Maryse De May a réalisé de superbes grandes aquarelles marines avec les vagues en mouvement se brisant sur les rochers pour exploser en une myriade de gouttelettes d’eau qui forment l’écume de la mer. Maryse restera toujours ma référence en matière d’aquarelle en technique humide !

Voyez, près des étangs, ces grands roseaux mouillés. Voyez, ces oiseaux blancs et ces maisons rouillées. La mer les a bercés le long des golfes clairs. Et d’une chanson d’Amour, la mer a bercé mon cœur pour la vie“. Je te souhaite des bonheurs infinis à contempler le mouvement des vagues se brisant sur les rochers – là-bas – et que le vent murmure, “Bergère d’Azur”, ces mots doux à ton oreille tandis que s’effacera la trace de mes pas sur le sable humide de ta mémoire.


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